Une équipe internationale de chercheurs, venus des Etats-Unis, de Chine et de Corée du Sud, a réussi à corriger dans des embryons humains un gène défectueux responsable d'une maladie cardiaque grave, à l'aide du bistouri génétique baptisé "CRISPR-Cas9", rapporte Business Insider US en citant un article publié dans la revue "Nature".

Jusqu'à présent, seule la Chine avait tenté une telle expérience en mars 2017

La maladie choisie par l'équipe internationale est appelée "cardiomyopathie hypertrophique"et est causée par une anomalie sur des gènes codant pour les protéines musculaires.

Corriger l'anomalie sur un des gènes les plus souvent responsables, comme ça a été fait lors de cette expérience, pourrait réduire le risque de cette maladie qui touche environ une personne sur 500 et qui est "vicieuse" car elle peut être asymptomatique pendant longtemps.

Bien que l'équipe de chercheurs s'est défendue que cette expérience consistait à "modifier un gène mutant pour le rendre à nouveau normal" et non pas à "éditer un gène", une question importante d'ordre éthique va devoir se poser tôt ou tard, a expliqué Shoukhrat Mitalipov, qui a dirigé l'étude avec son équipe de l'Université des sciences et de la médecine de l'Oregon (Etats-Unis), lors d'une conférence téléphonique à laquelle a assisté Business Insider US: 

"Notre programme a pour ambition de corriger les gènes mutants. Il faudra délimiter les frontières et les autorités compétentes devront décider de ce qui doit être traité comme une maladie ou non. Je pense que c'est à eux de déterminer où se place la limite." 

La peur générée par la technique CRISPR-Cas9 est qu'elle soit utilisée pour manipuler le génome humain à souhait — pour améliorer les capacités physiques ou intellectuelles de l'homme — et que ces changements s'inscrivent définitivement dans le génome des générations à venir. 

Aux Etats-Unis, il est actuellement interdit d'utiliser des fonds publics pour la recherche sur l'embryon, ce qui limite beaucoup les expériences dans le domaine. Ce n'est pas le cas au Royaume-Uni par exemple. Dans l'Hexagone, l'utilisation de cette technique n'est autorisée "que pour des raisons préventives, diagnostiques ou thérapeutiques et seulement si elles n'ont pas pour but d'introduire une modification dans le génome de la descendance", d'après la convention d'Oviedo pour la protection des droits de l'homme et de la dignité de l'être humain. En Chine, la modification génétique des embryons humains n'est pas aussi strictement réglementée.

Les chercheurs de cette expérience soulignent par ailleurs que la technique doit encore être améliorée avant d'envisager toute implantation d'embryons. 

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