Covid-19 : les femmes enceintes auraient plus de risques de développer des formes graves de la maladie

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Covid-19 : les femmes enceintes auraient plus de risques de développer des formes graves de la maladie
© Crystal Cox/Business Insider

La plupart des femmes enceintes positives au Covid-19 s’en sortent bien, mais présentent un risque accru de développer des symptômes graves par rapport au reste des femmes atteintes par le virus, selon l’étude des centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC).

Cette dernière a analysé les données d’environ 400000 femmes âgées de 15 à 44 ans qui ont présenté des symptômes de la maladie entre fin janvier et début octobre. Résultat : les femmes enceintes avaient plus de risques d’être admises en réanimation sous respirateur,de nécessiter des soins intensifs et même de mourir que celles qui n'étaient pas enceintes.

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Selon l’étude, les patientes atteintes de Covid-19 attendant un enfant avaient même quatre fois plus de risques d’être mises sous respiration artificielle et deux fois plus de risques de mourir que les autres femmes de leur âge. Néanmoins, leurs risques de développer des complications restaient faibles : parmi l’échantillon concerné, 1,5 % des femmes enceintes ont été admises en réanimation, 0,29 % ont été mises sous respiration artificielle, 0,07% ont eu besoin de soins intensifs et 0,15 % d’entre elles sont décédées.

Ces conclusions démontrent à quel point il est important pour ces femmes plus vulnérables et leurs familles de prendre les mesures sanitaires au sérieux et de les respecter. Ces précautions incluent la limitation des interactions sociales, le port du masque, le respect des distances physiques, un lavage des mains fréquent, et le suivi régulier de leur grossesse avec un professionnel. Ces patientes pourraient également nous informer sur la manière dont les systèmes de santé les prennent en charge.

Les femmes issues de minorités plus affectées par le Covid-19

En 2019, 24% des femmes enceintes aux Etats-Unis étaient hispaniques et 51% d’entre elles étaient blanches. Or, dans cette étude, 30% des femmes positives au Covid étaient hispaniques et seulement 24% blanches. Au même titre que d’anciennes études, celle-ci suggère que les personnes issues de minorités ethniques ont beaucoup plus de risques de contracter le virus.

Cette étude met également en lumière d’autres inégalités raciales. Ainsi, les femmes enceintes d’origine asiatique et issues des îles du Pacifique comme Hawaï paraissent plus susceptibles d’être admises en réanimation. Les femmes noires, elles, qu’elles aient entamé leur grossesse ou non, risquent davantage de mourir du Covid-19.

Marian Knight, auteure d’une étude britannique sur la vulnérabilité des minorités ethniques face au virus, a confié à Business Insider US qu’il était "urgent" de mener une recherche plus qualitative et recueillir les témoignages de ces femmes. Son analyse avait révélé que plus de la moitié des patientes enceintes positives au Covid-19 et admises à l'hôpital étaient noires ou issues d'autres groupes ethniques minoritaires.

Ce travail, selon elle, aiderait les scientifiques à identifier ce qui fait de ces sujets des cibles du virus. Parmi ces facteurs de vulnérabilité peuvent figurer par exemple un emploi qui complique le respect des mesures sanitaires (distance obligatoire) ou la difficulté d’accès aux soins.

Contrairement aux dernières études sur le sujet, celle-ci révèle que les femmes enceintes atteintes du Covid-19 ont plus de risques de mourir du Covid-19 que le reste des patientes.

L'étude actuelle présente certaines limites, liées pour la plupart à un manque de données. En effet, les soignants peuvent être plus enclins à signaler des symptômes plus graves et certains de ces symptômes peuvent ne pas avoir encore été observés.

Selon les auteurs de l’étude, les complications dont souffrent les femmes enceintes ayant contracté la maladie peuvent aussi être liées à la manière dont la grossesse affecte leur corps. Notamment en augmentant leur rythme cardiaque et leur consommation d'oxygène, en diminuant leurs capacités respiratoires, en affaiblissant leur système immunitaire ou en augmentant le risque de formation de caillots sanguins.

Une étude de l’American Journal of Obstetrics and Gynecology (AJOG), publiée le 27 juillet 2020, laisse entendre que les femmes enceintes même en bonne santé, sont plus impactées psychologiquement par la pandémie et présentent souvent des symptômes de dépression. De ce fait, il est d’autant plus important qu’elles soient bien entourées, de leurs amis et famille, rejoignent des groupes de soutien en ligne, ou sollicitent l’aide d’un psychologue.

"Ces femmes vont être submergées par de nombreuses émotions, dont la tristesse, le chagrin et la peur de l'inconnu", remarque le Dr Jane van Dis, gynécologue-obstétricienne et directrice médicale du réseau de télémédecine Maven. "Il faut qu’elles sachent que rester en contact avec des personnes qui sont là pour les soutenir est essentiel pour leur santé mentale".

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Version originale: Anna Medaris Miller/Business Insider

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