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Des épidémiologistes américains vaccinés expliquent comment ils se protègent du variant Delta

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© Mikhail Japaridze/TASS/Getty Images
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Règle n° 1 chez l'épidémiologiste américaine Emily Gurley : ne pas paniquer. Alors que le variant Delta provoque un rebond épidémique dans plusieurs régions du monde, dont les États-Unis et la France — il représentait près de 92% des tests positifs dans l'Hexagone au 5 août, selon Santé Publique France —, la famille d'Emily Gurley ne s'est pas enfermée. Au lieu de cela, ils ont fait de petits ajustements dans leurs activités quotidiennes.

"Je demande à mes enfants de porter des masques partout", a déclaré à Insider Emily Gurley, qui travaille à la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health dans le Maryland. "Il y a peut-être un mois, la transmission était si faible ici. On pouvait aller au restaurant, manger à l'intérieur. Maintenant, je me dis : 'Hmm, il faut bien réfléchir. Manger dehors si possible. Si vous devez être à l'intérieur, mettez un masque.'"

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Bien que tous les membres de la famille Gurley soient entièrement vaccinés, les données des Centres de contrôle et de prévention des maladies américains (CDC) montrent que les vaccins ne préviennent pas l'infection ou la transmission aussi bien qu'avant l'arrivée du variant Delta. Les vaccins divisent toujours par huit le risque de contracter le Covid-19 et par 25 le risque d'hospitalisation ou de décès. Mais les CDC recommandent désormais que même les personnes vaccinées portent des masques dans les zones de forte transmission.

Insider a discuté avec quelques experts américains de la santé vaccinés pour savoir comment leur comportement avait changé depuis la publication de cette recommandation. La plupart n'avaient jamais cessé de porter des masques à l'intérieur. Certains évitent désormais les lieux intérieurs où des personnes non vaccinées peuvent être présentes. Mais ils n'annulent pas pour autant leurs projets de voyage.

Emily Gurley voit des amis et prévoit de prendre l'avion

AP Photo/LM Otero

Emily Gurley raconte que la majeure partie de sa vie sociale était centrée sur des rendez-vous en plein air avec des amis vaccinés.

"L'idée de se réunir avec des amis pour boire un verre avec des amis proches est très bonne, et nous l'avons fait — en particulier dans un contexte de faible transmission, ce qui est le cas depuis un certain temps là où je vis", a-t-elle déclaré.

Elle prévoit également de partir à l'étranger dans quelques semaines, ce qui nécessite un voyage en avion. "Je ne suis pas du tout insouciante à l'idée d'être infectée, et je veux prendre des précautions, mais à ce stade, je ne prévois pas d'annuler mon voyage", a déclaré Emily Gurley.

Elle évite les salles de sport, en particulier celles qui ne requièrent pas de masques. Emily Gurley a déclaré avoir lu trop de rapports faisant état de clusters de Covid-19 dans ces lieux.

Bob Wachter annule ses parties de poker et porte un double masque à l'intérieur

Lucy Nicholson/Reuters

Bob Wachter, le président du département de médecine de l'Université de Californie, à San Francisco, a tweeté la semaine dernière qu'il avait cessé de dîner à l'intérieur et d'assister à ses parties de poker habituelles avec ses amis, même si le groupe est vacciné. Bob Wachter n'a pas encore annulé de vols, mais il ne réserve pas de voyages facultatifs, a-t-il précisé.

Ces considérations reposent sur le fait que Bob Wachter a 63 ans et qu'il a reçu ses vaccins Pfizer en hiver.

Pfizer a déclaré le mois dernier que les anticorps produits par son vaccin peuvent commencer à diminuer au bout de six mois, même si le vaccin offre toujours une bonne protection contre les maladies graves. Le vaccin est également légèrement moins efficace contre le variant Delta : des études menées en Angleterre et en Écosse indiquent que le vaccin de Pfizer réduit le risque d'une infection symptomatique au variant Delta de 88 %, contre 95 % pour la souche originale.

Bob Wachter a donc déclaré qu'il avait recommencé à porter masque en tissu et un masque chirurgical à l'intérieur et à enfiler un masque FFP2 dans les avions. "Si j'ai été à l'aise avec le fait d'être à l'intérieur sans masque dans un endroit où je n'étais pas sûr que tout le monde était vacciné, je serai maintenant mal à l'aise", a-t-il déclaré à Insider en juin.

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Vivek Cherian évalue les écoles pour ses enfants en fonction de leur politique sanitaire

Carolyn Cole/Los Angeles Times via Getty Images

Vivek Cherian, médecin interne à Baltimore, a déclaré que toutes ses décisions visaient à protéger ses deux jeunes enfants, qui ne peuvent pas encore être vaccinés. Les enfants jouent à l'extérieur avec leurs camarades de classe, concède Vivek Cherian. Mais sa famille évite de se rendre au centre commercial, et lui et sa femme portent des masques dans tous les lieux publics intérieurs.

"Si je transmettais la maladie à mes enfants et qu'ils faisaient partie des malchanceux, franchement, ma femme et moi ne nous le pardonnerions jamais", a-t-il déclaré.

Leur famille prévoit de s'installer à Chicago prochainement, et ils sont donc à la recherche d'une école qui applique le même niveau de précaution. "Nous avions choisi une école, et tout d'un coup, j'ai eu l'idée de me renseigner sur la politique en matière de masques", a déclaré Vivek Cherian.

L'école l'a informé que les masques étaient une violation de l'autonomie des enfants. "Nous avons été choqués quand nous avons entendu cela", raconte Vivek Cherian. "Donc cette école est littéralement passée de notre choix n°1 à une école complètement hors liste".

Ruth Carrico évite les bâtiments mal ventilés

Tobias Hase/Picture Alliance via Getty Images

Ruth Carrico, professeure de maladies infectieuses à l'université de Louisville, fait attention à la circulation de l'air lorsqu'elle entre dans une pièce. "Si les portes ne sont pas ouvertes ou si l'air est étouffant, ce sont les bâtiments dans lesquels je me dis : 'Ce n'est pas pour moi. Nous n'allons pas nous réunir ici'", raconte-t-elle.

Ruth Carrico agit ainsi même si elle est entièrement vaccinée et quel que soit le nombre de cas quotidiens de Covid-19 dans sa région.

"Mes actions sont cohérentes parce que même si les taux sont faibles, lorsque j'interagis avec les gens, je peux toujours entrer en contact avec quelqu'un qui est soit malade et asymptomatique, soit malade et qui n'a pas encore commencé à présenter des symptômes", explique-t-elle. "C'est donc le risque de la maladie pour moi qui est le moteur".

Cela ne signifie pas qu'elle se cache tout le temps chez elle. Elle se réunit avec d'autres personnes vaccinées et fait ses courses à l'épicerie, dit-elle, mais elle porte un masque en public et se lave les mains fréquemment.

"J'ai perdu cinq personnes que je connais, qui étaient soit des travailleurs de la santé, soit des amis, qui ont contracté cette maladie et n'ont pas survécu", regrette Ruth Carrico. "L'impact de cette maladie est donc très réel pour moi".

Version originale : Aria Bendix/Insider

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