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Covid-19 : une 'maladie inexpliquée' provoque la suspension des essais du vaccin de Johnson & Johnson


Dix vaccins sont actuellement en phase 3 des essais cliniques. Quatre sont financés par la Chine, et autant par les Etats-Unis. © LuAnn Hunt/Pixabay

Après le candidat vaccin du groupe britannique AstraZeneca, également en phase 3, c'est au tour du laboratoire pharmaceutique américain Johnson & Johnson de suspendre son essai clinique. Et pour la même raison : une maladie inexpliquée chez l'un des participants. "Nous avons interrompu temporairement le dosage supplémentaire dans tous nos essais cliniques d'un vaccin expérimental contre le Covid-19, y compris l'ensemble de l'essai de phase 3, en raison d'une maladie inexpliquée chez un participant", a annoncé le groupe dans un communiqué, lundi 12 octobre.

Cette suspension entraîne la fermeture du système d'inscriptions en ligne pour recruter des participants dans le cadre de la phase 3 de l'essai, tandis que le comité indépendant pour la sécurité des patients a été saisi. Des événements indésirables graves sont "une composante attendue de toute étude clinique, spécialement les études d'ampleur", relativise Johnson & Johnson. Les protocoles en vigueur dans la compagnie prévoient la suspension d'une étude afin de déterminer si l'événement indésirable grave est lié au médicament évalué et s'il est possible de reprendre l'essai.

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Le recrutement de volontaires pour la phase 3 des essais cliniques de Johnson & Johnson avait débuté fin septembre, afin d'engager 600 00 participants sur plus de 200 sites aux Etats-Unis, et dans d'autres pays, ont annoncé le groupe et l'institut national américain pour la santé (NIH). Des essais se déroulaient également en Argentine, au Brésil, au Chili, en Colombie, au Mexique, au Pérou et en Afrique du sud.

Johnson & Johnson était ainsi devenu le 10e groupe dans le monde à conduire des essais de phase 3 contre le Covid-19, et le 4e aux Etats-Unis. Les Etats-Unis ont accordé quelque 1,45 milliard de dollars de financement à Johnson & Johnson, dans le cadre de l'opération de la Maison Blanche pour produire des vaccins, l'opération Warp Speed.

Johnson & Johnson utilise la même technique que pour son vaccin contre Ebola

Son candidat vaccin est basé sur une dose unique d'un adénovirus, responsable du rhume, modifié de telle sorte qu'il ne puisse se répliquer et combiné à une partie du coronavirus Sars-CoV-2 appelée protéine de pointe (ou "spike") que celui-ci utilise pour pénétrer dans les cellules humaines. Le laboratoire Johnson & Johnson avait eu recours à la même technique pour son vaccin contre la fièvre hémorragique Ebola, dont la commercialisation a été approuvée par la Commission européenne en juillet.

Dix vaccins sont actuellement en phase 3 des essais cliniques. Quatre sont financés par la Chine, et autant par les Etats-Unis. Alors que le Covid-19 a déjà fait plus d'un million de victimes dans le monde, l'OMS affirmait début septembre que le remède serait, au plus tôt, disponible à l'été 2021. "Il est peu probable de s’attendre à une vaccination généralisée avant le milieu de l’année prochaine", a expliqué la porte-parole de l’OMS, Margaret Harris, lors d’un point de presse à Genève. "Cette phase 3 doit prendre plus de temps car nous devons voir dans quelle mesure le vaccin est réellement protecteur et nous devons également voir dans quelle mesure il est sûr".

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