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Des experts financiers estiment qu'une récession mondiale 'est inévitable' alors que le pétrole et les Bourses s'effondrent


Des analystes mettent en garde contre une récession mondiale, ce lundi 9 mars, alors qu'un vent de panique sur les marchés, alimenté par le coronavirus, a entraîné une forte baisse des actions, des rendements obligataires et des prix du pétrole. Les contrats à terme sur l'or noir ont chuté de 26 %, enregistrant leur plus forte baisse depuis la guerre du Golfe en 1991, après que les pays de l'OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) n'ont pas accepté de réduire leur production de pétrole la semaine dernière. Les actions mondiales ont suivi la tendance générale, les places européennes chutent de plus de 6% ce matin et les échanges avant-Bourse à New York laissent présager d'une baisse de 5% du Dow Jones à l'ouverture du marché, à 14h30 heure de Paris.

Voici ce que disent les analystes financiers à propos de ce mouvement de vente des actions :

Nigel Green, directeur général et fondateur du groupe de conseils financiers deVere :

"Une récession mondiale est désormais presque inévitable cette année", estime-t-il.

"La plus forte chute du pétrole en une journée depuis la guerre du Golfe de 1991 a encore alimenté la chute des marchés boursiers mondiaux qui a commencé il y a quelques semaines, par crainte que le coronavirus ne nuise gravement à la croissance économique. Avec la combinaison des conséquences de l'impasse pétrolière et de l'épidémie, je crois maintenant qu'il est presque inévitable qu'il y ait une récession mondiale cette année."

Weekend alarmant et lundi noir

Neil Wilson, chief market analyst chez Markets.com :

"On se souviendra de cette journée comme d'un lundi noir. Si vous pensiez que cela ne pouvait pas être pire que ces 15 derniers jours, détrompez-vous. C'est un carnage total".

"Les actions ont été prises dans l'explosion de la bombe pétrolière. Il y a un risque de pertes sur les positions pétrolières qui doivent être couvertes en vendant par ailleurs — nous sommes dans un cercle vicieux. Les marchés actions ont un air affreux aujourd'hui et ce genre de mouvements est à craindre car ils peuvent conduire à un resserrement agressif du crédit qui peut se transformer en véritable détresse financière. Nous ne savons même pas quel type d'impact le coronavirus aura sur l'économie, mais les marchés obligataires et boursiers crient à la récession. Cela va nécessiter un effort budgétaire massif — réduire les taux de 50 points de base (référence aux taux de la Fed, la banque centrale américaine, ndlr) ne va pas suffire."

Connor Campbell, analyste financier chez Spreadex :

"Il y a eu beaucoup de mauvais jours depuis que le coronavirus a infecté les investisseurs. Pourtant, la session de lundi est d'un tout autre genre. En effet, les marchés européens subissent des pertes en une seule journée jamais vu depuis l'effondrement de la banque Lehman Brothers, ce qui fait de nouveau planer le spectre de la crise financière. C'est comme les achats de papier toilette et de haricots en conserve. Les gens ont peur."

"Plutôt que de donner aux investisseurs une chance de se calmer, un week-end rempli de titres alarmants n'a fait qu'attiser la panique. L'Italie envisage de placer 16 millions de personnes en quarantaine ; la France a interdit les rassemblements de plus de 1 000 personnes ; le Royaume-Uni a connu son troisième décès dû à la maladie ; et le nombre de cas aux États-Unis a atteint les 500."

Un carnage sur les marchés et pour les groupes pétroliers

Craig Erlam, senior market analyst chez OANDA Europe :

"Par où commence-t-on un jour comme aujourd'hui ? C'est un carnage absolu et il va falloir une énorme réaction de la part des décideurs politiques pour rétablir l'ordre."

"Comme si les décideurs politiques et les investisseurs n'avaient pas assez de mal à faire face à la propagation rapide et imprévisible du coronavirus, on leur a maintenant confié le problème supplémentaire de l'effondrement des prix du pétrole. À première vue, la chute des prix du pétrole en période de détresse économique ne semble pas être une mauvaise chose pour les consommateurs, mais les banquiers centraux, les producteurs de pétrole et les pays producteurs de matières premières ne sont peut-être pas du même avis."

Adam Vettese, analyste pour la plateforme de trading et de courtage eToro :

"C'est un effondrement des prix du pétrole à une échelle jamais vue depuis la guerre du Golfe. A moins d'un nouvel accord entre les Saoudiens, qui peuvent se débrouiller avec le pétrole à ce niveau-là, et la Russie, qui ne le peut pas, nous pouvons nous attendre à ce que les prix restent sous pression."

"Les répercussions sur les grandes compagnies pétrolières britanniques ont été brutales ce matin, les investisseurs étant paniqués. Il est difficile de voir ce sentiment changer à court terme."

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Russ Mould, directeur des investissements chez AJ Bell :

"De nombreux investisseurs ont attendu la capitulation (vente massive et précipitée des actions, ndlr) sur les marchés avant de penser à acheter en période de baisse. L'histoire montre que la capitulation est rapidement suivie par le désespoir et c'est potentiellement le meilleur moment pour acheter avant une reprise des marchés. La destruction du marché ce lundi pourrait suggérer que nous passons de la panique à la phase de capitulation dans le cycle des émotions liées à l'investissement."

Version originale : Spriha Srivastava/Markets Insider

Business Insider
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