La compagnie aérienne indonésienne Lion air a signalé avoir trouvé des fissures sur le "pickle fork" de deux Boeing 737, cette partie de l'avion permettant de lier les ailes au fuselage et censée gérer les contraintes et les forces aérodynamiques, selon le Sydney Morning Herald. Une découverte effectuée alors que les avions n'avaient pas encore atteint la durée de service nécessaire à une inspection obligatoire. 

C'est en septembre dernier que Boeing a découvert pour la première fois qu'un composant de certains avions montrait des signes de dommages dus à la tension plus tôt que prévu, ce qui a amené l'agence américaine de l'aviation (FAA) à ordonner aux compagnies aériennes d'inspecter les 737 Next Generation, ou 737 "NG", qui avaient effectué un certain nombre de vols. L'ordre exigeait que les 737 NG ayant volés plus de 30 000 fois soient inspectés dans la semaine, et que les avions ayant effectué plus de 22 600 vols soient inspectés au cours des 1 000 vols suivants. Mais, selon le Sydney Morning Herald, les deux avions de Lion Air ont effectué moins de 22 000 vols.

On estime qu'une cinquantaine de 737 ont été immobilisés dans le monde entier

Ce problème de fissures avait déjà amené la compagnie aérienne australienne Qantas à immobiliser au sol trois de ses avions pour réparation après avoir trouvé les mêmes fissures. Quant aux compagnies aériennes sud-coréennes, elles ont immobilisé au sol neuf de leurs avions à réaction après cette découverte, a rapporté Reuters. D'après l'AFP, jusqu'à 50 de ces avions ont été cloués au sol dans le monde entier. Boeing, les organismes de réglementation et les compagnies aériennes soutiennent qu'il n'y a aucun risque pour la sécurité. Les avions sont conçus pour voler même en cas d'endommagement du "pickle fork" grâce à des dispositifs de sécurité supplémentaires, selon Stephen Fankhauser, expert en aviation de l'Université de Technologie de Swinburne en Australie, cité par l'AFP.

Deux accidents mortels ont impliqués le 737 Max, nécessitant de clouer au sol toute la flotte

Le problème du "pickle fork" sur le 737 NG n'a rien à voir avec la crise actuelle concernant le 737 Max, la nouvelle génération d'avions à réaction de Boeing. Depuis l'accident mortel impliquant un 737 Max détenu par la compagnie Ethiopian Airlines, le 10 mars dernier, les appareils du monde entier ont été immobilisés. Ce deuxième accident avait fait 157 morts. En octobre 2018, un 737 max piloté par Lion Air s'est abimé peu après son décollage de Jakarta, faisant 189 morts. Au total, 346 personnes ont été tuées dans les deux accidents.

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Le Boeing 737 NG - qui comprend les versions 737-600, -700, -800 et -900 - est l'épine dorsale des flottes commerciales dans le monde, avec plus de 7 000 appareils vendues. Dans un communiqué, Boeing a déclaré qu'il "regrette l'impact que ce problème a sur nos clients du 737 NG dans le monde entier" et a affirmé qu'il travaillait pour soutenir les clients affectés. Ni Lion Air ni la FAA n'ont immédiatement souhaités faire de commentaires.

Version originale : David Slotnick / Business Insider US 

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