Mark Zuckerberg devrait ouvrir les portes de Facebook. En tout cas, c'est la demande des députés européens. REUTERS/Charles Platiau/File Photo

L'audition de Mark Zuckerberg devant le Parlement européen en mai 2018 suite au scandale de Cambridge Analytica avait laissé un goût amer — les nombreuses questions des élus n'ayant pas suscité de réponses ou incomplètes de la part du patron du réseau social.

Les députés européens ont décidé de ne pas en rester là.

A l'occasion d'une résolution adoptée ce jeudi 25 octobre 2018 en plénière, ils ont demandé hier un audit complet de Facebook par "les organes de l'Union européenne" afin de "protéger la vie des citoyens", peut-on lire dans un communiqué.

Parallèlement, les députés affirment que Facebook a "enfreint le droit de l'Union". Ils recommandent au réseau social "d'apporter des modifications à sa plateforme afin de se mettre en conformité avec la législation européenne sur la protection des données", le fameux RGPD.

Ils demandent "instamment" au géant de la tech de permettre à l'Union européenne "de réaliser un audit complet en vue "d'évaluer la protection des données et la sécurité des informations à caractère personnel des utilisateurs".

Cette demande n'est pas législative et n'est pas contraignante, nous a confirmé le Parlement européen. Facebook n'est donc pas obligé d'ouvrir ses portes aux agences européennes qui pourraient effectuer ce travail.

Le message est avant tout politique, à six mois des élections européennes.

Derrière ce dossier, et la protection de la vie privée, les élus du Parlement européen s'inquiètent plus largement de l'utilisation de telles données dans le cadre de manipulation électorale à l'instar des élections américaines de 2016 et du Brexit.

Ils disent qu'il y a "urgence" à "contrer toute tentative de manipulation" de ce rendez-vous électoral et "d'adapter les législations électorales à la nouvelle réalité numérique".

Voici leurs propositions concrètes:

  • l'application de garanties électorales conventionnelles "hors ligne", telles que des règles sur la transparence et des seuils en matière de dépenses, le respect de périodes de silence et le traitement égal des candidats;
  • une reconnaissance facile des publicités politiques payées en ligne et de l'organisation qui en est à l'origine;
  • une interdiction du profilage à des fins électorales, notamment l'utilisation de comportements en ligne qui peuvent révéler des préférences politiques;
  • que les plateformes de médias sociaux identifient le contenu partagé par les bots, accélèrent le processus de suppression des faux comptes et coopèrent avec des vérificateurs de faits indépendants et des universitaires afin de lutter contre la désinformation;
  • des enquêtes menées par les États membres, si nécessaire avec le soutien d'Eurojust, sur les allégations d'utilisation abusive de l'espace politique en ligne par des puissances étrangères.

Cette initiative européenne intervient après plusieurs épisodes de fuites de données chez le Facebook — du scandale Cambridge Analytica qui concernait 87 millions d'utilisateurs jusqu'au piratage de quelque 29 millions de comptes sur le réseau social fin septembre. L'entreprise vient d'être condamnée à une amende de 500.000 livres (565.397 euros) par le Commissariat à l'information du Royaume-Uni, suite à l'affaire de Cambridge Analytica.

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