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Des fonds saoudiens expliqueraient l'absence du PSG au sein de la Super Ligue, selon un quotidien allemand

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Des fonds saoudiens expliqueraient l'absence du PSG au sein de la Super Ligue, selon un quotidien allemand
Neymar, l'attaquant brésilien du PSG. © Aurelien Meunier - PSG via Getty Images
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À peine annoncé, le projet d'une Super Ligue réunissant 12 grands clubs du football européen s'est attiré les foudres aussi bien des supporteurs que des dirigeants de l'UEFA (Union des associations européennes de football), voire de personnalités politiques. Cette ligue fermée de clubs générant d'importants revenus — tout en étant très endettés et fragilisés par la crise — rappelle les enjeux économiques forts du monde du football aujourd'hui. Mais se cachent aussi derrière des enjeux géopolitiques.

Selon Süddeutsche Zeitung, l'un des plus grands quotidiens allemands, les milliards destinés à financer la Super Ligue ne provenaient pas de la banque new-yorkaise JP Morgan, ou tout au moins pas exclusivement. C'est un investissement initial de l'Arabie saoudite qui devait permettre le lancement de la compétition. Des fonds saoudiens expliqueraient ainsi en partie l'absence du Paris Saint-Germain parmi les 12 membres de cette ligue. Le club français est détenu par le Qatar, en conflit pendant trois ans et demi avec l'Arabie saoudite, qui est allé jusqu'à imposer un blocus commercial sur le pays avec ses alliés les Emirats arabes unis et le Bahreïn, plus tard rejoints par l'Égypte.

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Florentino Perez en contact avec l'Arabie saoudite

Doha refusait de s'aligner sur le positionnement diplomatique anti-Iran et anti-Frères musulmans de ces États, qui sont allés jusqu'à l'accuser de soutenir le terrorisme. Dans ce contexte, et bien que le blocus ait été levé en janvier 2021, le président du PSG, Nasser Al-Khelaifi, a marqué son opposition à la Super Ligue emmené par le président du Real Madrid, Florentino Perez. Le même qui négocie un contrat de 150 millions d'euros pour que son club fasse la promotion de Qiddiya, un mégaprojet de divertissement qui sera établi à Riyad, selon des documents consultés par The Times.

Le milliardaire Florentino Perez, également nommé président de la Super Ligue, a notamment fait fortune dans la construction immobilière. Les contacts commerciaux entre lui et l'Arabie saoudite auraient facilité le déblocage d'un financement de l'État du Golfe. Il n'a d'ailleurs pas abandonné le projet, assurant que la Super Ligue était juste "en stand-by". Les 12 clubs qui comptaient se lancer dans l'aventure auraient déjà déboursé des frais juridiques et en marketing pour le démarrage de la compétition, d'environ 50 millions d'euros, selon Süddeutsche Zeitung.

Un prêt de 3,98 milliards d'euros avait en outre été convenu le 17 avril avec JPMorgan, selon le texte d'une décision en référé rendue mardi par le tribunal de commerce de Madrid, rapporte l'AFP. La banque américaine a depuis reconnu qu'elle avait "mal évalué" ce projet et ses conséquences, sans préciser explicitement si elle a coupé les ponts avec la Super Ligue, qui prévoyait un versement initial de 3,5 milliards d'euros à se partager entre les 12 clubs fondateurs.

Veiller aux intérêts de Gazprom

Autre preuve, s'il en fallu une, que l'affaire revêt aussi une forte dimension géopolitique, et pas seulement sportive et économique : le patron de Chelsea, le milliardaire russe Roman Abramovitch, aurait reçu lundi un message sans équivoque de Moscou, selon lequel la Super League n'était pas dans l'intérêt de la patrie. Il faut dire que Gazprom, le plus grand conglomérat russe, majoritairement détenu par l'État, est l'un des grands sponsors de la Ligue des champions organisée par l'UEFA.

Gazprom est aussi propriétaire du Zénith Saint-Pétersbourg, et compte bien voir son club continuer à participer aux compétitions européennes, quand la Super Ligue pourrait lui fermer ses portes.

Enfin, hors de question pour Boris Johnson, Premier ministre d'un Royaume-Uni sorti de l'Europe, de voir la Premier League brusquement fragilisée par l'apparition d'une telle ligue. Le projet n'est peut-être pas encore totalement enterré, mais il ne manquera pas de susciter de violentes oppositions s'il devait revenir sur la table, dans le monde du ballon rond comme dans les sphères politiques.

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