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Coronavirus : après le discours d'Emmanuel Macron, les supermarchés et les drives ont été pris d'assaut


Plusieurs grandes surfaces, qui appellent à la raison, connaissent une fréquentation inhabituelle ce vendredi 13 mars, au lendemain des annonces d'Emmanuel Macron pour tenter d'endiguer l'épidémie de coronavirus. Jeudi soir, le Président de la République a notamment annoncé la fermeture des établissements scolaires dans l'ensemble du pays, au moins jusqu'à fin mars. Suivi par près de 25 millions de téléspectateurs, ce discours a déclenché une vague de panique auprès d'une partie de la population.

Dans la soirée, les sites de drive des grandes enseignes d'alimentation ont connu quelques difficultés. Le comparateur de prix Le Bon Drive, a ainsi pu constater que, vers 23 heures, les sites des magasins Auchan, Carrefour, Casino, Leclerc, Intermarché et U Drive n’étaient plus accessibles. Face au coronavirus, le secteur agro-alimentaire s'organise et les professionnels multiplies les déclarations rassurantes dans les médias.

Le PDG du groupe E. Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, a estimé dès mercredi au micro de RMC : "on a de la bouffe en France jusqu'à l'été". Sur son blog, il tient à rappeler, "qu’il n’y a vraiment aucun risque de pénuries dans notre pays." De même que pour ses concurrents, "les stocks dans les entrepôts qui approvisionnent les centres E. Leclerc et ceux qui sont constitués chez nos fournisseurs sont largement suffisants". Il rappelle également que les grandes enseignes de distribution alimentaire ont déjà eu a gérer ce genre de situation, lors de l'épidémie de SRAS survenue en 2003.

"Certains rayons peuvent être vides un peu plus longtemps que prévu. Mais ce serait irresponsable d’agiter le chiffon rouge de la pénurie et de céder à la psychose", ajoute-t-il.

Le porte-parole de Système U, Thierry Desouches , a quant à lui, mis en garde contre les comportements "irraisonnables". Il en appelle au bon sens : "Emmanuel Macron a parlé hier de la solidarité, de la responsabilité. Nous avons des stocks pour supporter un afflux de consommation mais si les chiffres sont multipliés par des centaines de pourcent..."

Ces déclarations n'ont toutefois pas convaincus tout le monde. Richard Girardot, président de l'Association des industries agroalimentaires (ANIA), expliquait ainsi à l'AFP que la "volonté claire des consommateur de stocker", relevait d'un "vieux réflexe".

'Les gens se précipitent'

Au Carrefour de Montesson, dans les Yvelines, une source au sein de la direction du magasin n'a que le temps d'observer qu'"on a une grosse affluence, les gens se précipitent sur les produits de première nécessité". Pour Amel, 18 ans, venue faire le plein de conserves au Leclerc de Bobigny (Seine-Saint-Denis) avec sa maman Fatima, le discours présidentiel "lance un signal que les choses empirent".

Stéphanie abonde, "je n'étais déjà pas rassurée, mais là, avec les déclarations de Macron hier, je fais les courses et je ne sors plus de chez moi jusqu'à ce que le virus passe". La Lilloise de 38 ans est venue au centre commercial Euralille pour faire des provisions de "15 jours au moins". Sur Twitter, nombreux sont les internautes effarés, qui témoignent des queues à rallonge et des caddies remplis à ras bord.

Autres produits très convoités: les produits ménagers. "J'ai vu des gens acheter du liquide vaisselle ou des paquets d'essuie-tout trois par trois", témoigne une jeune vendeuse lyonnaise. "Ce matin, les gants sont partis très vite", observe Thomas, un vendeur à Bobigny. Elizabeth Icher, professeure de français dans un collège toulousain, fait partie de ceux qui se sont équipés en gants : "dans ce genre de cas, l'enfer c'est les autres, beaucoup de gens ont encore des comportements à risque", estime-t-elle.

Si les clients portant des masques étaient rares, certains tentaient de se prémunir contre la contamination. Ainsi, à Anglet, au Pays basque, une jeune femme "avait pris un bout de tissu pour ne pas toucher les bornes de commande avec (ses) mains" au drive du magasin."J'ai essayé de communiquer le moins possible avec les gens sur place, en restant dans ma voiture et en fermant les vitres", ajoute celle à qui le médecin a conseillé de rester chez elle, bien qu'elle n'ait pas été testée positive.

"Nous appelons à votre civisme, votre respect envers les hôtesses de caisse, le personnel, les autres clients", a réclamé sur Facebook le magasin E. Leclerc de Wattrelos, dans le Nord. S'il "est approvisionné en marchandise de façon normale", il a demandé à ses clients de penser "à l'entraide des personnes les plus fragiles, âgées, qui ont besoin également de produits de première nécessité". Et de conclure: "soyez raisonnable dans vos achats".

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