Download_on_the_App_Store_Badge_FR_RGB_blk_100517

Coronavirus : le gendarme de la Bourse prend une mesure pour limiter la spéculation alors que les cours dégringolent

Coronavirus : le gendarme de la Bourse prend une mesure pour limiter la spéculation alors que les cours dégringolent
© Bloomberg/Getty Images

L'Autorité des marchés financiers (AMF) veut limiter la spéculation dans un contexte de krach boursier face aux conséquences économiques de la pandémie de coronavirus. La vente à découvert est effectivement interdite depuis ce mardi 17 mars pour une centaine de titres à la Bourse de Paris, a annoncé le gendarme français des marchés. La vente à découvert consiste à vendre des actions qu'on ne possède pas encore, dans l'espoir de les racheter à un meilleur prix ultérieurement. Cette pratique revient à parier sur la baisse d'une action.

"Tenant compte des baisses de cours significatives survenues ces derniers jours sur les marchés financiers, l'AMF a décidé de prendre une mesure d'urgence", a annoncé dans un communiqué le régulateur, qui restreint la vente à découvert sur 92 titres. Cette mesure s'applique pour le moment à toute la séance de ce mardi pour les actions concernées, particulièrement frappées par la chute des marchés lundi. La réglementation européenne "permet en effet à une autorité, lorsqu'un instrument financier a enregistré, au cours d'une seule journée de négociation, une baisse significative de restreindre temporairement la vente à découvert", rappelle l'AMF.

Bruno Le Maire a appuyé cette mesure prise par le régulateur financier. "C'est une bonne décision et une décision nécessaire", a affirmé le ministre de l'Economie et des Finances lors d'une conférence de presse téléphonique. "Nous sommes prêts à aller plus loin et nous sommes prêts à aller jusqu'à l'interdiction d'un mois des ventes à découvert", a-t-il ajouté, souhaitant que cette décision soit prise au niveau européen.

BNP Paribas, Crédit Agricole et Renault concernés

Cette mesure, mise en place sur le marché réglementé d'Euronext, l'opérateur de la Bourse de Paris, intervient après une autre décision publiée lundi par l'Autorité européenne des marchés financiers (ESMA). Le régulateur européen exige temporairement que les détenteurs de positions vendeuses à découvert sur des actions notifient à l'autorité nationale compétente si leur position atteint ou dépasse 0,1% du capital social de l'entreprise. Le seuil était de 0,2% auparavant.

Comme les autres grandes places mondiales, la Bourse de Paris a connu un lundi noir, le CAC 40 ayant encore plongé de 5,75% après avoir dégringolé la semaine précédente (-20%). L'interdiction de l'AMF concerne plusieurs grands noms du CAC 40, en particulier dans la banque et l'assurance : Axa, BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale. Au sein de l'indice phare de la place de Paris, le secteur industriel est aussi concerné avec Saint-Gobain, Safran dans l'aéronautique et Renault dans l'automobile. S'y ajoutent Vinci dans le BTP, ainsi que Capgemini et Dassault Systemes dans les technologies.

Découvrir plus d'articles sur :