Des CV d'employés de Huawei ont révélé des liens avec le gouvernement et des espions chinois

L'entreprise chinoise Huawei a été placée sur liste noire par le département du commerce américain. REUTERS/Kacper Pempel

Une nouvelle étude, qui a analysé les CV d'employés de Huawei, suggère que les liens entre l'entreprise chinoise et les agences militaires et de renseignements chinoises pourraient être encore plus profonds qu'on pouvait le penser jusqu'à présent. Le chercheur Christopher Balding, de la Fulbright University Vietnam, a traité des données provenant d'une série de plus de 590 millions de CV chinois qui ont été mis à jour sur Internet l'an dernier afin de dénicher ces liens.

Avec l'aide de trois chercheurs du think-tank britannique de droite, la Henry Jackson Society, il a parcouru cette masse de données pour trouver les CV des employés de Huawei. Après avoir pris un sous-ensemble de 65 000 CV, les chercheurs ont trouvé environ 25 000 CV appartenant à des ex-employés ou des salariés encore en fonction de Huawei. Les experts ont ensuite cherché des mots-clés comme "armée populaire de libération". A partir de là, ils ont restreint davantage la liste à environ une centaine d'individus ayant une expérience en matière de sécurité nationale.

La possible relation entre Huawei et les agences étatiques chinoises explique pourquoi le gouvernement américain a affirmé que Huawei constituait une menace en termes de sécurité nationale. Les Etats-Unis maintiennent que Huawei fournit au gouvernement chinois des portes dérobées technologiques à des fins d'espionnage. Huawei a réfuté ces accusations et son patron Ren Zhengfei a dit en mars dernier qu'il préférerait fermer l'entreprise au lieu de faire de l'espionnage pour le compte du gouvernement

Ingénieur en R&D chez Huawei tout en travaillant pour le ministère de l'Intérieur

Le chercheur Christopher Balding a présenté trois profils de CV qu'il a trouvés dans un article publié en ligne, même s'il les a modifiés pour que les identités des individus décrits ne soient pas révélées. Un profil concerne un ingénieur en R&D, qui travaillait en même temps comme représentant du ministère de l'Intérieur. 

Selon le chercheur Christopher Balding, cet ingénieur "aurait intégré une technologie ou un logiciel sur des produits Huawei permettant de capter des informations". Il a également travaillé sur des projets nationaux et internationaux de "construction d'une capacité d'interception légale dans l'équipement Huawei".

Son étude n'est pas exhaustive et, dans un article de blog répondant à des critiques concernant son travail, Christopher Balding a déclaré que ce n'est pas censé être un document universitaire. Christopher Balding a déclaré qu'il n'avait pas entrepris d'étude plus approfondie parce que les décideurs publics ont besoin d'informations sur Huawei maintenant.

"Dans un monde idéal, nous prendrions de six à 12 mois pour réaliser une étude approfondie et complète. La réalité, c'est que les pays prennent actuellement des décisions cruciales concernant Huawei", a-t-il écrit.

L'étude intervient un peu plus d'une semaine après que le président américain Donald Trump a annoncé qu'il assouplissait l'interdiction du gouvernement sur Huawei. Même si le travail du chercheur Christopher Balding ne constitue pas une preuve concrète que Huawei est un substitut du gouvernement chinois, il est susceptible de raviver les inquiétudes à la Maison-Blanche et au-delà.

Business Insider US a sollicité Huawei pour des commentaires, mais est resté sans réponse. L'entreprise a répondu au Financial Times qu'elle n'était pas en mesure de vérifier les "CV des employés de Huawei", ajoutant : "Nous espérons que tout autre article de recherche contiendra moins de conjectures quand il tirera des conclusions." Dans une déclaration au Telegraph, le groupe Huawei a précisé qu'il "ne travaille pas sur des projets militaires ou de renseignements pour le gouvernement chinois".

Version originale : Isobel Asher Hamilton/Business Insider

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