Le règlement général pour la protection des données (RGPD) est entré en vigueur le 25 mai 2018 dans toute l'Union européenne (UE), mais six mois après, des consommateurs européens estiment que l'une des plus grandes entreprises numériques au monde s'affranchit de cette nouvelle loi.

Des groupes de défense des consommateurs de sept pays européens demandent en effet à l'UE de prendre des mesures contre Google, l'accusant ne pas respecter le règlement européen sur la protection des données personnelles (RGPD) en suivant les déplacements de ses utilisateurs.

Pour rappel, le RGPD a pour objectif de mieux protéger les particuliers concernant le traitement de leurs données personnelles et de responsabiliser les professionnels à leur sujet. 

Le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) s'exprime pour les groupes de défense des consommateurs de sept pays: Pays-Bas, Pologne, République tchèque, Grèce, Norvège, Slovénie et Suède. La plainte s'appuie sur une étude effectuée par l'agence norvégienne de protection des données.

Le BEUC accuse Google d'inciter ses utilisateurs à activer des fonctions permettant à la société de connaître tous les déplacements physiques de ses utilisateurs et leur navigation en ligne.

"Ces pratiques déloyales laissent les consommateurs dans le flou concernant l'utilisation de leurs données personnelles. Ces pratiques ne respectent pas le RGPD (...) Les utilisateurs ne donnent pas librement leur autorisation" de se servir de leurs données, dit le BEUC.

Interrogé sur cette plainte, un porte-parole de Google a déclaré que la fonction de "suivi de localisation" n'était par défaut pas active et qu'elle pouvait être modifiée à n'importe quel moment.

"Nous travaillons en permanence sur les moyens d'améliorer nos contrôles, et nous lirons attentivement ce rapport afin de voir s'il y a des choses que nous pouvons prendre en compte", a-t-il ajouté.

Les lois sur la protection des données sont dans la ligne de mire des géants de la tech qui craignent qu'elles soient trop strictes pour le développement de leurs affaires et de leurs technologies. Le point de crispation tourne souvent autour de l'obligation d'obtenir l'autorisation explicite des utilisateurs avant de placer des cookies de suivi sur les appareils des utilisateurs ou de collecter des données sur leurs communications — à l'instar du e-Privacy un texte encore différent du RGPD.

En face, certains utilisateurs et élus européens se montrent de plus en plus exigeants en matière de transparence des entreprises de la tech. L'Europe, à travers le régulateur irlandais des données personnelles, a ainsi ouvert une enquête sur le piratage massif de Facebook qui concerne 50 millions de comptes d'utilisateurs dans le monde pour savoir si le réseau social a bien respecté les principes du RGPD.

Facebook risque une amende de plus d'un milliard d'euros.

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