Des Américains fuient leur pays pour éviter de rembourser leurs prêts étudiants

Criblés des dettes liées à leurs prêts étudiants, des Américains ont trouvé le moyen d’y échapper temporairement. Émigrés au Japon, en Inde ou encore en France, ils sont plusieurs à avoir quitté les États-Unis pour éviter les mesures de recouvrement de leur gouvernement. Repérés par les enquêteurs de la chaîne de télévision CNBC, ils expliquent leur choix d’exode sur des groupes Facebook ou des forums du site communautaire Reddit.

En cas de défaut de remboursement d’un prêt et à la demande des banques, le gouvernement fédéral américain a pour habitude de prélever les sommes dues directement sur les salaires des débiteurs ou en gelant leurs remises d’impôt. Mais une fois que ces derniers franchissent la frontière et partent travailler à l’étranger, l’opération devient impossible. Cette fuite des emprunteurs n’entraîne pas pour autant l’évanouissement de leur dette. Au contraire, leurs intérêts ne vont cesser d’augmenter, renforcés par des indemnités de retard de plus en plus importantes, leur faisant également courir le risque d’un procès, estime Joshua Cohen, avocat spécialisé dans la dette étudiante.

Une dette à plus de 1500 milliards de dollars

« J’aimerais pouvoir rentrer aux États-Unis sans avoir peur ». Contacté par CNBC, cet emprunteur a fui l’Amérique pour le Japon après avoir échoué à rembourser son prêt malgré plusieurs emplois cumulés. Phénomène de masse touchant plus de 42 millions d’Américains, la crise de la dette étudiante est l’un des enjeux des prochaines élections présidentielles outre-Atlantique. La sénatrice démocrate Elizabeth Warren, candidate à la succession de Donald Trump en 2020, a proposé de taxer plus durement les milliardaires pour effacer les 1500 milliards de dollars de dette déjà contractée. Selon plusieurs économistes, si aucune décision majeure n’est prise d’ici 2023 pour aider au remboursement, près de 40% des étudiants feront défaut sur leur dette, une situation risquant de mettre en péril l’ensemble de l’économie mondiale.

Version Originale : Allana Akhtar / Business Insider US

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  1. AZIZ

    Ce système d'endettement lourd des étudiants n'a aucun avenir et n'est pas fiable en plus d’être injuste.
    C'est inconcevable qu'un étudiant soit endetté lourdement alors que l'Etat américain sera le premier à bénéficier de cette investissement. Ces étudiants auront dans leurs vies professionnelles à investir les compétences acquises dans l'économie américaines, c'est a dire les entreprises, c'est à dire ces patrons de grands groupes, ces milliardaires au bout de la chaîne qui récolteront la richesse qui sera produite par ces étudiants. IL est donc plus rationnel que cest à ces grands groupes de supporter ces dettes qui ne devraient même pas exister. A part si le rationnel et le bons sens soient un barbarisme pour pour les grands bénéficiaires du travail de ces pauvres étudiants

  2. Pascal Petit

    Quid des enfants myopathes et de leurs familles ? Novartis a acheté l'année dernière le laboratoire AveXis pour 8,7 MILLIARDS de dollars parce que celui-ci avait réussi à mettre en place un processus industriel sur un médicament efficace contre la myopathie, le Zolgensma (au passage, AveXis a pu racheter pour 15 MILLIONS d'euros un brevet nécessaire détenu par Généthon, la "culbute du siècle" selon le canard enchainé du 5 juin19). Novartis a annoncé la couleur: le traitement pour un seul enfant sera aux USA de 2,1 millions de dollars! Généreux, le laboratoire propose des paiements sur 5 ans.....

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