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François Hollande laisse une ardoise cachée à Emmanuel Macron qui devra lutter pour mettre en place ses premières mesures

François Hollande laisse une ardoise cachée à Emmanuel Macron qui devra lutter pour mettre en place ses premières mesures
© REUTERS/Lionel Bonaventure

La France ne pourra pas afficher en fin d'année un déficit public inférieur à 3% de son produit intérieur brut (PIB) comme elle s'y était engagée auprès de ses partenaires européens sans une "action vigoureuse et rapide", prévient la Cour des comptes dans un rapport publié jeudi.

Le Premier ministre Edouard Philippe a jugé que le dérapage de plus 8 milliards d'euros par rapport aux prévisions budgétaires identifié par la Cour des comptes était "inacceptable".

Il a annoncé de prochaines mesures d'économies pour "contenir le déficit à 3% dès cette année".

Le risque de dépassement des dépenses publiques est estimé par la Cour à 5,9 milliards d'euros sur le seul budget de l'Etat, tandis que les recettes sont surévaluées d'environ deux milliards d'euros pour l'institution.

Surtout, la juridiction financière relève "l'importance des éléments d'insincérité contenus tant dans le projet de loi de finances soumis à la représentation nationale à l'automne 2016 que dans le programme de stabilité transmis à la Commission européenne en avril 2017".

Conséquence: en l'état, le retour du déficit public sous le seuil de 3% du PIB "apparaît aujourd'hui peu probable" et le respect de l'objectif de 2,8% de PIB à fin 2017 "hors d’atteinte".

Le quinquennat d'Emmanuel Macron, qui a débuté dans un contexte économique plutôt favorable, risque donc de connaître une entame plus complexe sur le plan budgétaire.

Il aura plus de mal à imposer le sérieux budgétaire et le programme promis pendant sa campagne, notamment les mesures fiscales en faveurs des entreprises et des ménages ainsi que le plan d'investissements publics.

Le gouvernement pourrait ainsi être contraint de reporter le lancement de la suppression de la taxe d'habitation et la transformation de l'ISF. "De manière évidente, c'est un sujet qui est posé", dit-on dans l'entourage du président de la République.

REUTERS/Benoit Tessier

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a affiché lundi sur TF1 son intention de soumettre au couple exécutif, avec Gérald Darmanin, "un certain nombre de propositions qui concerneront tous les secteurs de la dépense publique".

"Il faut que l'Etat, les collectivités locales, les dépenses sociales, chacun fasse un effort", a-t-il précisé.

Le rapport intègre l'audit réalisé à la demande du Premier ministre Edouard Philippe mais ne prend en compte que les mesures déjà votées — donc hors promesses de campagne du nouveau président de la République.