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Covid-19 : pourquoi la plupart des pays pauvres n'ont pas encore administré une seule dose de vaccin

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Covid-19 : pourquoi la plupart des pays pauvres n'ont pas encore administré une seule dose de vaccin
Zipline a commencé à distribuer des vaccins par drone au Ghana dans le cadre de la première expédition de vaccins de COVAX. © Zipline

Alors que les nations les plus riches accélèrent le déploiement du vaccin contre Covid-19, les pays les plus pauvres sont laissés pour compte. En moyenne, les pays riches ont vacciné une personne toutes les deux secondes en janvier et février, alors que la majorité des pays les plus pauvres n'ont pas encore administré une seule dose, selon People's Vaccine Alliance. Les pays en développement sont également confrontés à des "pénuries critiques" d'oxygène et de fournitures médicales pour faire face aux cas de Covid-19, selon la coalition d'ONG comprenant Oxfam, la Confédération syndicale internationale et ActionAid.

Pour empêcher les pays les plus riches de s'emparer de la totalité des doses de vaccin, des organisations, dont l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ont lancé le programme COVAX en avril 2020. Les pays s'inscrivent pour avoir accès à une part égale des candidats vaccins retenus, ce qui signifie que les doses sont partagées entre les pays riches et les pays pauvres.

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Les organisations à l'origine de cette initiative ont déclaré, à propos des pays pauvres : "COVAX est littéralement une bouée de sauvetage et le seul moyen viable pour leurs citoyens d'avoir accès aux vaccins contre le Covid-19". Bien qu'il s'agisse d'un "effort phénoménal de collaboration internationale", Covax est "gravement sous-financé", a déclaré à Insider Ted Schrecker, professeur de politique de santé mondiale à la faculté de médecine de l'université de Newcastle, en Grande-Bretagne.

Covax a effectué sa première livraison au Ghana en février. Toutefois, même si les doses achetées par le biais de COVAX sont distribuées aux pays pauvres, le programme ne pourra vacciner que 3 % de leur population d'ici le milieu de l'année, et "au mieux" 20 % d'ici fin de 2021, selon People's Vaccine Alliance.

Selon la coalition d'ONG, au 4 mars, au moins 47 des 79 pays les plus pauvres du monde n'avaient encore vacciné aucune de leurs populations. À titre de comparaison, le président Joe Biden a déclaré que les États-Unis disposeraient de suffisamment de vaccins pour chaque adulte américain d'ici la fin du mois de mai.

La suspension des brevets accélérerait la production

Tout au long de la pandémie, des organisations, dont People's Vaccine Alliance, ont exprimé leurs inquiétudes quant au "nationalisme vaccinal". Ce phénomène se produit lorsque les pays riches accumulent des vaccins, tandis que les pays plus pauvres doivent se démener pour obtenir leurs propres stocks.

Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur de l'OMS, a déclaré en février que les pays riches, qui ne représentent que 16 % de la population mondiale, avaient acheté 60 % des stocks de vaccins disponibles.

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Selon People's Vaccine Alliance, les doses de vaccins doivent être produites dans différentes régions, leur prix doit être abordable, elles doivent être réparties à l'échelle mondiale et être largement déployées gratuitement dans les communautés locales. "Jusqu'à présent, le monde échoue sur ces quatre fronts", conclut-elle.

L'Alliance a ajouté que les producteurs de vaccins du monde entier seraient prêts à produire des vaccins Covid-19 si les sociétés pharmaceutiques disposant de vaccins autorisés partageaient leur technologie et leur savoir-faire.

Une usine moderne devrait être en mesure de commencer à produire des vaccins en quatre mois si on lui fournit le plan et les conseils techniques, a déclaré Suhaib Siddiqi, ancien directeur de la chimie chez Moderna.

"Il est scandaleux que des usines de vaccins soient à l'arrêt, incapables de produire des vaccins contre le Covid-19 parce que les pays riches privilégient les brevets des sociétés pharmaceutiques au détriment de la vie", s'est indigné Nick Dearden, directeur de Global Justice Now. Il exhorte les sociétés pharmaceutiques à suspendre les brevets sur leurs vaccins afin qu'ils puissent être produits plus rapidement.

Gabriela Bucher, directrice exécutive d'Oxfam International, a déclaré : "En permettant à un petit groupe de sociétés pharmaceutiques de décider qui vit et qui meurt, les nations riches prolongent cette urgence sanitaire mondiale sans précédent et mettent d'innombrables autres vies en danger."

Les pays riches pourraient toutefois être incités à veiller à ce que tous les pays aient accès à un vaccin en raison de l'immunité collective. "Pour contrôler le virus, nous avons besoin d'une immunité collective mondiale, donc entre 60% et 72% de la population doit être vaccinée", a déclaré à Insider Alison Copeland, professeur à l'Université de Newcastle. "On peut espérer que cela incitera suffisamment les pays les plus riches à apporter leur aide".

Version originale : Grace Dean/Insider

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