Après 3 ans de négociations, la vente de 12 sous-marins à l'Australie prend forme

Des salariés de Naval Group sur le chantier du porte-avions Charles-de-Gaulle, le 8 novembre 2018. Naval Group.

Naval Group a signé ce lundi 11 février 2019 avec les autorités australiennes un accord de "partenariat stratégique" qui encadre le projet de construction de 12 sous-marins et leur maintenance pendant 50 ans.

Présenté comme "le contrat du siècle", cet accord de 31,3 milliards d'euros avait été obtenu en avril 2016 à l'issue d'une compétition qui avait vu Naval Group (ex. DCNS, détenu à plus de 62% par l'Etat français et 35% par Thales) remporter la mise face à des projets allemands et japonais. 

Après trois ans de négociations, une nouvelle étape a été franchie ce lundi avec cet accord signé notamment en présence du Premier ministre australien Scott Morrison, de Christopher Pyne, ministre australien de la Défense, et de Florence Parly, ministre française des Armées.

Construction et maintenance

Le projet prévoit la livraison à l'Australie de 12 sous-marins de dernière génération, de type "Barracuda". Ces sous-marins, de 97 mètres de long, seront capables de rester trois mois en mer et de plonger à 300 mètres de profondeur.

Après 3 ans de négociations, la vente de 12 sous-marins à l'Australie prend forme

Sous-marin. Naval Group.

L'accord encadre également le transfert de technologies et de capacités de production à l'Australie et la création de milliers d'emplois directs et indirects en dans le pays. Il offre par ailleurs des garanties aux industries australiennes participant au programme pour leur permettre d'investir dans les capacités nécessaires à la construction et à la maintenance des sous-marins.

"Le programme du futur sous-marin est l'un des programmes de défense les plus importants de l'histoire de l'Australie. Nous sommes fiers de travailler aux côtés de nos partenaires australiens et de transférer l'expertise de Naval Group à l'Australie afin qu'elle devienne une nation sous-marine souveraine", a déclaré Hervé Guillou, Président-Directeur général de Naval Group.

Des premières avancées

En trois ans, le dossier a avancé sur plusieurs points :

  • Les études préliminaires et de faisabilité sont terminées; 
  • Le transfert de technologie a débuté avec l'accueil d'un premier groupe d'ingénieurs australiens en France;
  • Un bureau spécial a été créé l'an dernier à Cherbourg accueillant du personnel de Naval Group, des membres du ministère de la Défense et des ingénieurs de Lockheed Martin Australia (entreprise en charge des systèmes de combat des sous-marins);
  • La cérémonie de pose de la première pierre du chantier de construction à Adélaïde (Australie-Méridionale) a eu lieu en 2018 et l'achat de plusieurs équipements (cabines de peinture, machine à laminer les tôles, machines de découpe...) a débuté;
  • 169 fournisseurs australiens ont également été sélectionnés et pré-qualifiés pour le programme.

En Australie, l'équipe de Naval Group est passée de 15 collaborateurs à plus de 100 et devrait atteindre 1600 personnes d'ici une dizaine d'années. De son côté, l'équipe de Cherbourg atteindra 500 personnes — dont 50 Australiens et 10 Américains — en 2023.

L'assemblage du premier sous-marin doit débuter en 2023 pour une première livraison au tout début des années 2030. Les suivants seront livrés à un rythme d'environ un sous-marin tous les deux ans.

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : Un sous-marin à 48 M$ va plonger au plus profond de l'océan, là où seulement 3 personnes ont été auparavant

VIDEO: Un spécialiste du sommeil nous explique comment faire des rêves lucides