196 pays se sont mis d'accord pour donner vie à l'accord de Paris sur le climat — mais il y a un gros bémol

196 pays se sont mis d'accord pour donner vie à l'accord de Paris sur le climat — mais il y a un gros bémol

Des enfants rejoignent l'initiative de Greta Thunberg "en grève scolaire" contre le réchauffement climatique durant la conférence COP 24, à Katowice, en Pologne, le 14 décembre 2018. Agencja Gazeta/Grzegorz Celejewski via REUTERS

La COP 24 s'est achevée à Katowice en Pologne, samedi 15 décembre 2018, avec une trentaine d'heures de retard pour finalement donner vie à l'accord de Paris sur le climat de 2015. 

Après des heures de discussions, 196 pays se sont mis d'accord sur les règles d'application de cet accord international décidé il y a déjà trois ans.

Lors de la COP 22, en 2016, les discussions concernant les modalités d'application de l'accord de Paris, initialement prévues pour 2020, avaient été avancées de deux ans pour avoir lieu lors de cette COP 24 en Pologne, en raison de l'urgence du dossier climatique.

Le mode d'emploi d'une centaine de pages issu de la COP 24 précise entre autres comment compter les émissions de gaz à effet de serre à partir de 2024, et quoi compter selon les directives du groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec).

Il exige par ailleurs que les pays soumettent tous les deux ans un rapport détaillant les actions mises en place en matière de climat, qui sera soumis à l'évaluation d'experts mais qui ne pourront pas sanctionner pour autant. Et à compter de 2023, tous les cinq ans, les pays se sont engagés à faire un bilan mondial de leurs efforts collectifs. 

En ouverture de la séance plénière de la COP 24, Michal Kurtyka, le président des débats et secrétaire d’Etat polonais à l'environnement, cité par Le Monde, a déclaré : 

"Cela a été une longue route. Nous avons fait de notre mieux pour ne laisser personne de côté. Nous devons tous abandonner un peu individuellement pour gagner collectivement."

Mais malgré l'ovation debout de l'assemblée après ces annonces, cette COP 24 ne peut être considérée comme un succès total. 

En effet, les Etats n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur une hausse collective des efforts pour lutter contre le réchauffement climatique.

Pourtant, il y a quelques semaines, les scientifiques du Giec ont de nouveau tiré la sonnette d'alarme, en affirmant que pour limiter la hausse des températures moyennes mondiales sous le seuil de 1,5° Celsius, comme le veut l'accord de Paris, il faudrait réduire les émissions de CO2 de près de 50% d'ici 2030 par rapport à 2010. Selon les engagements actuels des pays, on se dirigerait vers une hausse des températures de 3° Celsius. Le Giec a ajouté que nous avions seulement 12 ans pour réagir.

Par ailleurs, un article très technique concernant le fonctionnement des échanges d'émissions de CO2, qui permettent aux pays les moins pollueurs de revendre des quotas à ceux qui polluent davantage, est resté en suspens, à cause du Brésil, qui a reçu beaucoup de crédits carbone dans le passé. 

Les modalités du fonctionnement de ce mécanisme n'ont pas pu être tranchées et la question a été reportée à la prochaine COP, qui se tiendra en novembre 2019 au Chili. 

Enfin, peu de chefs d'Etats étaient présents à Katowice, à commencer par l'absence du président français Emmanuel Macron, pourtant nommé "champion du climat" par l'ONU.

Dans un tweet, il a salué l'accord obtenu à la COP 24 : 


Alden Meyer, directeur de la stratégie à l'ONG scientifique "Union of Concerned Scientists", a déclaré qu'il manquait une volonté politique.

François de Rugy, ministre de la Transition écologique, a quant à lui admis que l'accord obtenu n'est pas une fin en soi et qu'il reste beaucoup de choses à accomplir en la matière: 

"Je salue l'Accord obtenu ce soir. Il est indispensable à la mise en oeuvre concrète, et irréversible, de l'accord de Paris : or l'essentiel n'est pas ce qui brille, mais ce qui dure."

"Il ne constitue évidemment pas un aboutissement, mais il fixe un cap. Désormais, la crainte d'un retour en arrière est effacée. Nous sommes lucides, beaucoup reste à accomplir."

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  1. jean-pierre

    Quel mensonge ! On a déjà + 1,8°C
    Le problème est de ne pas dépasser les + 3°C, de bétonner nos rivages, de mettre des écluses sur chaque fleuve : la mer monte de 3,3 mm par an; avec +°C, on va vers un + 2 mètres en 2050. Sur la planète bleue, c'est d'abord la mer qui chauffe, donc se dilate.
    Si 1 million de français faisaient comme moi, o planterait 200 millions d'arbres. Pensons, agissons, roulons moins, boycottons l'avion, les fruits hors saison, l'inutile chinois

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