Stevan Keraudy, Erwan Keraudy et Matthieu Finiasz, les co-fondateurs de CybelAngel. CybelAngel

La startup française CybelAngel, spécialisée dans la cybersécurité, vient de lever 10 millions d'euros auprès de Serena Capital et Bpifrance pour décrocher des contrats avec des grandes entreprises américaines et institutions financières, soucieuses de ramener en leur sein des documents égarés sur internet.

CybelAngel travaille déjà avec plusieurs entreprises du CAC 40 comme Sanofi ou LVMH.

Fondée en 2013 par Erwan Keraudy, son frère Stevan et Matthieu Finiasz, Cybel Angel avait levé 3 millions d'euros en 2016 pour explorer les possibilités commerciales du marché américain.

L'entreprise scanne le web — ses 4,3 milliards d'adresses IP —, le dark web et les objets connectés et trouve tous les jours plus d'un milliard de documents non protégés. La couche d'intelligence artificielle de CybelAngel donne un score à ces documents, les classant de "confidentiels" à très critiques. 

Dans un contexte où les fuites des données se multiplient — de Yahoo à Google en passant par Facebook — Business Insider France a profité d'un passage en France d'Erwan Keraudy, installé à New York depuis trois mois, pour lui demander quelle était sa méthode pour protéger son entreprise.

"Nous sommes dans une économie de partage en ligne. A ce titre, aucune donnée n'est sécurisée. Tout est piratable pour peu que quelqu'un ait du temps et de l'argent."

"Il y a quand même une règle qui peut permettre de limiter les fuites: ne pas multiplier les canaux d'échanges d'information. Souvent ce n'est pas l'entreprise qui est responsable mais un intermédiaire, un prestataire, etc, qui a téléchargé un document sur un serveur mal protégé."

Interrogé sur sa manière de se protéger au quotidien, le Brestois de naissance, diplômé de l'ESCP Europe, nous a révélé ce qu'il avait mis en place dans son entreprise pour limiter les piratages potentiels:

"Nous avons un cloud privé, des clés USB sécurisés pour se connecter aux applications, des écrans de confidentialité sur nos ordinateurs et smartphones, et même un coffre fort dans lequel les équipes rangent leurs ordinateurs en partant le soir."

Au quotidien, Erwan Keraudy utilise également l'application Signal qui permet de passer des appels sécurisés et un double facteur d'authentification avec une clé physique. "Le login et le mot de passe, c'est fini", tonne le dirigeant.

D'ici à 18 mois, la startup, qui compte 70 salariés aujourd'hui, planifie d'embaucher une centaine de personnes, dont plus de 40 personnes — essentiellement dans les départements ventes et marketing —  aux Etats-Unis. Il sera alors temps de faire un nouveau tour de table beaucoup, plus important et certainement avec des fonds américains cette fois-ci.

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