Que ce soit la NASA, SpaceX, la Chine ou encore les Emirats arabes unis, Mars semble être la planète de toutes les convoitises. La société spatiale d'Elon Musk prévoit un vol habité vers 2024, tandis que l'agence spatiale américaine se montre plus prudente en annonçant une mission avec équipage pour 2033. Pourtant, la planète rouge tant rêvée est loin de ressembler à un paradis terrestre : la température moyenne est de -60°C, et près des pôles, elle peut descendre à -125°C; l'air est composé majoritairement de dioxyde de carbone (à 95,32%); il y a des tempêtes de poussière rougeâtre d'oxydes de fer, des glissements de terre qui s'étendent sur des kilomètres, sans oublier l'exposition aux radiations cosmiques... 

"C'est un environnement bien plus hostile que l'Antarctique dans ses pires conditions, avec des températures encore plus froides, mais au moins, en Antarctique, il y a de l'oxygène", a indiqué à Business Insider France Dr Leo Metcalfe, responsable des opérations scientifiques d'ExoMars au Centre d'astronomie spatiale européenne (ESAC) de l'Agence spatiale européenne (ESA). Et d'ajouter : "vous serez également exposés aux phénomènes solaires extrêmes comme les tempêtes solaires (éjections de masse coronale). Vous n'y êtes pas exposés sur Terre, car vous êtes protégés par le champ magnétique et une atmosphère plus dense."

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En attendant que les défis technologiques, économiques et politiques soient relevés pour entreprendre un voyage sur Mars, les rovers de la NASA — Spirit, Opportunity, Curiosity — ainsi que les différentes sondes — Viking, Mariner, Mars Global Surveyor, Mars Express, Mars Orbiter Mission —, ont pu nous offrir un aperçu des paysages de la planète rouge et des lieux qui pourraient être intéressants de visiter lorsque l'on pourra y faire du tourisme — en scaphandre et en combinaison spatiale.

Cratères, canyons, montagnes... 

"Contrairement à la Terre, Mars n'a pas de continents au sens géologique, car il n'y a pas de plaques tectoniques, et bien sûr, il n'y a pas d'océans pour isoler les masses terrestres", a expliqué Dr Leo Metcalfe, même si les noms donnés aux différentes régions de Mars peuvent être trompeurs. Ces derniers proviennent principalement des cartes de Mars réalisées entre 1877 et 1886 par l'astronome italien Giovanni Schiaparelli. Le scientifique pensait que les plaines les plus pâles recouvertes de poussière et de sable riches en oxydes de fer rougeâtres correspondaient à des "continents" martiens, d'où les noms Arabia Terra ou Amazonis Planitia. Les parties sombres étaient considérées comme des mers d'où les noms Mare Erythraeum, Mare Sirenum... 

Cratères, volcans, canyons... 20 lieux à voir sur Mars si l'on pouvait déjà y faire du tourisme

Carte des différentes régions de Mars. Wikimedia Commons

Aujourd'hui, s'il fallait dessiner une carte de Mars très simplement, Leo Metcalfe le ferait ainsi : "je décrirais Mars comme je peux l'observer via un télescope. On peut voir un disque avec des parties sombres et claires, avec un grand triangle correspondant à Syrtis Major, un grand cercle qui serait Hellas Planitia, des calottes polaires et des formes de nuages".

Dans l'ensemble, les paysages sur Mars sont des déserts de roches, des terrains plats, des montagnes, des canyons ou encore des cratères. Mais il reste encore des régions inexplorées sur la planète rouge, notamment sous sa surface. "En orbite, nous avons pu voir des entrées dans des cavernes ou grottes souterraines. Le rover Rosalind Franklin de la mission européenne ExoMars 2020 va d'ailleurs creuser à environ deux mètres de profondeur à la recherche d'eau souterraine, d'eau piégée dans des minéraux par exemple", a détaillé Dr Leo Metcalfe.

En attendant les prochaines découvertes concernant la géographie martienne, voici 20 sites sur Mars qui valent le détour lorsque l'on pourra y faire du tourisme. 

Amazonis Planitia — Sur cette plaine basse, qui est l'une des plus lisses de la planète, on peut observer des tourbillons de poussière. La longueur de l'ombre du tourbillon de poussière indique que le panache de poussière atteint plus de 800 mètres de hauteur.

Tourbillon de poussière dans la région Amazonis Planitia. NASA/JPL-Caltech/University of Arizona

Source : NASA

Dôme de Tharsis — Il s'agit d'un vaste soulèvement volcanique d'environ 5 500 km de diamètre situé dans l'hémisphère Ouest de Mars et s'élève de 4 à 8 km au-dessus du niveau de référence. On trouve dans cette région une douzaine de volcans notables dont les trois volcans formant Tharsis Montes. Le nom Tharsis signifie "la terre à l'extrémité occidentale du monde connu".

Dôme de Tharsis sur Mars. NASA/JPL-Caltech/USGS

Source : NASA

Olympus Mons — Il s'agit tout simplement du plus grand volcan et de la plus haute montagne du Système solaire. Il culmine à près de 22 000 mètres au-dessus de la surface de référence de Mars.

ESA/DLR/FU Berlin (G. Neukum)

Noctis Labyrinthus ("labyrinthe de nuit") — Cette région "se distingue par son système labyrinthique de vallées profondes aux parois abruptes", a commenté Dr Leo Metcalfe de l'ESA. "Des images prises en orbite les montrent remplies de nuages de vapeur à l'aube", a-t-il ajouté. 

Mosaïque d'images prises par l'orbiteur Viking 1 de Noctis Labyrinthus. NASA

Le grand système de canyons Valles Marineris — Ce système de canyons est plus grand que le Grand Canyon aux Etats-Unis et est situé à proximité de l'équateur de Mars.

La sonde Mars Express a photographié la partie sud de Valles Marineris, appelée Eos Chasma. ESA/DLR/FU Berlin (G. Neukum)

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Coprates Chasma — Comme Coprates Catena, ce canyon fait partie de l'ensemble Valles Marineris. Il s'agit du canyon individuel le plus long du système, avec une largeur de 200 km et une longueur de 900 km. 

Les canyons de Coprates Chasma sur Mars. NASA/ JPL-Caltech/ Arizona State University

Arsinoes Chaos — Ce terrain chaotique, qui se trouve à l'extrême Est du système de canyons Valles Marineris, est probablement lié à de grands chenaux d'écoulement creusés par l'eau qui ont débuté dans cette région et se sont écoulés vers le nord. 

La région d'Arsinoes Chaos, qui se trouve à l'extrême Est du système de canyons Valles Marineris sur Mars. NASA/JPL-Caltech/Univ. of Arizona

Source : NASA

Dunes du cratère Matara — Les ravins des dunes de sable comme ceux du cratère Matara, sont très actifs, avec de nombreuses coulées au cours des dix dernières années. Les débits se produisent généralement en présence de gel saisonnier.

Ondulations des dunes martiennes comme celles du cratère Matara. NASA/JPL-Caltech/Univ. of Arizona

Source : NASA

Cratère Endurance à Meridiani Planum — Un cratère visité par le rover Opportunity du 30 avril au 13 décembre 2004. Cette image montre le champ de dunes au fond du cratère. On remarque que les crêtes des dunes ont accumulé plus de poussière que les flancs et les surfaces planes entre elles.

Cratère Endurance sur Mars. NASA/JPL/Cornell

Source : NASA

Cratère Victoria à Meridiani Planum — Ce cratère, d'environ 800 mètres de diamètre, est connu car c'est là où le rover Opportunity avait passé plus de 14 mois sur Mars. Sa profondeur est d'environ 75 mètres.

Cratère Victoria sur Mars. NASA/JPL-Caltech/University of Arizona/Cornell/Ohio State University

Source : NASA

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Cratère Proctor à Noachis Terra — Les zones sombres sont des dunes de sable basaltique, accumulé au fond du cratère Proctor. Ce dernier fait 150 km de diamètre et est situé dans les hautes terres du Sud de Mars.

Cratère Proctor. NASA/JPL/University of Arizona

Source : NASA

Nili Patera à Syrtis Major — C'est une région de migration active du sable et d'érosion du paysage. Au cours d'un peu moins de deux années terrestres, les dunes ont migré avec des différences de position de quelques mètres dans certaines zones et les ondulations à la surface des dunes ont subi tellement de changements qu'il est impossible de les suivre de façon fiable.

Nili Patera. NASA/JPL-Caltech/Univ. of Arizona

Source : NASA

Nili Fossae à Syrtis Major — Il s'agit d'un vaste système de failles à la surface de Mars, plutôt riche en minéraux. On y a découvert la présence d'argiles riches en fer et en magnésium, d'olivine et de carbonate de magnésium. 

Nili Fossae. NASA/JPL-Caltech/Univ. of Arizona

Les pyramides d'Elysium à Elysium Planitia — Il s'agit de collines ressemblant à des pyramides découvertes lors du survol de la région par la sonde Mariner 9 en 1972. Plus tard, d'autres structures pyramidales ont été observées dans la région de Cydonia Mensae, où se trouve le fameux "visage de Mars" (voir plus bas).

Structure en forme de pyramide sur Mars. Viking 1/ NASA

Cratère Gale à Aeolis Mensae — Il s'agit d'un cratère d'environ 155 km de diamètre, reconnaissable grâce à son imposant monticule central baptisé "Mont Sharp" avant d'être renommé "Aeolis Mons".

Cratère Gale. NASA/JPL-Caltech/ESA/DLR/FU Berlin/MSSS

Source : NASA

Près du fond du monticule, on trouve des couches de minéraux argileux. Au-dessus de ces couches argileuses, on observe des couches contenant du soufre et des minéraux oxygénés. C'est aussi là où le rover Curiosity de la NASA a atterri le 6 août 2012. 

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Le 'visage martien' à Cydonia Mensae — La sonde Viking 1 survole Mars le 25 juillet 1976 et prend en photo ce "visage", perçu comme un indice de l'existence possible d'une civilisation martienne. En 2006, la sonde Mars Global Surveyor prend de nouveaux clichés et met fin à ce mythe. Le fameux "visage de Mars" est en fait un relief résiduel allongé au-dessus duquel se succèdent quelques sommets érodés.

Le Mars Reconnaissance Orbiter a capturé cette image d'une mesa érodée rendue célèbre par sa ressemblance avec un visage humain dans une image prise par Viking 1 avec une résolution beaucoup plus faible. NASA/JPL/University of Arizona

Calotte polaire Sud — Pendant l'hiver, les températures près des pôles Nord et Sud sont si basses (environ -125°C) que le dioxyde de carbone de l'atmosphère se condense sous forme de glace, à la surface. L'été, il se sublime, ce qui crée de puissants vents soufflant jusqu'à 400 km/h aux pôles.

Photo du pôle Sud prise par ExoMars. ESA

La calotte polaire Sud a été photographiée le 17 avril 2000 par la sonde Mars Global Surveyor. De gauche à droite, elle mesure environ 420 km.

Calotte polaire Nord — Dans l'hémisphère Nord, le dioxyde de carbone sous forme de glace disparaît pendant l'été, ce qui n'est pas le cas dans l'hémisphère sud où une partie demeure.

Calotte polaire Nord sur Mars. NASA/JPL-Caltech/MSSS

Sur cette image prise par Mars Global Surveyor en mai 2010, on voit la calotte polaire riche en glace (la zone blanche presque circulaire au centre) qui s'étend sur environ 1 000 kilomètres. A droite du centre, on peut voir le grand canyon appelé "Chasma Boreale", qui semble fendre la calotte glaciaire. Chasma Boreale a à peu près la même longueur que le Grand Canyon aux Etats-Unis et fait 2 kilomètres de profondeur. 

Source : NASA

Cette animation montre l'évolution du dioxyde de carbone sous forme de glace au pôle Nord (à gauche) et au pôle Sud (à droite) au cours d'une année martienne, ce qui équivaut à deux années terrestres. 

Source : NASA

Cratère au pôle Nord — Les cratères polaires sont différents des autres cratères martiens. Celui-ci a une forme non-circulaire et abrite une plaque de glace alors qu'il est entouré d'un terrain ayant perdu sa couche de glace. Il est possible que la glace à l'intérieur soit protégée par l'ombrage des parois du cratère.

Cratère dans le pôle Nord de Mars. NASA/JPL-Caltech/Univ. of Arizona

Source : NASA

Dunes de sable basaltique au pôle Nord — Le pôle Nord est entouré d'une vaste "mer" de dunes de sable basaltique. Celles-ci ressemblent aux barkhanes — ces dunes que l'on trouve généralement dans les régions désertique sur Terre en forme de croissant allongé dans le sens du vent.

Dunes de sable au pôle Nord sur Mars. NASA/JPL-Caltech/Univ. of Arizona

Source : NASA

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