REUTERS/Carlos Barria

Initiée par la France, la taxation des géants du numérique tels que Google, Amazon, Facebook et Apple en Europe, continue de faire polémique alors que le temps presse. Le ministre de l'Economie français Bruno Le Maire milite pour que le projet — qui doit être adopté par l'ensemble des 28 Etats-membres — soit voté avant le 31 décembre pour qu'il ne tombe pas à l'eau avec les élections européennes de mai prochain.

Ce texte prévoit une taxe transitoire à 3% sur le chiffre d'affaires réalisé en Europe par les entreprises affichant un chiffre d'affaires annuel supérieur à 750 millions d'euros au niveau mondial et un revenu annuel de plus de 50 millions d'euros dans l'UE. Selon les calculs de la Commission, cette taxe générerait des recettes fiscales de 5 milliards d'euros par an.

Mais la nouvelle déclaration d'un ministre danois ne devrait pas rassurer le ministre français qui ne cesse depuis des semaines de battre le rappel auprès de ses homologues en appelant à la "justice fiscale" et à "la souveraineté économique européenne".

En marge d'une réunion des ministres des Finances de l'UE, le Danois Kristian Jensen, a ainsi déclaré ce mardi 6 novembre 2018 que ce projet était une mauvaise idée car il craint des représailles de la part des États-Unis à l'image du conflit ouvert par Donald Trump avec la Chine.

"Bien sûr, il y aura une réaction des États-Unis (...) Cette proposition suggère de générer une taxe supplémentaire, qu'il y ait un bénéfice ou non. Ce n'est pas la bonne voie à suivre", a déclaré Jensen à la presse, citant les répercussions possibles sur les entreprises des secteurs automobile et pharmaceutique qui réalisent des ventes importantes en Amérique du Nord.

Le Danemark fait partie du groupe des pays opposés à ce projet comme l'Irlande, la Finlande, la Suède et la République tchèque qui militent pour une solution plus globale au niveau de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Les opposants ont reçu la semaine dernière le soutien d'entreprises de la tech européennes,  fournissant des arguments supplémentaires pour rejeter ce dispositif. Dans une lettre ouverte, les dirigeants de 16 entreprises — dont Spotify, Zalando et Booking — ont fait part de leur préoccupation au sujet de cette taxe,  car "elle causerait un préjudice matériel à la croissance économique et à l'innovation, à l'investissement et à l'emploi dans toute l'Europe".

L'Allemagne, qui avait dès le départ soutenu la proposition française, semble depuis plus réservée, évoquant lui aussi les menaces que font peser les Etats-Unis sur ses exportations. Le ministre français des Finances Bruno Le Maire, qui a besoin du soutien de son partenaire, a confirmé ce 45 novembre qu'aucune solution n'avait été trouvée entre les deux pays.

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