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Le 9 octobre dernier, à la Grande Halle de la Villette, EDF révélait les noms des cinq startups lauréates des Prix EDF Pulse 2018, au cœur des Electric Days, l'événement innovation du Groupe.

Découvrez ces cinq projets d'avenir, au service de la transition énergétique et des nouveaux usages électriques.

Lancey: le radiateur intelligent au service de la transition énergétique

La mise au point du premier radiateur électrique intelligent capable de stocker l'énergie dans une batterie, telle est l'innovation qui a valu à la société Lancey Energy Storage de décrocher le Prix EDF Pulse 2018 dans la catégorie Smart Home (maison intelligente).

"Notre solution permet de recharger la batterie pendant les heures creuses et facilite l'intégration des énergies renouvelables si l’énergie solaire est disponible", précise Raphaël Meyer (30 ans), qui, après des études à l'Ecole Polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), a obtenu un doctorat en physique des matériaux à l'INSA de Lyon. Cofondateur de la startup en juin 2016, il en est aujourd'hui le président.

Grâce à ses capteurs, et à sa capacité d'apprentissage en continu, le radiateur Lancey s'adapte automatiquement aux besoins des consommateurs, à la météo et aux caractéristiques thermiques du bâtiment, pour une consommation énergétique optimisée. Mais ce qui le différencie des concurrents existants sur le marché, c'est la présence de sa batterie intégrée qui lui permet de stocker l'électricité pendant les heures creuses pour la restituer pendant les périodes de forte consommation. Capable de stocker également l'énergie alternative, produite localement par des panneaux solaires, cette même batterie favorise le développement de  l'autoconsommation des logements. Au total, la solution proposée par Lancey Energy Storage permet de réduire la consommation d'électricité et d'obtenir une baisse de la facture de chauffage, qui peut être substantielle (jusqu’à 50%).

Le projet est mené avec trois autres associés: Jérémy Renard, directeur général, Gilles Moreau, directeur technique, expert dans le stockage d'énergie et spécialiste en batteries, et Hervé Ory, un "serial entrepreneur",  à la recherche d'un nouveau défi. Le démarrage de la société a pu être assuré grâce à l'apport personnel des fondateurs. Le prototype a été présenté en octobre 2016 et une première levée de fonds (750.000 euros) a été finalisée en décembre 2017 auprès de business angels. Celle-ci a permis de livrer le premier lot de production (500 unités), les bailleurs sociaux étant les premiers clients de la startup.

Les perspectives commerciales sont encourageantes, d'autant qu’à terme la startup pourrait valoriser les données produites par les radiateurs pour proposer des services additionnels. D'ores et déjà le caractère innovant de l'offre a été reconnu par plusieurs récompenses: le prestigieux Best of Innovation Award de la catégorie Home Appliances  (appareils électroménagers) du Consumer Electronics Show (CES) 2018 de Las Vegas; la victoire au concours "10 000 Startups pour changer le monde" du quotidien La Tribune; et, bien sûr, les Prix EDF Pulse 2018.

HySiLabs: simplifier et sécuriser la logistique de l'hydrogène

L'hydrogène est considéré par de nombreux spécialistes comme étant le carburant du futur mais son développement est contraint par la difficulté à le transporter et à le stocker. "Nous avons développé un vecteur liquide de l'hydrogène, qui évite le transport traditionnel sous forme gazeuse: la logistique est simplifiée", explique Pierre-Emmanuel Casanova, co-fondateur et directeur général d'HySiLabs, société lauréate des Prix EDF Pulse 2018 dans la catégorie Smart City (ville intelligente). Le procédé a été mis au point à partir de la découverte fortuite d'une réaction chimique il y a dix ans, dans un laboratoire de l'Université d'Aix-Marseille.

Les avantages de la solution sont multiples: affranchissement de la problématique du stockage à haute pression, possibilité de transporter sept fois plus d'hydrogène sous forme liquide que sous forme gazeuse et économie substantielle en termes de moyens de transport. Associé à une pile à combustible, l'hydrogène pourrait servir de "carburant" respectueux de l'environnement pour les véhicules et vélos électriques, ou encore fournir de la chaleur et de l'électricité aux éco-quartiers dans les villes de demain.

Pierre-Emmanuel Casanova, diplômé d’un master en développement durable, et Vincent Lôme, docteur en biotechnologie, ont fondé la société en février 2015. Les principaux clients sont les industriels de l'énergie. La démarche est différente de celle d'une startup classique: HySiLabs n'a pas de prototype et de démonstrateur à mettre en avant. "C’est un procédé directement applicable dans les usines. Nous sommes en phase préindustrielle et avons identifié des sites possibles de production", précise Pierre-Emmanuel Casanova.

La startup a procédé à une levée de fonds en décembre 2017, qui va permettre de concrétiser les premières applications en 2019. Parmi les atouts qui ont séduit les investisseurs: sa dimension internationale car cette solution innovante a un potentiel d'application qui dépasse largement l’hexagone. Le projet a d’ailleurs retenu l'attention de l’accélérateur InnoEnergy,  le dispositif de la Commission européenne destiné à favoriser le développement des entreprises innovantes, qui a participé à la levée de fonds.

Dans la bataille commerciale engagée, la participation aux Prix EDF Pulse a déjà eu un premier effet positif. En tant que finaliste, la société a bénéficié d'un accompagnement pour structurer et renforcer sa communication. "Notre solution est très technique, une communication claire est indispensable", souligne Pierre-Emmanuel Casanova. Certes, en matière de pitch, les responsables d'HySiLabs sont loin d’être des débutants puisqu’ils ont réussi à convaincre des investisseurs qui ont apporté la coquette somme de 2 millions d'euros. Mais le discours ne peut être uniforme. "On ne pitche pas devant des industriels de la même façon que devant des investisseurs. Grace au coach, nous avons appris à identifier les besoins spécifiques de l'industrie et à répondre de façon précise à leurs attentes", conclut-il.

Hyperlex: l'intelligence artificielle au service de la gestion des contrats

"Lire un contrat c’est comme apprendre une langue étrangère pour les non juristes » explique Alexandre Grux, PDG d’Hyperlex, société lauréate des Prix EDF Pulse 2018 dans la catégorie Smart Business (entreprise intelligente), qui a développé une solution de gestion des contrats radicalement nouvelle, basée sur l’intelligence artificielle. "Il existe déjà des solutions de gestion de contrats. L'originalité de notre offre réside dans l’intégration de l'intelligence artificielle (IA) qui offre souplesse et flexibilité", explique Alexandre Grux, un ancien de Réseau Ferré de France (RFF), co-fondateur aux côtés d'Alexis Agahi, un "serial entrepreneur" et de Guillaume Bon, qui a travaillé pendant dix ans chez McKinsey sur la transformation digitale. Tous trois ne sont pas des spécialistes du droit mais ont été confrontés dans leurs carrières professionnelles antérieures à la difficulté d'assurer le suivi des contrats, tâche qui incombe aux opérationnels dans les entreprises et non aux juristes.

Cette solution innovante mise au point par Hyperlex vient répondre aux besoins des entreprises en matière de gestion contractuelle qui ne cessent de croitre avec le développement de leur activité, mais aussi avec l'apparition de nouvelles exigences auxquelles elles doivent faire face: conformité réglementaire (loi Sapin II, RGPD, etc.), nécessité de se protéger contre les cyber-attaques, etc. L'IA facilite le travail des juristes d'entreprises mais aussi des opérationnels qui ne sont pas des spécialistes du droit. Elle offre de nombreux avantages: possibilité de lire n'importe quel type de contrat, y compris un PDF scanné; fléchage des informations; rappel des échéances; identification d'une information clef même si elle n'a pas été saisie par un utilisateur; etc. Et la sécurité est assurée grâce à une double protection. "Les contrats que nous stockons pour le compte de l'entreprise sont chiffrés. Mais, en plus, la clé qui sert à les chiffrer est placée dans un serveur dédié: c'est une garantie supplémentaire", indique Alexandre Grux.

La mise au point de cette solution a nécessité un gros travail de R&D durant l'année avant la création de la société, en septembre 2017, "et celui-ci se poursuit en permanence", souligne le PDG. Les membres fondateurs de la société disposent d’une expérience entrepreneuriale dans le secteur des logiciels SaaS (Kyriba, Pyxidr, SMK) et connaissent parfaitement le machine learning (apprentissage autonome par les machines). Des partenariats ont été noués avec des centres de recherche prestigieux tels que l'ENS Paris Saclay et l'INRIA.

La startup a réalisé une première levée de fonds (1 million d'euros) fin 2017 et la commercialisation a démarré en juin 2018 avec succès puisque plusieurs contrats ont été signés en quelques mois. La participation au salon VivaTech, en mai 2018, dans le cadre de l'accompagnement apporté par EDF Pulse aux finalistes, a permis de rencontrer des prospects. "Nous sommes actuellement en discussion avec certains d'entre eux pour signer des contrats. Le soutien d’EDF a indéniablement renforcé notre crédibilité", reconnaît Alexandre Grux.

Helper Drone: sauver des vies en mer grâce à un drone

Les noyades sont un vrai problème de santé publique: en France, on en compte trois par jours en moyenne pendant la période estivale. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) en évalue le nombre à 400.000 par an dans le monde. La baignade sécurisée est un vrai défi dans de nombreux pays, notamment en Afrique. Médecin urgentiste à Biscarosse et spécialisé dans le maritime, Fabien Farge a eu l'idée d'utiliser la technologie du drone pour secourir les personnes en mer. Cette innovation a valu à la société Helper Drone, dont il est co-fondateur, d'être lauréate de l’édition 2018 des Prix EDF Pulse dans la catégorie Smart Health & Self (santé intelligente).

Conjointement avec David et Anthony Gavend, tous deux programmeurs systèmes, Fabien Farge a mis au point une machine aux performances remarquables. Celle-ci est capable de sortir par tous les temps, le jour comme la nuit, de localiser les personnes en danger, de déposer une bouée gonflable à proximité et… de les rassurer, un aspect non négligeable de la survie selon le médecin. Le drone envoie ensuite des informations de navigation aux sauveteurs pour aider à retrouver rapidement les victimes. Autant dire qu'il s’agit d'un vrai bijou de technologie, comme l'attestent les cinq brevets déposés.

La tâche des maitres-nageurs est donc facilitée. "En survolant les vagues, plutôt que de les traverser, le drone permet de gagner du temps: quand il s’agit de sauver des vies, chaque minute compte", précise Fabien Farge. Sans oublier l'aspect économique de la question: la solution est relativement bon marché, surtout si on la compare aux coûts directs et indirects des noyades.

Les trois promoteurs du projet ont créé Helper Drone et le premier prototype a été testé à l'été 2016, avec succès puisque trois vies ont été sauvées. La commercialisation a commencé en 2018 à Biscarosse, où le drone est désormais utilisé régulièrement: cet été une centaine de missions ont été effectuées et, dans les trois-quarts des cas, la bouée a été larguée. La côte des Landes est caractérisée par l'existence de puissants courants marins et constitue, de ce point de vue, une excellente référence. Le bilan global est d'ores et déjà très positif: en trois ans, 10 vies ont pu être sauvées. "Nous avons réussi à gagner entre quatre et sept minutes", constate Fabien Farge.

L'intérêt de cette solution va bien au-delà d’une réponse aux imprudences des baigneurs en période estivale. Elle intéresse particulièrement l'industrie pétrolière offshore et le transport maritime, deux activités confrontées à la problématique des chutes en mer et à la difficulté du sauvetage. "Nous avons fait des essais sur des plateformes pétrolières en mer, qui se sont avérés concluants", indique Fabien Farge. Le potentiel de marché est donc immense et les fondateurs préparent une levée de fonds qui devrait leur permettre de passer à la phase industrielle. Nul doute que le Prix EDF Pulse devrait les aider à franchir cette nouvelle étape.

Vitirover: de la vigne aux champs photovoltaïques

Après une première expérience dans l'industrie, Xavier David Beaulieu décide de vendre sa société en 2004 et de retourner dans la vigne familiale: le Château Coutet à Saint-Emilion. Mais sa fibre d'entrepreneur ne tarde pas à se réveiller à nouveau. "J'avais constaté que 90% des vignobles étaient désherbés de manière chimique, en utilisant le glyphosate, et que la robotique était très peu utilisée dans la viticulture. J'ai imaginé une machine à couper l’herbe en utilisant l’énergie du soleil ou une batterie", explique-t-il.

Un robot d'entretien, qui coupe l'herbe qui dépasse, est alors mis au point par Xavier David Beaulieu et son associé, Arnaud de la Fouchardière. La société Vitirover est créée fin 2010 pour commercialiser cette innovation avec un business model original, basé sur la prestation de services. Des "bergers de robots" de la société se déplacent chez le client, préparent le terrain et mettent en fonctionnement la ou les machines en fonction de l’étendue de la surface à traiter. Sous leur supervision, les robots disposent d'une large autonomie: ils peuvent travailler seuls pendant plusieurs mois grâce à leurs panneaux solaires et évoluer dans les parcelles en s'appuyant sur le GPS.

Les vignes vallonnées de Saint-Emilion ont constitué un excellent lieu d'essai: "La vigne est un des terrains les plus difficiles en raison de la multiplicité des obstacles", souligne Xavier David Beaulieu. Mais cette innovation a eu un écho bien au-delà du Bordelais. "Des industriels sont venus nous voir car ils étaient intéressés par les applications possibles de la solution", souligne le co-fondateur de la société, qui mentionne les voies ferrées, les champs d'énergie solaire photovoltaïques, les zones industrielles, les usines de traitement d'eau, etc. Le premier test, hors viticulture, a eu lieu en Belgique pour le compte de la société Elia, gestionnaire du réseau de transport d'électricité à haute tension. En France, un essai a été réalisé sur une partie de la Ligne à Grande Vitesse (LGV) Nord. Des marques d'intérêt sont venues d'Allemagne, de Suisse, etc. "Nous avons déployé une cinquantaine de machines à ce jour ", complète-t-il. La société, qui a validé son business model, est bel et bien engagée dans une trajectoire de croissance durable.

Vitirover n'a pas besoin de prospecter et a même du mal à satisfaire les attentes ! "Nous n’avons pas la capacité suffisante pour répondre à toutes les demandes qui nous sont adressées", affirme Xavier David Beaulieu. Le défi principal de la société est de monter en puissance en termes de production, d'autant que le respect de la qualité est une priorité absolue. La société a monté une unité de fabrication et sous-traite la fabrication de composants mais ceux-ci ont été conçus par Vitirover. "Nous maitrisons l'ensemble du processus de production", ajoute-t-il.

La solution proposée par Vitirover est une vraie réponse à une problématique cruciale de la profession agricole et un apport décisif à la réduction de l'usage des pesticides, devenue désormais une préoccupation essentielle de la société française. Cet impact sociétal majeur contribue à expliquer que la société ait obtenu le prix du Public EDF Pulse 2018.

L’énergie est notre avenir, économisons-la !

Cet article est sponsorisé par EDF/Les prix EDF Pulse et a été réalisé par BI Studios.

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VIDEO: Ce bras robotique ultrasensible est peut-être votre prochain collègue — il peut appréhender la moindre collision