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Des élus républicains ont accusé les GAFA de conspirer contre Donald Trump pendant l'audience antitrust

Des élus républicains ont accusé les GAFA de conspirer contre Donald Trump pendant l'audience antitrust
Rep. Jim Jordan © Leah Millis/Reuters

Un comité de la Chambre des représentants aux Etats-Unis a organisé une audition très attendue mercredi 29 juillet, dont le but officiel était d'interroger les PDG les plus puissants du monde pour déterminer si les entreprises de la tech ont trop de pouvoir ou non sur le marché et s'ils ont violé les lois antitrust. Au lieu de les questionner sur ce sujet, plusieurs élus républicains ont profité de l'audience historique pour diffuser des théories du complot et accuser les entreprises de la tech de travailler secrètement à miner la campagne de réélection du président Donald Trump.

Le représentant de l'Ohio à la Chambre, Jim Jordan, l'un des plus fidèles chiens d'attaque de Trump au Congrès, s'est particulièrement emporté. Au cours de l'audition, Jim Jordan a demandé à Sundar Pichai, DG d'Alphabet, s'il pouvait "assurer aux Américains" que Google n'utiliserait pas ses fonctionnalités pour donner à l'ancien vice-président Joe Biden, candidat démocrate à la présidence pour 2020, un avantage sur Donald Trump lors des élections présidentielles.

Sundar Pichai a affirmé que Google est "totalement non partisan" et ne favorise pas un candidat par rapport à un autre lors des élections.

Une fois que Jim Jordan a terminé de poser ses questions, la représentante démocrate de Pennsylvanie, Mary Gay Scanlon, s'est levée et a déclaré : "J'aimerais attirer votre attention sur la loi antitrust plutôt que sur les théories du complot marginales".

Jim Jordan s'est emporté contre sa collègue en disant : "Nous avons le mail", probablement en référence à un email qui a été divulgué à Fox News dans lequel l'ancien responsable du marché multiculturel de Google exprime son soutien à l'augmentation de la participation électorale de la population latino aux Etats-Unis.

D'autres législateurs présents dans la salle d'audience ont ensuite commencé à crier sur Jim Jordan et à lui dire que son temps était écoulé, tandis que le président du comité, le député David Cicilline du Rhode Island, a frappé à plusieurs reprises avec son marteau pour faire taire Jim Jordan et rétablir l'ordre.

Lorsque le député démocrate Jamie Raskin a hurlé à Jim Jordan de "mettre son masque", ce dernier a utilisé cette remarque pour parler d'une autre théorie de conspiration républicaine sur le "démasquage" du nom de l'ancien conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn dans les rapports des services de renseignement américains après l'élection présidentielle américaine de 2016.

Le représentant républicain de Floride Matt Gaetz s'exprime lors d'une commission judiciaire de la Chambre des représentants sur la loi H.R. 7120 "Justice in Policing Act of 2020", au Congrès américain le 17 juin 2020 à Washington, DC. Getty Images

À un autre moment, le représentant républicain de la Floride, Matt Gaetz, a utilisé une partie importante de son temps de questions pour interroger Sundar Pichai sur l'algorithme de recherche de Google et suggérer qu'il était conçu pour nuire aux conservateurs.

"Vous avez reconnu qu'il y a une partie manuelle dans la manière dont vous mettez du contenu sur liste noire, a déclaré Matt Gaetz à Sundar Pichai. Ce n'est pas un hasard si ce sont des sites comme Gateway Pundit, The Western Journal, American Spectator, Daily Caller et Breitbart qui reçoivent de la colère ou qui sont traités négativement."

Nombre des sites Internet mentionnés par Matt Gaetz sont connus pour leur propagande d'extrême droite et leur contenu conspirationniste.

"Les cibles manuellement ajoutées à la liste noire et que Google vise spécifiquement sont les sites qui soutiennent le président Trump, qui ont un point de vue conservateur", a déclaré Matt Gaetz, ajoutant qu'il pense que Google "se lance dans de l'ingérence électorale".

"Lorsque vous donnez du pouvoir à des individus, ces mêmes individus que Project Veritas [un groupe d'activistes d'extrême-droite] a dénoncé comme étant des terroristes qui disent "Make America great again" ou qui soutiennent le président... cela pourrait en fait être l'ingérence électorale qui nous préoccupe", a déclaré le représentant de la Floride au Congrès.

À un autre moment de l'audition de mercredi, le député Greg Steube, collègue de Matt Gaetz en Floride, a suggéré que YouTube, qui appartient à Alphabet, a retiré une vidéo promouvant l'hydroxychloroquine comme remède contre le coronavirus parce qu'il voulait censurer les opinions de droite.

"Hier, on m'a envoyé une vidéo sur YouTube où des médecins discutent de l'hydroxychloroquine et du fait que les enfants ne sont pas en danger lorsqu'ils retournent à l'école", a déclaré Greg Steube à Sundar Pichai. Il a ajouté que YouTube a depuis retiré la vidéo pour avoir violé les directives de la communauté, et il a demandé pourquoi cette vidéo avait été retirée alors que d'autres vidéos montrant de la violence sont restées en place.

Sundar Pichai a répondu que lorsque des vidéos faisant la promotion de traitements pour une maladie sont mises en ligne sur YouTube, en particulier pendant une pandémie, le site web s'en remet aux "autorités sanitaires locales" et aux Centres de contrôle et de prévention des maladies américains (CDC) pour vérifier si les allégations contenues dans la vidéo sont légitimes. Si une vidéo ne respecte pas les directives du CDC, a déclaré Sundar Pichai, elle est retirée.

Stephanie Keith/Getty Images

De nombreux législateurs républicains et le président américain ont fait la promotion de l'hydroxychloroquine comme remède potentiel pour le nouveau coronavirus, qui provoque une maladie connue sous le nom de Covid-19. Mais la Food and Drug Administration, l'autorité américaine de régulation des médicaments, a déterminé que le médicament anti-paludisme n'est pas un traitement efficace contre le coronavirus.

Les questions de Greg Steube sur ce médicament viennent également du fait que Donald Trump accuse les entreprises de réseaux sociaux de censure après que Facebook, Twitter et YouTube ont retiré des vidéos montrant une médecin texane controversée faisant la promotion de l'hydroxychloroquine comme remède contre le Covid-19.

Le législateur de Floride a également déclaré qu'un grand nombre des emails de sa campagne électorale étaient envoyés directement dans les dossiers de spam des utilisateurs et a laissé entendre que Gmail travaillait intentionnellement à le nuire.

Greg Steube s'est ensuite tourné vers Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, et a déclaré : "Je pense qu'à ce stade, il est assez évident que les plateformes technologiques ont étouffé les informations et les opinions conservatrices".

Le représentant républicain Jim Sensenbrenner du Wisconsin a également interrogé les PDG, et à un moment donné, il a interrogé Mark Zuckerberg à propos de la décision de Twitter cette semaine de suspendre temporairement le compte de Donald Trump Jr. après qu'il a partagé la vidéo de la médecin texane vantant l'hydroxychloroquine comme remède contre le coronavirus.

"Je n'en prendrais pas moi-même, mais il y a encore un débat sur son efficacité pour traiter ou prévenir le Covid-19", a déclaré Jim Sensenbrenner. "Je pense que ce à quoi vous faites référence s'est passé sur Twitter", a répondu Mark Zuckerberg, "donc c'est compliqué pour moi d'en parler."

Version originale : Sonam Sheth et Isabella Jibilian/Business Insider. Traduit de l'anglais par Albane Guichard.

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