Coupe du monde féminine : en cas de victoire finale, les Bleues toucheront 10 fois moins que les Bleus

Le président Emmanuel Macron a rendu visite aux joueuses l'équipe de France de football à Clairefontaine, ce 4 juin 2019. Christophe Petit Tesson/Pool via REUTERS

La Coupe du monde de football féminin débute ce vendredi 7 juin. Et les Bleues, qui jouent à domicile, n'ont qu'un objectif en tête : décrocher la victoire finale à Lyon, le 7 juillet prochain, pour accrocher une première étoile sur le maillot tricolore. En cas de sacre, les joueuses de l'équipe de France repartiront avec le trophée mais, à l'instar de leurs homologues masculins, toucheront également des primes. En effet, la Fifa (Fédération internationale de football association) alloue une dotation financière à chaque nation participante, calculée en fonction des résultats durant la compétition. Ensuite, c'est à partir de cette somme que les fédérations nationales distribuent des primes pour récompenser les joueuses et le staff.

Les chiffres sont en forte hausse notamment grâce à l'explosion des droits télés, et les gains reversés aux 24 équipes ont doublé par rapport au Mondial 2015 pour s'élever à 26,6 millions d'euros, indique Le Parisien. Ainsi, l'équipe championne remportera 3,5 millions d'euros contre 2,3 millions pour les finalistes. Les équipes éliminées au premier tour ne percevront, elles, que 667 000 euros.

Dans tous les cas, les Bleues vont se partager 30% de la dotation attribué par la Fifa, soit le même pourcentage que les hommes lors du dernier Mondial en Russie. Mais si l'égalité au niveau du pourcentage est respectée, ce n'est pas la même histoire en termes des sommes finales, car les joueuses toucheront beaucoup moins que les hommes de Didier Deschamps à l'issue de leur campagne victorieuse en Russie. "On leur donne 30% du budget alloué par la Fifa mais il y a un écart considérable entre garçons et filles. En matière de droits télé, on n'est pas à la parité et c'est valable pour la France également. Par exemple, les joueuses de Lyon ne gagnent pas autant que les joueurs de Lyon. Ou alors Jean-Michel Aulas m'a menti...", a expliqué Noël Le Graët, le président de la Fédération française (FFF), dans les colonnes du Parisien. 

Concrètement, en cas de titre mondial, les Bleues se partageront avec les quatre membres du staff technique la somme de 1,1 million d'euros, soit 40 000 euros pour chacune des 23 joueuses. Antoine Griezmann, Paul Pogba, Kylian Mbappé et consorts avaient empoché, eux, 370 000 euros chacun pour leur sacre à Moscou le 15 juillet dernier, c'est-à-dire près de 10 fois plus que les gains potentiels des femmes. L'enveloppe totale s'élevait alors à 33,8 millions d'euros.

Interrogé à ce sujet en conférence de presse, ce lundi, la milieu de terrain Gaëtane Thiney a tenu à balayer tout début de polémique, affirmant ne pas être "sensible" à cette différence de primes entre les hommes et les femmes et expliquant que les deux sélections n'évoluaient pas tout à fait dans le même monde, rapporte L'Equipe. "C'est un sujet toujours un peu complexe. Je dis souvent que s'il fallait payer pour participer à la Coupe du monde, je paierais. Je ne suis donc pas bien placée pour répondre à cela. Si on rapporte autant que les hommes, je n'ai aucun soucis pour qu'on gagne autant. Mais mathématiquement, si on fait les comptes, je ne suis pas sûr qu'on rapporte autant que les hommes", a déclaré celle qui est l'un des piliers de l'équipe de France depuis 11 ans. Et d'ajouter : "Franchement, les conditions dans lesquelles on évolue au quotidien sont vraiment au top. Pour moi, ce que la fédération nous donne, c'est la meilleure des choses. Je pense d'ailleurs qu'il n'y a pas eu de négociations car le président a toujours été très juste avec nous".

Dans d'autres disciplines, comme les tournois de tennis, tels que Roland-Garros, les revenus sont exactement les mêmes pour les garçons et les filles. Pareil pour les primes olympiques, rappelle BeIn Sports expliquant que c'est sans doute parce que les droits TV de la compétition sont achetés d'un seul tenant, une chaîne n'achète pas le tournoi masculin d'une part et le féminin de l'autre.

Dans le monde du ballon rond, l'égalité des rémunérations entre hommes et femmes semble être une question de plus en plus prégnante. Aux Etats-Unis, par exemple, les 28 joueuses de l'équipe nationale, championne du monde et numéro une mondiale, ont en mars dernier lancé une procédure en justice pour discriminations sexistes contre la Fédération américaine. Elles sont payées 40% de moins que leurs homologues masculins, pourtant 24e au classement Fifa. 

"Lorsqu’on fournit les mêmes efforts et qu’on atteint les mêmes objectifs, on devrait être récompensé de la même façon. Il faudrait suggérer à la Fifa de rééquilibrer cette différence pour se rapprocher de l’équité", a avancé la ministre des sports, Roxana Maracineanu dans Le Parisien. "Le foot est un monde différent au regard des enjeux économiques, surtout chez les garçons, et la manne financière n’est évidemment pas la même. Cette différence des primes n’est pas la cause d’une injustice mais bien la conséquence. On doit agir pour améliorer la médiatisation des compétitions et la professionnalisation du sport féminin".

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