Des actionnaires de Nissan accusent son patron d'avoir couvert Carlos Ghosn

Carlos Ghosn, ancien président de Nissan. REUTERS/Regis Duvignau

Carlos Ghosn ne fait plus partie du conseil d'administration de Nissan. Les actionnaires du constructeur automobile japonais, réunis en assemblée générale extraordinaire, ont choisi de révoquer l'ancien président du groupe, lundi 8 avril. Une décision qui intervient quelques jours seulement après une nouvelle arrestation de Carlos Ghosn à Tokyo, en raison de soupçons d'enrichissement personnel au détriment de Nissan. Son ancien bras droit, Greg Kelly, accusé d'avoir aidé Carlos Ghosn à minorer ses revenus chez le constructeur nippon pendant de nombreuses années, a aussi été révoqué.

A l'inverse, le nouveau président de Renault, Jean-Dominique Senard, a vu sa nomination en tant qu'administrateur de Nissan approuvée par le conseil. Dans une atmosphère tendue, le directeur général de Nissan, Hiroto Saikawa, s'est excusé devant les quelque 4 100 actionnaires rassemblés, pour "les inquiétudes et troubles importants" provoqués par l'arrestation en novembre de Carlos Ghosn et l'enquête qui a suivi. Toutefois, ces déclarations n'ont pas suffi à certains actionnaires, qui se demandent comment la direction du constructeur a pu ignorer les agissements de l'ancien patron franco-libanais.

"La situation semble aller plus loin qu'il n'y paraît sur la base des informations dont on dispose", a par exemple déclaré l'actionnaire Roberto Montoya, rapporte Reuters. "Je suis très méfiant et la plupart des gens le sont", a-t-il ajouté.

D'autres actionnaires de Nissan, détenu à 43,4% par Renault, sont allés plus loin, estimant qu'Hiroto Saikawa avait été discrédité pour avoir fait partie d'une équipe de direction qui n'a pas eu "assez de courage" pour s'opposer à Carlos Ghosn, rapporte l'agence Nikkei. "Les membres actuels de la direction portent aussi d'importantes responsabilités sociales et morales. Tous devraient démissionner en masse", a déclaré un actionnaire, selon Asahi. "Les bénéfices des actionnaires ont été dégradés en raison de l'inconduite (de Carlos Ghosn)", a estimé un autre, précise également le quotidien japonais.

Vers une évolution de la gouvernance

Hiroto Saikawa a indiqué que Nissan envisageait de réclamer des dommages et intérêts à Carlos Ghosn et qu'il n'était pas question de lui verser des indemnités de rupture. Il a aussi expliqué qu'il ne quitterait pas son poste tant que Nissan n'aura pas retrouvé de la stabilité. "Ce n'est pas un problème que nous pourrons régler du jour au lendemain. Nous devons accomplir la tâche (d'améliorer la gouvernance) et préparer l'entreprise pour les prochaines étapes, puis passer le flambeau de la direction", a-t-il déclaré, selon Reuters.

Des mesures spécifiques visant à réformer la structure de gouvernance de Nissan devraient être discutées lors de l'assemblée générale annuelle des actionnaires prévue en juin, afin  notamment de réduire les pouvoirs du président du groupe et d'établir une séparation claire entre les fonctions exécutives et de surveillance.  

En attendant, Carlos Ghosn nie toujours les multiples accusations à son encontre. Et sa femme Carole a quitté le Japon vendredi soir, de peur d'être à son tour arrêtée alors que les procureurs de Tokyo souhaitaient qu'elle soit auditionnée. Ils soupçonnent Carlos Ghosn d'avoir fait transiter une partie des sommes qu'il aurait détourné via une société dont sa femme est l'une des dirigeantes, dans le but d'acheter un yacht et un bateau.

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