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Coronavirus : les patients les plus touchés pourraient avoir des lésions pulmonaires qui mettent jusqu'à 15 ans à guérir


Un panneau de l'University College Hospital de Londres invite à rester vigilant face au nouveau coronavirus. © Getty Images

Certaines personnes qui se remettent de cas graves de coronavirus se retrouvent avec des lésions pulmonaires qui peuvent prendre jusqu'à 15 ans à guérir, selon des experts en soins intensifs du Royaume-Uni. L'avertissement de la Faculté de médecine des soins intensifs (FICM), l'organisme professionnel britannique pour les médecins et les praticiens des soins intensifs, a été publié dans le Sunday Times.

La FICM souligne que de nombreux patients admis aux soins intensifs avec le COVID-19 ont développé un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA). Une étude publiée dans le Centre national américain d'information sur les biotechnologies a révélé que 17 % des 99 patients atteints de coronavirus à Wuhan, en Chine, examinés entre le 1er et le 20 janvier, avaient développé un SDRA au cours de leur maladie.

Une autre étude publiée dans The Lancet le 15 février révélait que 29 % des 41 patients observés entre la mi-décembre et le début janvier à Wuhan avaient développé un SDRA.

Des Londoniens passent devant un gros titre du Evening Standard avertissant les gens de la présence du coronavirus à Charing Cross, Londres, le 4 mars 2020.  Richard Baker / In Pictures via Getty Images

Selon le National Health Service (NHS) américain, le SDRA empêche les poumons d'une personne de fournir suffisamment d'oxygène à ses organes vitaux. Lorsque le COVID-19 atteint les poumons, leurs muqueuses — qui tapissent les différentes cavités du corps et les voies respiratoires — s'enflamment. Selon le NHS, cette inflammation peut alors provoquer un SDRA, par lequel "le liquide des vaisseaux sanguins voisins s'écoule dans les minuscules sacs d'air des poumons, rendant la respiration de plus en plus difficile".

Bien que les poumons des survivants du coronavirus puissent revenir à la normale après six mois, avec des problèmes minimes — comme une capacité affaiblie à faire de l'exercice — ceux qui développent ensuite un SDRA peuvent "mettre jusqu'à 15 ans pour que leurs poumons se rétablissent", a déclaré la FICM, selon le Sunday Times. Le SDRA serait responsable de 10 % de toutes les admissions en unité de soins intensifs au Royaume-Uni, ajoute le Sunday Times.

Pancartes en anglais et en chinois informant sur le coronavirus devant l'University College Hospital à Londres.  Getty

Le SDRA a un taux de mortalité de 30 à 40 %, indique le journal, citant Michael Matthay, un expert de la maladie. Ce taux de mortalité a également été mentionné dans un article publié en 2015 par le Centre national américain d'information sur les biotechnologies. "Il n'y a pas de traitement spécifique, à part mettre les patients sous sédatif et sous ventilateur mécanique pour leur permettre de se rétablir", explique Michael Matthay. "Les survivants ont une mauvaise forme physique liée à une perte de masse musculaire et à un affaiblissement marqué de leur corps."

Le SDRA est également fréquent chez les personnes qui se remettent de cas graves de grippe et de pneumonie au Royaume-Uni, mais dans ces cas-là, "il est inhabituel que le SDRA cause des dommages à long terme aux poumons", selon les experts britanniques des poumons.

Une étude publiée le 13 mars dans le Journal of the American Medical Association a révélé que les personnes âgées atteintes de COVID-19 sont le groupe le plus susceptible de contracter un SDRA, "probablement en raison d'une réponse immunitaire moins rigoureuse".

Des personnes portant des masques de protection marchent dans Londres, le 11 mars 2020.  REUTERS/Henry Nicholls

La FICM avertit également que d'autres organes pourraient être endommagés par le COVID-19 après avoir récupéré. "Comme beaucoup d'autres affections virales, les effets du coronavirus ne se limitent pas aux poumons. Le cœur peut également être affecté, allant de l'inflammation (myocardite) à l'insuffisance cardiaque".

Au début du mois, l'autorité hospitalière de Hong Kong a constaté que deux à trois personnes sur un groupe de 12 patients atteints de coronavirus présentaient une baisse de 20 à 30 % de la fonction pulmonaire. Elle a toutefois ajouté qu'ils pouvaient faire des exercices cardiovasculaires pour améliorer lentement leur capacité pulmonaire au fil du temps. Au mardi 17 mars, plus de 185 000 personnes ont été infectées par le COVID-19, et plus de 7 300 en sont mortes.

Version originale : Bill Bostock/Business Insider

Business Insider
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