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Coronavirus : la Commission européenne veut changer les règles pour éviter les vols à vide


Annulations de vols, faillites... Et vols à vide. Les conséquences du coronavirus se font sévèrement sentir dans l'aviation civile. Les compagnies devaient jusqu'ici maintenir les vols prévus, même sans passagers, pour conserver leurs créneaux d'atterrissage. Une "hérésie" qui a décidé la Commission Européenne à agir. L'organe exécutif européen va proposer un assouplissement temporaire des règles sur les créneaux aéroportuaires pour éviter les vols à vide et aider le secteur aérien affecté par les conséquences du coronavirus, a annoncé mardi après-midi sa présidente Ursula von der Leyen.

"La Commission va présenter très rapidement une législation sur les créneaux aéroportuaires. Nous voulons qu'il soit plus facile pour les compagnies aériennes de garder leurs créneaux aéroportuaires même si elles n'opèrent pas de vols dans ces créneaux en raison du déclin du trafic", a-t-elle expliqué. Ces vols à vide sont "une hérésie économique et plus encore écologique" a commenté mardi soir Emmanuel Macron, se félicitant de la décision de la Commission, à l'issue du premier sommet par visioconférence de l'histoire de l'UE.

Un choix "pertinent sur le plan sanitaire comme sur le plan environnemental" pour réagir vite à la crise, a poursuivi le chef de l'Etat. "La Commission prendra une décision pour dire que ces slots seront préservés pour les compagnies, permettant à celles-ci de ne pas tourner à vide", a-t-il conclu. L'Association internationale du transport aérien (IATA) et l'Association européenne des gestionnaires de ces créneaux (EUACA) avaient notamment appelé à une suspension de ces règles, selon lesquelles les compagnies aériennes doivent utiliser au moins 80% des créneaux horaires qui leur sont attribués dans les aéroports, faute de quoi elles perdent leurs droits la saison suivante.

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La présidente de la Commission européenne a précisé qu'il s'agirait d'une "mesure temporaire", sans plus de précision sur la forme qu'elle prendrait. Cette mesure devra suivre la voie législative classique, en étant approuvée et adoptée par le Parlement européen et les Etats membres.

L'UE avait déjà eu recours à de telles dérogations lors de l'épidémie de SRAS en 2003 et après les attentats du 11 septembre 2001. Cette mesure devrait soulager les compagnies aériennes, soucieuses de conserver leurs créneaux alors que le secteur pourrait accuser entre 63 et 113 milliards de dollars de pertes à cause de l'épidémie de Covid-19. "Cela soulagera la pression sur l'industrie aérienne et en particulier sur les plus petites compagnies", explique Ursula von der Leyen. "Mais cela fera aussi baisser les émissions (de gaz à effet de serre) en évitant les 'vols fantômes', quand les compagnies font voler des avions presque vides juste pour garder leurs créneaux".

Business Insider