Un export de soja vers la Chine devient le tout premier échange marchand à utiliser la blockchain

Gazprom fait partie d'un groupe d'entreprises d'échange dans le domaine de l'énergie expérimentant la technologie de la blockchain. REUTERS/Charles Platiau

  • Un export de soja des États-Unis vers la Chine a été effectué via une plateforme utilisant la blockchain. 
  • Des entreprises du secteur de l'énergie, dont Gazprom et Total, sont en train de tester un système basé sur la blockchain pour leurs échanges. 
  • Les essais et études de faisabilité ont souligné l'intérêt croissant qu'ont les entreprises pour la technologie de la blockchain initialement popularisée par le bitcoin.

Des entreprises du secteur de l'énergie et du négoce de matières premières ont annoncé de premiers pilotes et essais préliminaires des projets utilisant la technologie très médiatisée de la blockchain.

Un récent export de soja des États-Unis vers la Chine est devenu "la toute première transaction totalement agricole à utiliser la plateforme du blockchain", d'après un consortium de banques et de marchés impliqués. 

Cet échange était mené par deux groupes spécialisés dans le négoce de matières premières agricoles, Louis Dreyfus Company et Shandong Bohi Industry, ainsi que les banques ING, Société Générale et ABN Amro. 

Le groupement a dit dans un communiqué lundi 22 janvier que l'expédition avait été effectuée via la plateforme de blockchain Easy Trading Connect (ETC) développée par les banques, qui numérise des documents tels que des contrats de vente et des lettres de crédit. Le groupement a déclaré que la technologie avait divisé par cinq le temps consacré au traitement de documents. 

Dans le même temps, ce lundi 22 janvier, la société de blockchain canado-britannique BTL a annoncé que les entreprises de négoce d'énergie Eni Trading & Shipping, Total, Gazprom Marketing & Traiding, Mercuria, Vattenfall, Petroineos et Freepoint étaient toutes en train de tester leur technologie pour des règlements d'opération en back-office.

Si les deux projets sont encore en phase de test, ils soulignent l'intérêt croissant des entreprises pour la blockchain et le progrès mis en œuvre pour mener cette technologie vers un usage généralisé dans le commerce. 

BTL, qui a précédemment mis en œuvre des projets de négoce de gaz avec BP et consorts en utilisant la technologie de la blockchain, a dit que son dernier essai avait dégagé des recettes, sans préciser de montants. 

La blockchain expliquée

La technologie de la blockchain, aussi connue comme technologie "des registres distribués", a été d'abord popularisée par le bitcoin, cette monnaie virtuelle créée en 2009. Cette technologie permet de partager une base de données, ce qui signifie que tous les tiers ont accès à la même version. Elle repose sur une cryptographie complexe et une authentification de groupe pour contrôler la gestion des comptes. 

Cette technologie a été initialement développée afin d'éviter de passer par une banque centrale, pour le bitcoin, pour être utilisée en totale indépendance. Mais cette fonctionnalité offre une quasi infinité d'applications pour les autres industries et processus qui impliquent un intermédiaire de confiance ou une autorité centrale. 

Les banques et les commerces d'échanges sont particulièrement enthousiastes à l'idée d'adopter la blockchain, car avec son système de sécurité et ses vérifications fiables, ils peuvent se passer d'intermédiaire dans les procédures de règlement et compensations. Ainsi, les coûts sont réduits. Santander a estimé, dans un rapport datant de 2015 que cette technologie pourrait permettre aux banques d'économiser au moins 20 milliards de dollars

'Excitante et potentiellement perturbatrice'

Gonzalo Ramírez Martiarena, DG de Louis Dreyfus Company, a déclaré dans un communiqué lundi 22 janvier que: "les technologies de registre distribué [avaient] évolué rapidement, apportant plus d'efficacité et de sécurité dans nos transactions, et d'immenses avantages attendus par nos clients et tous les acteurs de la chaîne de fabrication en retour". 

Catherine Newman, directrice générale de l'infrastructure informatique mondiale et du service de prestation de Gazprom a dit que: "bien qu'il s'agisse d'étapes préliminaires pour l'heure, les démonstrations de faisabilité avec BTL [représentaient] une perspective excitante et potentiellement perturbatrice dans l'avenir proche". 

Philippe Chauvain, Vice président du contrôle des risques et de l'infrastructure informatique de Total a quant à lui, déclaré dans un communiqué: "Pour le moment, nous avons beaucoup entendu parler de la blockchain et de comment sa technologie pourrait transformer les procédures d'échange."

"Si elle s'avère fructueuse, cette initiative avec BTL pourra nous aider à minimiser les risques d'erreurs humaines et augmenter la rapidité dans le processus de rapprochement des transactions avec nos consorts". 

Ces deux projets mis en exergue ce lundi ne sont pas les seules initiatives prises dans le but d'amener la technologie de la blockchain à un usage généralisé. De grosses banques telles que la Deutsche Bank et HSBC travaillent main dans la main pour apporter la blockchain à la finance et Citi a investi une startup qui projette d'apporter la blockchain dans le marché des changes. Ce ne sont que deux exemples parmi tant d'autres.

Si les essais de BTL et l'échange de soja représentent un progrès en la matière, il reste encore du chemin avant que le blockchain ne se généralise. 

Martiarena de Louis Dreyfus Company a dit que: "la prochaine étape était d'exploiter ce potentiel dans le développement futur, grâce à l'adoption de normes communes, et d'accueillir une ère véritablement nouvelle dans la gestion des flux numériques, et ce à l'échelle mondiale". 

Version originale: Oscar Williams-Grut/Business Insider UK

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