Download_on_the_App_Store_Badge_FR_RGB_blk_100517

Les ciseaux génétiques censés révolutionner le monde médical en corrigeant des maladies rares auraient un effet secondaire plus qu'indésirable

Les ciseaux génétiques censés révolutionner le monde médical en corrigeant des maladies rares auraient un effet secondaire plus qu'indésirable
© Wikimedia Commons/Hiroshi Nishimasu

L'outil de modification de gènes baptisé "CRISPR-Cas9" est censé révolutionner la santé, en permettant de corriger des maladies génétiques rares telles que la myopathie de Duchenne, qui provoque une dégénérescence progressive de l'ensemble des muscles du corps.

Cette technique, mise au point après 30 ans de recherche et également appelée "ciseaux génétiques", permet de cibler une zone spécifique de l'ADN, de la couper puis d'introduire la séquence ADN que l'on souhaite.

Mais cet instrument pourrait provoquer un effet indésirable grave chez les patients opérés: l'augmentation par inadvertance du risque de cancer, selon deux nouvelles études publiées par la revue scientifique Nature Medicine, repérées par Sciences&Avenir.

Les scientifiques de l'Institut Karolinska et de l'Université d'Helsinki ont constaté que la production d'une protéine appelée "p53" — qui active la réparation de l'ADN quand il est endommagé ou provoque le suicide cellulaire quand il est irréparable — est stimulée après l'utilisation de Crispr-Cas9.

Mais "en choisissant des cellules qui ont réparé avec succès le gène endommagé que nous avions l'intention de réparer, nous pourrions par inadvertance également choisir des cellules sans p53 fonctionnelle. Une fois transplantées chez un patient, de telles cellules pourraient donner lieu à un cancer, ce qui soulève des préoccupations pour la sécurité des thérapies géniques basées sur Crispr", a développé Emma Haapaniemi, du département de médecine de l'Institut Karolinska, l'une des auteurs de l'étude.

Ce nouveau risque mis en évidence par les chercheurs vient s'ajouter à deux autres: celui de mutations non-désirées — le fait que les ciseaux génétiques coupent des bouts d'ADN non-ciblés et causent des mutations non-souhaitées — et le risque inflammatoire.

Sans oublier que la technique Crispr-Cas9 soulève une autre grande peur d'ordre éthique: celle qu'elle soit utilisée pour manipuler le génome humain à souhait — pour améliorer les capacités physiques ou intellectuelles de l'homme — et que ces changement s'inscrivent définitivement dans le génome des générations à venir.

Découvrir plus d'articles sur :