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Coronavirus : le gouvernement n'a pas de projet utilisant les données de vos smartphones mais il y réfléchit

Coronavirus : le gouvernement n'a pas de projet utilisant les données de vos smartphones mais il y réfléchit
© DariuszSankowski/Pixabay

Plusieurs pays ont déjà mis en place des applications numériques utilisant les données personnelles stockées sur les smartphones de leurs habitants pour lutter contre la pandémie de coronavirus. Le commissaire européen au marché intérieur, Thierry Breton, a eu une conférence téléphonique lundi 23 mars avec les patrons des grands opérateurs européens — Orange, Deutsche Telekom , Vodafone, Telecom Italia — pour notamment aborder ce sujet, rapporte le site Politico.

L'idée serait d'exploiter ces données afin de modéliser la propagation de virus et de mieux anticiper les situations d'épidémie comme celle que nous connaissons actuellement. Pour ce faire, les informations collectées seraient anonymisées. "Ce partage de données serait fait dans le respect du règlement général sur la protection des données (RGPD) et de l’e-Privacy", a assuré un proche du dossier au Figaro.

Du côté du gouvernement français, on précise qu'un tel projet n'est pas prévu, pour le moment. Mais l'exécutif se renseigne sur le sujet. "Des contacts sont en cours" avec les "nombreux pays" comme l'Allemagne, le Royaume-Uni ou Singapour qui "ont entrepris de développer des applications numériques destinées à combattre la propagation de l'épidémie", a déclaré mardi à l'AFP Cédric O, le secrétaire d'Etat chargé du Numérique. L'objectif est de "mieux comprendre les solutions technologiques retenues par nos partenaires et évaluer leur intérêt sanitaire". Mais "aucune initiative plus avancée n'a à ce stade été prise par le gouvernement", a ajouté Cédric O.

Un moyen de mieux contrôler le confinement des citoyens ?

Seules les données d'un ou deux gros opérateurs par pays seraient nécessaires pour mettre en oeuvre un suivi pertinent et tenter de maîtriser la propagation d'un virus comme le Covid-19. Les sociétés de télécommunications seraient toutes d'accord sur le principe. Reste que des ajustements réglementaires seraient nécessaires. "Il faudrait pouvoir garder des données sur une durée de temps longue, or actuellement nous devons les supprimer au bout d’un an, nous voudrions les garder deux ans", a expliqué au Figaro le PDG d'Orange, Stéphane Richard.

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Des applications utilisant les données de géolocalisation existent déjà en Chine pour évaluer les risques liés à chaque habitant. Mais les autorités y ont aussi recours pour "noter" les citoyens et leur accorder ou non le droit de se déplacer. En France, l'Elysée a mis en place mardi un nouveau comité de chercheurs et de médecins, baptisé "Care", pour conseiller l'exécutif dans la lutte contre le virus. Ce comité doit notamment étudier "l'opportunité de la mise en place d'une stratégie numérique d'identification des personnes ayant été au contact de personnes infectées", selon l'AFP.

La ministre de la Recherche, Frédérique Vidal, a cependant rejeté tout projet visant à utiliser les données numériques pour vérifier le respect des obligations de confinement. Sans pour autant l'exclure totalement. "On n'en est pas à ce stade-là", a-t-elle déclaré à la presse, à l'occasion de l'installation du comité Care. Le gouvernement envisage en revanche de recourir à des technologies numériques pour "aider en terme de logistique" et "être capable de prévoir" le nombre de patients guéris qui quitteront les hôpitaux et libéreront des places de réanimation.

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Business Insider
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