Des actionnaires réclament à Mark Zuckerberg de quitter la présidence de Facebook

Mark Zuckerberg. REUTERS/Aaron P. Bernstein

Mark Zuckerberg a dû faire face à une flopée de critiques ce jeudi 31 mai 2019, l'exhortant à abandonner la direction de Facebook, lors d'une réunion des actionnaires houleuse pendant laquelle le PDG de 34 ans et son équipe dirigeante ont balayé les appels aux changements de management, tout en promettant de faire mieux. Plusieurs participants ayant pris la parole lors de la réunion annuelle ce jeudi ont critiqué Mark Zuckerberg pour les fake news et les contenus toxiques repérés sur le réseau social, et lui ont demandé s'il était enclin à introduire des changements potentiels, tels que rétrograder de son poste de président du conseil d'administration et démanteler l'entreprise. Les réponses aux deux propositions ont été négatives.

Mark Zuckerberg a réitéré son appel en faveur de réglementations publiques pour remédier à ce qu'il appelle des problèmes sociétaux impliquant un discours politique acceptable et la sécurité des données personnelles. "Le pouvoir de décision des entreprises à ce sujet doit être limité", a déclaré Mark Zuckerberg. Mais il a esquivé les tentatives visant à le tenir comme responsable et a contourné les injonctions des actionnaires à modifier son propre rôle.

Lorsqu'un actionnaire a demandé à Mark Zuckerberg s'il accepterait de démissionner de son poste de président du conseil et de renoncer à ses actions majoritaires qui lui confèrent le contrôle prépondérant de la société, Mark Zuckerberg s'est lancé dans des remarques sur l'importance des réglementations gouvernementales. Lorsque l'actionnaire a tenté de ramener Mark Zuckerberg à la question, le modérateur a annoncé que chaque personne devait se limiter à une question et passer à autre chose.

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Un autre actionnaire a insisté en demandant à s'adresser à Susan Desmond-Hellmann, principale administratrice indépendante de Facebook, pour lui demander si elle comptait convoquer une assemblée extraordinaire afin de remplacer Mark Zuckerberg à la présidence. "La réponse est non. Je n'ai pas l'intention de convoquer une telle réunion et, comme indiqué dans la procuration, ce n'est pas la direction vers laquelle nous voulons mener la société", a répondu Susan Desmond-Hellmann.

Une liste de huit propositions d'actionnaires, dont plusieurs cherchaient à limiter le pouvoir de Mark Zuckerberg, a été rejetée. C'est sans surprise, étant donné que Mark Zuckerberg contrôle la majorité des voix, étant actionnaire majoritaire. Un décompte complet des votes, attendu dans quatre jours, fournira une aperçu plus détaillé du niveau de mécontentement ou de soutien pour Mark Zuckerberg parmi les actionnaires.

'Mon quartier est devenu dangereux'

Cette réunion intervient au moment où Facebook est attaquée des deux parts du spectre politique. Des critiques, dont plusieurs candidats à la présidentielle, ont affirmé que Facebook, en tant que propriétaire d'Instagram et de l'application de messagerie WhatsApp, est trop puissante. Plusieurs appels ont été lancés pour dissoudre la société, notamment de la part du cofondateur de Facebook, Chris Hughes.

Facebook compte 2,7 milliards d'utilisateurs qui utilisent un ou plusieurs de ses produits tous les mois et 2,1 milliards d'utilisateurs se servent de l'un de ses services chaque jour, a déclaré la société ce jeudi. 

Arielle Cohen. REUTERS/Stephen Lam

Arielle Cohen, une participante qui a pris la parole à la réunion, a déclaré qu'elle appartenait à la synagogue Tree of Life de Pittsburgh, attaquée par un homme armé qui a tué 11 personnes en octobre. "Nous en avons assez des excuses", a-t-elle déclaré. "Facebook représente à bien des égards, mon quartier", a déclaré Cohen, qui s'est décrite comme une millennial qui a grandi avec internet. "Dirigé par Mark Zuckerberg et Sheryl Sandberg, mon quartier est devenu dangereux."

Une autre participante, vêtue d'un sweat à capuche et portant l'inscription "Men are Trash" ("Les hommes sont des déchets" en anglais), a reproché à l'entreprise de laisser les racistes s'exprimer librement sur le réseau social alors qu'elle répertorie les vêtements vendus par son entreprise comme "discours haineux". Leur vente est dont interdite via Facebook.

Certains participants conservateurs ont eux aussi critiqué Facebook pour avoir poussé la société à mettre en œuvre des politiques garantissant la "diversité idéologique" des employés. Citant un ingénieur véhément de Facebook parti en 2018 après avoir critiqué le réseau social pour son intolérance vis-à-vis des points de vue non libéraux, le participant a affirmé que Facebook censurait les voix conservatrices — une revendication soutenue par le président Donald Trump. "Facebook serait beaucoup moins susceptible de faire preuve de partialité à l'encontre des conservateurs si la société avait quelques personnes de droite aux postes de pouvoir", a déclaré le participant, bien qu'il a reconnu que Peter Thiel était un supporter de Donald Trump et siégeait au conseil d'administration de Facebook.

Version originale : Business Insider/Alexei Oreskovic

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