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Des franchisés attaquent Fnac-Darty pour avoir été empêchés de vendre pendant le confinement

Des franchisés attaquent Fnac-Darty pour avoir été empêchés de vendre pendant le confinement
© Getty Image/Bloomberg

"Rien ne devait permettre permettre à Darty d'empêcher les franchisés de s'adonner à la prise de commandes et à la livraison". C'est pour cette raison principale que le groupement des franchisés Darty, qui représente 85% des adhérents et 140 des 202 magasins en franchise de l'enseigne, a décidé d'assigner en justice le groupe Fnac Darty. Ces mots figurent dans l'assignation que LSA s'est procurée, après que l'info ait fuité par le biais de l'Officiel de la franchise. L'objectif de la démarche ? Obtenir un dédommagement de la part de leur franchiseur. Si aucune discussion n'est ouverte et aucun accord trouvé d'ici là, une audience aura lieu au Tribunal de commerce de Paris le 10 septembre prochain.

La première cause du litige porte sur l'attitude du groupe Fnac Darty pendant le confinement. Après la fermeture des magasins "non essentiels" le 15 mars, tous les points de vente Darty ont fermé leurs portes. Or, pour les franchisés, ils auraient pu continuer à fonctionner quand même via notamment un système de commandes et de click & collect. Voire même d'ouvrir puisqu'ils faisaient partie des activités qui avaient le droit de continuer malgré le confinement, selon l'arrêté pris par le gouvernement. Un réel manque à gagner pendant plusieurs semaines a donc pesé dans les comptes des franchisés, selon eux.

L'enseigne se défend et explique qu'elle a proposé aux franchisés de faire du click & collect dès le 2 avril. "Le 6 avril, 31 magasins avaient décidé d'en faire et à partir du 24 avril, certains ont ouvert", se défend Michel Fleys, directeur commercial et développement de la franchise chez Fnac Darty, cité par LSA.

12,7 millions d'euros de dommages et intérêts demandés

Mais les griefs des franchisés à l'initiative de l'assignation en justice du groupe ne s'arrêtent pas là. Ils déplorent la concurrence des corners Darty dans deux hypermarchés Carrefour, qui ont eux continué de vendre pendant la période. "Celui de Bonneuil a réalisé un chiffre d'affaires de 456 000 euros et celui de la Ville du Bois un chiffre d'affaires de 890 000 euros, soit 62% de plus qu'à la même période de 2019", dénonce le texte de l'assignation.

Autre problème, toujours selon le groupement des franchisés, le "développement de manière exponentielle des ventes du groupe sur Internet" qui se seraient fait "au mépris des intérêts de ses partenaires". Darty aurait en effet doublé ou même triplé les ventes en lignes de certains de ses produits pendant la période de confinement, comme les ordinateurs, les imprimantes ou encore les congélateurs. Les plaignants demandent donc des dommages et intérêts d'un montant de 12,7 millions d'euros. Pour Fnac Darty, le sujet de l'attribution du chiffre d'affaires web aux magasins n'existe pas puisqu'il ne figure pas dans le contrat de franchise proposé par le groupe.

Dernier point de friction pour les plaignants, les délais de paiement demandés aux franchisés. "Le groupe Darty a imposé à ses franchisés des modalités exorbitantes tenant à un paiement à la commande, alors que la trésorerie des franchisés se trouve asséchée par la fermeture" détaille l'assignation. En précisant : "vos franchisés ont besoin aussi d'être aidés et leur refuser des délais de paiement aurait pour conséquence de les contraindre à solliciter la protection d'une procédure collective".

La demande et l'obtention d'un Prêt Garanti par l'État (PGE) de 500 millions d'euros par le groupe Fnac Darty a également été soulignée par les franchisés associés à la plainte contre leur franchiseur. Si aucun accord n'est trouvé cet été, le rendez-vous est pris pour le 10 septembre devant le tribunal.

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