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Covid-19 : les restrictions liées au variant Delta s'étendent partout dans le monde

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Covid-19 : les restrictions liées au variant Delta s'étendent partout dans le monde
La pandémie a fait au moins 4 190 383 morts dans le monde depuis fin décembre 2019, mais l'OMS estime que ce bilan pourrait être deux à trois fois plus élevé. © Julien Sarboraria
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Retour du masque, extension du pass sanitaire et confinements locaux : le variant Delta aura eu, en quelques semaines, raison de l'insouciance estivale, y compris dans des pays comme les États-Unis ou Israël qui s'imaginaient sortis d'affaire et renouent, en plein coeur de l'été, avec les mesures de restrictions.

Moins de quatre semaines après avoir célébré la fête nationale américaine, tout sourire et sans masque au milieu d'un millier d'invités à la Maison Blanche, Joe Biden, qui promettait un "été de liberté" à ses compatriotes, a dû prendre jeudi 29 juillet une série de mesures pour relancer la vaccination, en panne après un démarrage tambour battant. Image symbolique, pour la première fois depuis des mois, le président américain est entré dans la salle où l'attendaient les journalistes avec un masque noir.

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Les Américains, même vaccinés, sont de nouveau appelés à remettre le masque dans les zones où la circulation du virus est importante. Les employés fédéraux non vaccinés auront eux l'obligation de porter le masque partout et de se soumettre à des tests réguliers.

Pour inciter à la vaccination des plus réticents, Joe Biden a appelé les autorités locales à verser 100 dollars (84 euros environ) à toute nouvelle personne se faisant vacciner, en puisant dans des fonds d'urgence débloqués pour faire face à la pandémie.

En Israël, une troisième dose pour les plus de 60 ans

Israël, qui avait aussi lancé très tôt une campagne de vaccination massive et se targuait d'être sorti en premier de la crise, a réinstauré le 29 juillet le pass sanitaire, obligatoire dans les lieux accueillant plus de 100 personnes. L'État hébreu lance par ailleurs à partir du 1er août une campagne de vaccination "complémentaire" avec une troisième dose pour les plus de 60 ans.

En Europe, où de nombreux pays font face à une quatrième vague, l'heure est aussi au tour de vis. En Espagne, le couvre-feu a été prolongé à Barcelone et sur une partie de la Catalogne, et la France a ordonné le reconfinement à partir de ce week-end des îles de la Réunion et de la Martinique, où la situation est jugée "dramatique" par les autorités.

Partout pourtant, les pressions se multiplient pour accélérer la vaccination, avec plus de quatre milliards de doses de vaccins anti-Covid administrées dans le monde, selon un comptage de l'AFP effectué le 29 juillet à partir de sources officielles. La vaccination reste toutefois fortement inégalitaire : les pays à revenu élevé ont ainsi administré en moyenne 97 doses pour 100 habitants, contre seulement 1,6 dose dans les pays pauvres.

Le 29 juillet, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) s'est alarmée d'une "hausse" des contaminations dans une quinzaine de pays du Maghreb, du Moyen-Orient, d'Afrique et d'Asie, qui font face à une quatrième vague avec une population majoritairement non-vaccinée. Le système Covax, censé permettre aux pays pauvres de recevoir gratuitement des vaccins financés par des nations plus prospères, s'attend à recevoir 250 millions de doses de vaccins au cours des six à huit prochaines semaines, a annoncé l'OMS.

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Situation 'désespérée' en Birmanie

En attendant, la situation est "désespérée" en Birmanie, a averti jeudi le Royaume-Uni qui a pressé le Conseil de sécurité de l'ONU de s'assurer que des vaccins puissent être livrés malgré la situation de crise depuis le coup d'Etat de février dernier. Selon Londres, la moitié de la population birmane, soit 27 millions de personnes, pourrait être infectée par le Covid-19 dans les deux prochaines semaines.

En Afrique, le Sénégal, relativement épargné pendant longtemps par la pandémie, connaît comme le reste du continent une flambée sans précédent des contaminations, avec des hôpitaux submergés. À Fann, hôpital de référence de Dakar, les ambulances amènent des patients au souffle court, venant souvent d'autres hôpitaux. Mais les médecins sont souvent obligés de les renvoyer, par manque d'oxygène.

"On refuse, pas parce qu'on ne veut pas les prendre, mais on n'a pas d'endroit où les mettre pour les prendre en charge. Vous imaginez, on reçoit des malades qui meurent au niveau de la grande porte, ou qui viennent à l'agonie. Parfois même, le médecin, il a les larmes aux yeux", explique le Dr Babacar Diop à l'AFP.

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Services submergés

La Tunisie — qui compte le plus grand nombre de décès en Afrique du Nord — peine elle aussi à faire face au bond des contaminations, et les bouteilles d'oxygène manquent dans des services de réanimation submergés. En Algérie, où de grands hôpitaux manquent aussi d'oxygène, l'Autorité de l'audiovisuel a exhorté les médias à "éviter de se concentrer excessivement sur les nouvelles négatives" dans leur couverture de la crise sanitaire.

Rare bonne nouvelle dans ce contexte, l'Arabie saoudite a annoncé le 30 juillet la réouverture de ses frontières aux touristes étrangers vaccinés, après une fermeture de 17 mois due à la pandémie. Riyad n'a toutefois pas annoncé de levée des restrictions sur le pélerinage de l'Omra, qui attire chaque année des millions de musulmans du monde entier.

La pandémie a fait au moins 4 190 383 morts dans le monde depuis fin décembre 2019, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles. Mais l'OMS estime, en prenant en compte la surmortalité directement et indirectement liée au Covid-19, que le bilan pourrait être deux à trois fois plus élevé.

Au Mexique, l'institut national de statistiques a ainsi annoncé que le coronavirus avait fait en 2020 35% de décès de plus que le chiffre jusqu'ici avancé par le gouvernement, soit 201 163 morts —contre 148 629 confirmés par le ministère de la Santé.

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