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Covid-19 : ce qu'il faut savoir sur les tests rapides antigéniques en 4 questions-réponses

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Covid-19 : ce qu'il faut savoir sur les tests rapides antigéniques en 4 questions-réponses
Les autorités misent sur les tests rapides antigéniques pour désengorger les laboratoires, jusqu'ici seuls en mesure de déceler l'infection au Covid-19 © Mufid Majnun/Unsplash
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"La réalité de la deuxième vague est là. Tout le monde doit se mobiliser. Il ne peut plus y avoir de relâchement", avertissait le Premier ministre Jean Castex dès le lundi 12 octobre. Mobilisés, les laboratoires pharmaceutiques le sont. Un peu trop, même : l'afflux de patients en quête de test RT-PCR est parfois si conséquent que certains ont dû attendre plus d'une semaine pour obtenir leurs résultats. Mais la solution à l'engorgement des laboratoires est toute trouvée : les tests rapides antigéniques (TRA), qui vous indiquent en 20 minutes si, oui ou non, vous avez le Covid-19, sont en passe de se généraliser, notamment en pharmacie.

"L’utilisation des tests de diagnostics antigéniques doit pouvoir être réalisée de façon large en dehors des laboratoires de biologie", poussait le Conseil scientifique dans une note du 26 octobre. Et le gouvernement a écouté : ils peuvent désormais être réalisés dans une "situation de dépistage individuel" par les médecins, pharmaciens ou infirmiers. Le test est ouvert aux personne de 65 ans ou moins, qui ne présentent pas de risque de développer une forme grave de la maladie Covid-19, et dont le début des symptômes remonte à 4 jours ou moins. Et pas besoin d'ordonnance.

L'Union de syndicats de pharmaciens d'officine ajoute dans un communiqué que "les personnes asymptomatiques, à l’exception des personnes cas contacts ou détectées au sein d’un cluster, peuvent également se faire tester en pharmacie, mais ne sont pas prioritaires". Avec une charge virale moins importante, le risque de faux négatif en est effet accru pour ces patients.

Autre nouveauté : les entreprises pourront également proposer aux salariés volontaires de réaliser un TRA, via le médecin du travail, comme l'a annoncé le ministère du Travail vendredi 30 octobre. Le résultat ne sera pas communiqué à l'employeur. Les tests rapides antigéniques devraient également se généraliser dans les aéroports français. La ministre de la Transition écologique Barbara Pompili a annoncé, lundi 1er novembre, qu'ils seraient déployés à partir du 7 novembre pour les passagers en provenance de pays extérieurs à l'Union européenne. "Les voyageurs seront testés à l’arrivée et auront leur résultat quelques dizaines de minutes après, sauf à ce qu’ils disposent préalablement à leur départ d’un test PCR de moins de 72 heures", précise la ministre.

Les tests antigéniques étaient d'abord exclusivement destinés par la HAS au dépistage à large échelle mené au sein d’une population à risque de contamination. Il sont en effets pertinents pour identifier des clusters, où le risque de faux négatif importe peu. "Ce qui est essentiel ici, c'est de déterminer très vite si oui ou non, on est face à un cluster : dans ce cas, le test antigénique est très utile à grande échelle dans des lieux où la prévalence attendue est importante, comme les universités", expliquait Dominique Le Guludec, présidente du collège de la HAS, à L'Usine Nouvelle, début octobre. Ainsi, "des opérations de dépistage à large échelle au sein de populations ciblées peuvent être autorisées" par le préfet, selon l'arrêté pris le 17 octobre par le ministère de la Santé.

Business Insider France répond à vos interrogations sur cette nouvelle arme de santé publique :

Comment fonctionnent les tests rapides antigéniques ?

Comme pour les tests PCR, les tests rapides antigéniques nécessitent un prévèlement nasal, effectué à l'aide d'un écouvillon. Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons

Les tests rapides antigéniques, ou TRA, cherchent à déceler les protéines produites par le virus : les antigènes. Il révèle si la personne est contaminée au moment du test — pas si elle l'a déjà été par le passé.

Les tests antigéniques reposent, comme pour les tests PCR, sur un prélèvement nasopharyngé, ou nasal. Le personnel médical le réalise à l'aide d'un écouvillon, ce long coton-tige popularisé par la crise sanitaire. Ensuite, nul besoin de machine : le TRA détecte (ou non) la présence des antigènes présents à la surface du virus. Les antigènes sont des protéines et les résultats sont donc disponibles bien plus rapidement que lors d'un test PCR, qui requiert une analyse ADN en laboratoire.

Les antigènes recherchées par le TRA sont la protéine S, pointue, avec laquelle le virus attaque les cellules, et la protéine N, qui entoure le génome du Covid-19.

Après le test, une partie du prélèvement nasopharyngé est mis au contact d'une plaquette. "Ce dispositif contient des anticorps. Il y a un principe de clé/serrure : quand le bon anticorps est au contact du bon antigène, ils vont créer un complexe. C’est ce qu’on va mesurer", explique Michel Guyon, directeur de la distribution au sein de la branche diagnostique de l'entreprise pharmaceutique Roche, à laquelle l'Etat a commandé des TRA, à Numerama. Comme lors d'un test de grossesse, une bande colorée indique alors le résultat, entre 15 et 30 minutes après le test.

Les TRA doivent idéalement être réalisés entre le premier et le quatrième jour après l'apparition de symptômes. Passé ce délai, ils se révèleraient en effet moins efficaces, le virus étant moins présent dans l'organisme. Pour la même raison, la HAS ne recommande pas le TRA aux personnes asymptomatiques, la densité du virus étant a priori trop faible dans leur organisme. L'autorité publique précise toutefois ne pas disposer de suffisamment de données pour se prononcer définitivement.

Quelle différence avec les autres tests ?

ernando zhiminaicela/Pixabay

Le développement des tests antigéniques rapides a pour but principal d'offrir une alternative au test PCR, plus fiable mais requérant davantage de matériel et lent à donner un résultat. En effet, le TRA ne nécessite pas d'analyse en laboratoire. Contrairement au test RT-PCR qui recherche l'ARN du virus, soit un code génétique — ce qui induit notamment une amplification du prélèvement en laboratoire —, il est conçu pour détecter des protéines. Il donne donc des résultats bien plus rapidement, et coûte beaucoup moins cher qu'un test PCR.

L'objectif — savoir si le patient est, au moment du test, positif au Covid-19 — du test RT-PCR est identique à celui des TRA, mais le résultat est disponible dans les 24 heures à 48 heures qui suivent. Le test RT-PCR, certes moins rapide, garantit davantage la fiabilité des résultats. Et, si l'obtention et la temporalité des résultats diffère grandement, les techniques de prélèvement des tests RT-PCR et antigéniques sont en tous points identiques.

Les tests sérologiques n'ont rien à voir avec le RT-PCR ou le TRA. Le prélèvement est sanguin (prise de sang), et les laboratoires recherchent des anticorps produits par les cellules immunitaires d'une personne atteinte de Covid-19. L'avantage du test sérologique est qu'il permet de savoir si un patient a développé une immunité au coronavirus.

Est-ce que les tests rapides sont fiables ?

fernando zhiminaicela/Pixabay

"La technique des tests antigéniques est moins sensible par définition, car rechercher des protéines de surface est moins sensible que de rechercher du matériel génétique. Durant la PCR, on va au plus profond de ce qu’on peut faire en termes de recherche de charge virale", explique Michel Guyon, relayé par Numerama.

La Haute autorité de santé valide pourtant leur utilisation, assurant leur fiabilité pour tester "les personnes symptomatiques". "Un cas détecté plus vite permettra de prendre des mesures pour réduire le risque de contaminer d'autres personnes", argumente l'autorité publique indépendante.

Les TRA seraient ainsi relativement fiables sur des personnes possédant une grande charge virale. Si les premiers symptômes sont apparus plusieurs jours auparavant ou dans le cas des personnes asymptomatiques, la HAS estime que la charge virale pourrait être insuffisante pour faire réagir le test, et il y a un risque de faux négatif.

Où peut-on se faire tester et combien cela coûte-t-il ?

Chatelai/Wikimedia Commons

Les tests antigéniques rapides ont été classés parmi les TROD (tests rapides d'orientation diagnostique). Contrairement aux examens de biologie médicale, ils peuvent donc être réalisés dans des cabinets de médecine générale ou des pharmacies. Actuellement, environ 10 % des pharmacies en proposent. Mais le TRA devrait se généraliser rapidement, selon l'Union de syndicats de pharmaciens d'officine : 40 % des officines seront en mesure d'en réaliser d'ici le 8 novembre, et 80 % d'entre-elles en auraient déjà commandé et seraient en attente de livraison. Toutefois, peu de médecins généralistes, pas toujours bien équipés en protections, devraient réaliser des TRA.

"Une fois que vous avez pris rendez-vous en pharmacie, il vous sera certainement demandé de remplir un document avec toutes les coordonnées pour pouvoir identifier la personne qui fait le test", précise Gilles Bonnefond, président de l'USPO, relayé par France Info. Le test est ouvert aux personne de 65 ans ou moins, qui ne présentent pas de risque de développer une forme grave de la maladie Covid-19, et dont le début des symptômes remonte à 4 jours ou moins. L'USPO ajoute dans un communiqué que "les personnes asymptomatiques, à l’exception des personnes cas contacts ou détectées au sein d’un cluster, peuvent également se faire tester en pharmacie, mais ne sont pas prioritaires".

Les tests antigéniques peuvent ainsi être utilisés dans le cadre d'un dépistage individuel, mais sous condition. Ils sont alors remboursés par la Sécurité sociale. Il est toutefois possible que vous ayez à avancer le prix du test, soit un "maximum de 8,05 euros hors taxes", selon l'arrêté du 26 octobre. Un montant bien moins élevé que pour le test PCR (environ 54 euros), également remboursé.

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