Des chercheurs veulent limiter le changement climatique en rejetant plus de CO2 dans l’atmosphère

Actuellement, 196 pays ont pour objectif, sur le long terme, de limiter l'augmentation des températures moyennes mondiales à moins de 1,5 degré Celsius, selon l'Accord de Paris sur le climat. Un nombre d'études alarmantes suggèrent que les conséquences pour les écosystèmes à travers le monde seraient dévastatrices et que le temps est compté pour limiter l'impact du changement climatique. 

Alors que la pression sur les gouvernements s'est intensifiée ces dernières années, certains politiques, comme le président américain Donald Trump, semblent incapables de percevoir que le changement climatique se produit maintenant alors que d'autres sont bien trop lents à réagir. Aujourd'hui, le rythme auquel les émissions en dioxyde de carbone se réduisent n'est guère prometteur. 

Le Mercator Research Institute on Global Commons and Climate Change a estimé qu'il ne restait que huit ans et demi avant que nous franchissions le seuil des 1,5 degré Celsius d'augmentation des températures moyennes mondiales. Le dioxyde de carbone est au centre de l'attention lorsque nous pensons à la lutte contre le changement climatique, car il est souvent considéré comme le principal responsable de l'accélération de la hausse des températures.

Au lieu de continuer de se focaliser sur la réduction des niveaux de dioxyde de carbone, Rob Jackson de l'université de Stanford et son équipe de recherche travaillent sur une nouvelle manière de réduire l'effet de serre — et cela implique la production de davantage de dioxyde de carbone.

Des chercheurs veulent limiter le changement climatique en rejetant plus de CO2 dans l’atmosphère

Greta Thunberg. Getty Images

Le méthane est le deuxième gaz mis en cause dans le changement climatique après le dioxyde carbone. Le gaz est rejeté principalement par le secteur agricole, le bétail et des sites d'enfouissement, ainsi que par l'extraction et le transport des combustibles fossiles.

Alors que le niveau de méthane dans l'atmosphère est bien moins élevé que celui du dioxyde de carbone, le méthane est 82 fois plus dangereux pour le climat que le dioxyde de carbone au cours des vingt années suivant son rejet. 

Ainsi, la transformation de méthane en dioxyde de carbone pourrait, au moins temporairement, désamorcer la crise climatique. "Je suis enthousiasmé par ce projet parce que nous avons l'occasion de rendre l'atmosphère telle qu'elle était et de donner aux gens une raison d'espérer en l'avenir", a déclaré Rob Jackson dans une vidéo sur YouTube. 

Dans Nature Sustainability, Rob Jackson explique qu'en théorie, une sorte de grand ventilateur complexe pourrait être utilisé pour filtrer le méthane présent dans l'atmosphère. Ce méthane serait ensuite converti en dioxyde de carbone à l'aide d'un processus chimique nécessitant de la chaleur et des zéolithes microporeuses.

L'idée de Jackson, pour l'instant, est très théorique, mais une fois mise en pratique, la méthode pourrait apporter d'énormes améliorations en termes de changement climatique. Il est possible que la teneur en méthane de l'air soit réduite à des niveaux préindustriels, et seulement huit milliards de tonnes de dioxyde de carbone seraient libérées — n'oubliez pas que si cela semble beaucoup, les humains peuvent produire cette quantité en à peine quelques mois, et que le dioxyde de carbone libéré serait beaucoup moins nocif pour le climat.

"La conversion du méthane serait probablement plus coûteuse par tonne que des émissions négatives pour le dioxyde de carbone et son coût et sa rentabilité potentiels demeurent incertains, mais cela pourrait avoir une valeur économique et climatique supérieure parce que le méthane est un gaz à effet de serre qui a une grande importance", ont dit les chercheurs.

Version originale : Alexandra Hilpert/ Business Insider Deutschland

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : Il existe une équation à résoudre qui vaut 1 M$ et dont la résolution peut aider les recherches sur le changement climatique

13 Commentaires

  1. Charentas

    Et si on arrêtait de manger de la viande de vache ? Elle n'est pas nécessaire pour un bon équilibre alimentaire.
    Moins de consommation, donc moins d'élevages, donc moins de méthane. Et c'est simple.

    • Yves

      Un peu réducteur comme commentaire. L'immense majorité des vaches sont élevées pour la production de lait... Après de nombreuses années de production, elles sont orientées vers la filière viande.
      Non le vrais problème c'est l'Homme et la surpopulation. Il faut revenir au niveau de population mondiale de l'époque pré-industriel. C'est simple !

      • Charentas

        Consommer moins de viande... et de lait animal. « En diminuant de 20 % la production de CH4 par les ruminants d’élevage, il serait possible d’obtenir une réduction de l’effet de serre de l’ordre de 0,50 %. » (https://www.agrireseau.net/agroenvironnement/documents/chouinard.pdf)
        Ce serait toujours ça. Mais bien sûr, les solutions ne manquent pas pour nous, simples citoyens. Bannir si possible l'avion, moins utiliser sa voiture, etc etc

    • policier

      C'est aussi simple qu'absurde.
      Les vaches absorbent des tonnes de CO2 en mangeant des végétaux qui ont prélevé leco2 dans l'atmosphère.
      Arrêter de manger de la viande c'est arrêter des productions végétales qui prélèvent des tonnes de CO2 et le transforment en carbone organique. Le carbone c'est la vie.
      Les yakafokon demeurent des primates ,même quand ils croient tenir un raisonnement, et à ce titre feraient mieux de rester à leur place.cest à dire vivre au sein de la nature sans vouloir agir dessus.

      • fournet

        Ces végétaux sont produits que les vaches les consommes ou non; par ailleurs ce sont les végétaux qui convertissent les carbone minérale en organique. Sérieusement!!!!

      • fournet

        Ce sont les végétaux qui convertissent les carbone minéral en carbone organique et non les vaches. Par ailleurs ces végétaux sont produits que les vaches les consomment ou non. Sérieusement absurde!!!!!!!!

      • Charentas

        Houlà ! Mangez moins de viande, vous serez sans doute moins agressif… et peut-être plus réfléchi.
        Les plantes, dont l’herbe, absorbent le CO2. Nul besoin des vaches. Par contre, la digestion des vaches produit une fermentation qui crée du méthane, qu’elles expulsent en rotant. Et le méthane contribue bien plus au réchauffement climatique que le CO2 (d’où cet article de Business Insider).
        En France, l'agriculture est responsable de 21% des émissions de gaz à effet de serre et l'élevage bovin est responsable à lui seul de plus de la moitié de ces émissions, selon le centre d'étude de la pollution atmosphérique (Citepa).

  2. MICHEL HENRY

    continuons à produire du CO2 car c'est le gaz de la vie , de notre vie , malheureusement bientôt nous n'en produirons plus car dans deux siècles environ on n'aura plus de matières fossiles
    en revanche limitons les émanations de soufre et d'autres gaz et métaux vraiment toxiques comme auyssi les déchets des terres rares pour faire fonctionner les voitures électriques et les moulins à vents

  3. Jako 09

    Bizarre cet article: 1CH4 +2O2donne1CO2+2H2O + 37 kJ/L de gaz . Donc il suffit de faire brûler le méthane en utilisant la chaleur pour récupérer de l'énergie. Le problème c'est plutôt de savoir comment on fait pour le capter (???)

  4. Serret

    Et les Shadocks pompaient... pompomania...
    Capter le méthane dans l'air va nécessiter de l'énergie et donc... des émissions de CO2 puisque 85% de l'énergie primaire est fabriquée à partir d'énergies fossiles... émettre du CO2 pour réduire les émissions de CO2... brillante idée !...
    Par contre, on sait que 400 millions de tonnes de CH4 (Méthane) anthropique (d'origine humaine) sont émises tous les ans dont 300 millions seraient valorisables avant de partir dans l'atmosphère.
    Le problème c'est que ce méthane n'est pas seul mais chargé de composants divers et variés qu'il faut enlever car ils détruisent les moteurs à combustion interne.
    Ce nettoyage de ce méthane coûte fort cher et le seuil économique de rentabilité est élevé puisqu'il faut des gisements supérieurs à 250 m3/h de méthane.
    Hors il s'agit de millions de petits gisements inférieurs à 200 m3/h disséminés, donc non valorisables car économiquement non rentables.
    Regrouper ces gisements nécessite du transport de déchets ou du gaz, transport émetteur de CO2... donc effet Shadock...
    La solution : le projet NegaCarbOne que j'essaie de lancer qui propose un micro-générateur à combustion externe ne nécessitant aucun prétraitement du méthane et pouvant fonctionner à partir de 4 m3/h de méthane voir moins par intermittence.
    Rendre attractif la captation du méthane grâce à ce générateur à combustion externe transformant en électricité et chaleur (cogénération) n'importe quelle source de méthane fatal, sans aucune condition de qualité du méthane.
    Le problème : le financement du prototype, 3 millions €uros.
    Hubert SERRET hubert.serret@negacarbone.earth

  5. SERRET

    PS : la valeur d'équivalence tCO2eq (eq = équivalent) à 100 ans actuelle date des accords de Kyoto de 1997 :
    21 tCO2eq/tCH4 à 100 ans
    Le GIEC a révisé cette valeur à 28 tCO2eq/tCH4 à 100 ans en 2014.
    En décembre 2016, le CICERO (Norvège) et l'univesité de Reading ont revu cette valeur à 32 tCo2eq/tCH4 à 100 ans.
    Mais, ces valeurs ne tiennent pas compte des rétroactions du méthane (Pergélisol/permafrost et clathrates de méthane).
    Ces valeurs sont fixées sur la durée de vie du CO2 de 100 ans alors que le méthane n'a une durée de vie que de 10 ans.
    Par ailleurs, ces valeurs ne tiennent pas compte de la fermeture pérenne d'une émission de méthane.
    Des chercheurs français du GIEC ont calculés ses 2 impacts sur la durée de vie du méthane à 10 ans, des rétroactions, de la fermeture pérenne d'une source d'émission de méthane.
    J'ai actualisé leurs valeurs compte tenu des travaux récents du CICERO et de l'Université de READING:
    En réalité, l'impact du méthane à 10 ans (sa durée de vie réelle) en terme d'équivalent CO2 en tenant compte des rétroactions et de le fermeture pérenne d'un gisement de méthane (via sa valorisation en électricité de proximité) permet de réduire directement de 128 tCO2eq/tCH4 à 10 ans soit 4 à 6 fois plus que les valeurs actuelles choisies sur la durée de vie du CO2 à 100 ans, sans tenir compte des rétroactions ni de le fermeture pérenne d'une émission de méthane.
    À noter qu'il existe en plus un effet indirect : l'effet de substitution du méthane aux énergies fossiles utilisées pour produire de l'électricité dont 38% provient du charbon, le plus gros émetteur de CO2.
    L'objectif du projet NegaCarbOne c'est de concevoir et fabriquer un outil qui va rendre attractif tous les millions de petits gisements de méthane.

  6. SERRET

    PS2 ! : si on prend la valeur de 128tCO2eq / tCH4 à 10 ans en terme de PRGP (Potentiel de Réchauffement Global Pérenne) avec les rétroactions, alors on se rend compte qu'en valorisant seulement 50% des émissions de méthane valorisable soit 150 millions de tonnes de CH4 on pourrait réduire de plus de 60% les émissions de CO2 à 10 ans et rester en dessous une hausse de 2°C des températures (pour 1,5°C c'est trop tard compte tenu des émissions de 2018, nous serons au-dessus).
    En effet, le GIEC estime qu'il nous reste environ 12 ans, or la durée de vie du méthane étant de 10 ans, c'est le seul levier permettant de freiner aussi rapidement, dans un temps aussi court, pour éviter une hausse des températures de 2°C.
    150 millions de tonnes de CO2/an * 128 tCO2eq/tCH4 à 10 ans = 19,2 milliards de tCO2 / 32 milliards d'émissions de CO2 dues aux énergies fossiles = 60%
    Hubert SERRET hubert.serret@negacarbone.earth

  7. SERRET

    Houps erreur de frappe : 150 millions de tonnes de CH4/an * 128 tCO2eq/tCH4 à 10 ans = 19,2 milliards de tonnes de CO2 / 32 milliards de tonnes de CO2 émises par les énergies fossiles = 60% des émissions actuelles
    Hubert SERRET hubert.serret@negacarbone.earth

Laisser un commentaire