Voici les endroits où les futurs élus vont devoir se bagarrer pour faire baisser l’abstention

Devant un bureau de vote de Vaux-en-Velin dans le Rhône ou le taux d'abstention au second tour a atteint 43%, près du
double du niveau national. REUTERS/Emmanuel Foudrot

L'abstention pour le second tour a atteint un taux record de 25,44% selon les résultats officiels consultables sur le site du ministère de l'Intérieur.

Cela fait 12 millions d'électeurs inscrits qui ne se sont pas déplacés dans leurs bureaux de vote.

En attendant d'en connaître dans plusieurs mois le profil sociologique précis — issu d'une enquête de l'INSEE auprès de 400.000 électeurs — deux chercheurs en sciences politiques donnent une clé de compréhension pour essayer de régler ce problème.

Pour eux, l'abstention est liée avant tout à des déterminants socioéconomiques.

Concrètement, plus on vit dans des quartiers et des villes où le prix de l'immobilier est élevé, plus on vote, constatent les chercheurs.

"On le voit avec, par exemple, l'importance du vote par procuration, qui peut atteindre 15 dans le 3e arrondissement de Paris, alors que c'est marginal en Seine-Saint-Denis. En fait, il y a sans doute une corrélation entre le prix du mètre carré et la participation électorale", estiment Céline Braconnier, directrice de Sciences Po Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) et Jean-Yves Dormagen, professeur de science politique à l’université de Montpellier (Hérault)dans une interview accordée au Monde.

Céline Braconnier et Jean-Yves Dormagen étayent leur démonstration avec des chiffres. Selon ces derniers, la différence de participation aux élections entre les quartiers avec les inégalités sociales les plus fortes et le reste du pays ne cesse de s'accentuer depuis dix ans.

"En 2007, il y avait cinq points d’écart entre la participation des villes où on vote le moins (Saint-Denis, Bobigny, Stains, Forbach, Vaulx-en-Velin, etc.) et celles où on vote le plus (Neuilly, les arrondissements du centre de Paris, Ville-d’Avray, etc.). Cet écart est passé à dix points en 2012 et à vingt points en 2017", précisent les deux chercheurs.

Les futurs élus locaux — et prochainement les nouveaux députés — savent désormais où axer leurs efforts pour régler ce problème.

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