Download_on_the_App_Store_Badge_FR_RGB_blk_100517

Covid-19 : ce qu'il faut savoir sur les tests rapides antigéniques en 4 questions-réponses

Covid-19 : ce qu'il faut savoir sur les tests rapides antigéniques en 4 questions-réponses
Les autorités misent sur les tests rapides antigéniques pour désengorger les laboratoires, jusqu'ici seuls en mesure de déceler l'infection au Covid-19 © Mufid Majnun/Unsplash

"La réalité de la deuxième vague est là. Tout le monde doit se mobiliser. Il ne peut plus y avoir de relâchement", avertissait le Premier ministre Jean Castex, lundi 12 octobre. Mobilisés, les laboratoires pharmaceutiques l'étaient. Un peu trop, même : l'afflux de patients en quête de test RT-PCR était si conséquent que certains ont dû attendre plus d'une semaine pour obtenir leurs résultats. Mais la solution à l'engorgement des laboratoires semble toute trouvée : les tests rapides antigéniques (TRA), qui vous indiquent en 20 minutes si, oui ou non, vous avez le Covid-19.

Le ministère de la Santé a ouvert la voie à un déploiement plus large de ces tests, plus rapides que les tests virologiques RT-PCR, en prenant un arrêté qui autorise sous condition leur remboursement par la Sécurité sociale pour des personnes présentant des symptômes. Jusqu'ici, les tests antigéniques n'étaient autorisés que dans le cadre d'opérations collectives de dépistage, les personnes avec des symptômes en étaient exclues, et leur résultat devait être confirmé par un test RT-PCR.

Selon un arrêté publié samedi 17 octobre au Journal officiel, ils peuvent désormais être réalisés dans une "situation de dépistage individuel" par les médecins, pharmaciens ou infirmiers. Ils peuvent être pratiqués sur des "personnes asymptomatiques, hors personnes contact ou personnes détectées au sein d'un cluster" ou sur des "personnes symptomatiques", mais seulement si un test RT PCR ne peut être obtenu avant 48 heures et si le test antigénique se déroule moins de quatre jours après les premiers symptômes. De plus, en cas de symptômes, il faut être âgé de moins de 65 ans et ne pas présenter de risque de développer une forme grave de Covid-19.

Les tests antigéniques sont pertinents notamment pour identifier des clusters. "Ce qui est essentiel ici, c'est de déterminer très vite si oui ou non, on est face à un cluster : dans ce cas, le test antigénique est très utile à grande échelle dans des lieux où la prévalence attendue est importante, comme les universités", expliquait il y a une dizaine de jours Dominique Le Guludec, présidente du collège de la HAS, à L'Usine Nouvelle. L'intérêt est davantage collectif qu'individuel, à l'usage des épidémiologistes pour agir sur l'épidémie.

Business Insider France répond à vos interrogations sur cette nouvelle arme de santé publique :

Comment fonctionnent les tests rapides antigéniques ?

Comme pour les tests PCR, les tests rapides antigéniques nécessitent un prévèlement nasal, effectué à l'aide d'un écouvillon. Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons

Les tests rapides antigéniques, ou TRA, cherchent à déceler les protéines produites par le virus : les antigènes. Il révèle si la personne est contaminée au moment du test — pas si elle l'a déjà été par le passé.

Les tests antigéniques reposent, comme pour les tests PCR, sur un prélèvement nasopharyngé, ou nasal. Le personnel médical le réalise à l'aide d'un écouvillon, ce long coton-tige popularisé par la crise sanitaire. Ensuite, nul besoin de machine : le TRA détecte (ou non) la présence des antigènes présents à la surface du virus. Les antigènes sont des protéines et les résultats sont donc disponibles bien plus rapidement que lors d'un test PCR, qui requiert une analyse ADN en laboratoire.

Les antigènes recherchées par le TRA sont la protéine S, pointue, avec laquelle le virus attaque les cellules, et la protéine N, qui entoure le génome du Covid-19.

Après le test, une partie du prélèvement nasopharyngé est mis au contact d'une plaquette. "Ce dispositif contient des anticorps. Il y a un principe de clé/serrure : quand le bon anticorps est au contact du bon antigène, ils vont créer un complexe. C’est ce qu’on va mesurer", explique Michel Guyon, directeur de la distribution au sein de la branche diagnostique de l'entreprise pharmaceutique Roche, à laquelle l'Etat a commandé des TRA, à Numerama. Comme lors d'un test de grossesse, une bande colorée indique alors le résultat, entre 15 et 30 minutes après le test.

Les TRA doivent idéalement être réalisés entre le premier et le quatrième jour après l'apparition de symptômes. Passé ce délai, ils se révèleraient en effet moins efficaces, le virus étant moins présent dans l'organisme. Pour la même raison, la HAS ne recommande pas le TRA aux personnes asymptomatiques, la densité du virus étant a priori trop faible dans leur organisme. L'autorité publique précise toutefois ne pas disposer de suffisamment de données pour se prononcer définitivement.

Quelle différence avec les autres tests ?

ernando zhiminaicela/Pixabay

Le développement des tests antigéniques rapides a pour but principal d'offrir une alternative au test PCR, plus fiable mais requérant davantage de matériel et lent à donner un résultat. En effet, le TRA ne nécessite pas d'analyse en laboratoire. Contrairement au test RT-PCR qui recherche l'ARN du virus, soit un code génétique — ce qui induit notamment une amplification du prélèvement en laboratoire —, il est conçu pour détecter des protéines. Il donne donc des résultats bien plus rapidement, et coûte beaucoup moins cher qu'un test PCR.

L'objectif — savoir si le patient est, au moment du test, positif au Covid-19 — du test RT-PCR est identique à celui des TRA, mais le résultat est disponible dans les 24 heures à 48 heures qui suivent. Le test RT-PCR, certes moins rapide, garantit davantage la fiabilité des résultats. Et, si l'obtention et la temporalité des résultats diffère grandement, les techniques de prélèvement des tests RT-PCR et antigéniques sont en tous points identiques.

Les tests sérologiques n'ont rien à voir avec le RT-PCR ou le TRA. Le prélèvement est sanguin (prise de sang), et les laboratoires recherchent des anticorps produits par les cellules immunitaires d'une personne atteinte de Covid-19. L'avantage du test sérologique est qu'il permet de savoir si un patient a développé une immunité au coronavirus.

Est-ce que les tests rapides sont fiables ?

fernando zhiminaicela/Pixabay

"La technique des tests antigéniques est moins sensible par définition, car rechercher des protéines de surface est moins sensible que de rechercher du matériel génétique. Durant la PCR, on va au plus profond de ce qu’on peut faire en termes de recherche de charge virale", explique Michel Guyon, relayé par Numerama.

La Haute autorité de santé valide pourtant leur utilisation, assurant leur fiabilité pour tester "les personnes symptomatiques". "Un cas détecté plus vite permettra de prendre des mesures pour réduire le risque de contaminer d'autres personnes", argumente l'autorité publique indépendante.

Les TRA seraient ainsi relativement fiables sur des personnes possédant une grande charge virale. Si les premiers symptômes sont apparus plusieurs jours auparavant ou dans le cas des personnes asymptomatiques, la HAS estime que la charge virale pourrait être insuffisante pour faire réagir le test, et il y a un risque de faux négatif.

Où peut-on se faire tester et combien cela coûte-t-il ?

Chatelai/Wikimedia Commons

Les tests antigéniques rapides ont été classés parmi les TROD (tests rapides d'orientation diagnostique). Contrairement aux examens de biologie médicale, ils peuvent donc être réalisés dans des cabinets de médecine générale ou des pharmacies. Auparavant, un TRA nécessitait systématiquement une confirmation du RT-PCR. Seules les personnes symptomatiques de plus de 65 ans ou présentant un facteur de risque aggravé doivent à présent se plier à cette vérification.

Les tests antigéniques peuvent désormais être utilisés dans le cadre d'un dépistage individuel, mais sous condition. Ils sont alors remboursés par la Sécurité sociale. Il est toutefois possible que vous ayez à avancer le prix du test, soit une dizaine d'euros. Un montant bien moins élevé que pour le test PCR (environ 54 euros), également remboursé.

En outre, "des opérations de dépistage à large échelle au sein de populations ciblées peuvent être autorisées" par le préfet, selon l'arrêté pris samedi par le ministère de la Santé.

À lire aussi — Plus d'1 personne sur 10 a vécu le confinement dans un logement surpeuplé

Découvrir plus d'articles sur :