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Des images étonnantes de Jupiter et de sa Grande Tache rouge saisies par deux télescopes

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Des images étonnantes de Jupiter et de sa Grande Tache rouge saisies par deux télescopes
Trois images de Jupiter dans différents types de lumière : infrarouge (à gauche), visible et ultraviolet (à droite). © International Gemini Observatory/NOIRLab/NSF/AURA/NASA/ESA, M.H. Wong and I. de Pater (UC Berkeley) et al.

Jupiter a fière allure dans toutes sortes de lumières. Une série d'images publiées mardi 11 mai montre la planète en lumière infrarouge, visible et ultraviolette. Cette combinaison révèle la fameuse Grande Tache rouge caractéristique de Jupiter — une tempête cyclonique suffisamment grande pour engloutir la Terre — avec d'étonnants détails. Cette tempête, dont le nom scientifique est Oval BA, apparaît en bas à droite de la Grande Tache rouge sur les images en lumière visible et ultraviolette.

Les astronomes ont pu photographier l'atmosphère de Jupiter dans ces différentes longueurs d'onde de lumière, en utilisant à la fois une caméra sur le télescope spatial Hubble de la NASA et un imageur infrarouge sur le télescope Gemini Nord à Hawaï. Les images ont été capturées pour la première fois le 11 janvier 2017.

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De telles photos peuvent aider les chercheurs à glaner de nouvelles informations sur les super-tempêtes, les points chauds et les cyclones qui définissent l'atmosphère orageuse de la géante gazeuse.

La Grande Tache rouge est criblée de trous

Cette vue infrarouge de Jupiter a été créée à partir de données capturées le 11 janvier 2017 par l'observatoire Gemini à Hawaï.  International Gemini Observatory/NOIRLab/NSF/AURA, M.H. Wong (UC Berkeley) et al. Acknowledgments: M. Zamani

L'image infrarouge de Jupiter montre que la couverture nuageuse de la Grande Tache rouge est pleine de trous. La chaleur de la surface de la planète s'échappe dans l'atmosphère par ces trous. En lumière visible, les trous ressemblent à des bandes de nuages différents et plus sombres, mais l'image infrarouge confirme qu'il n'y a pas de nuages dans ces zones plus sombres. Ce ne sont que des trous dans la tempête géante.

"C'est un peu comme une citrouille", a déclaré l'année dernière Michael Wong, un scientifique planétaire de l'Université de Californie à Berkeley. Il a participé à la production de la nouvelle image infrarouge de Jupiter et pense que le visage tacheté de la Grande Tache rouge pourrait être expliqué par des courants de vent tourbillonnants. "L'analogie la plus proche est celle des tourbillons dans l'océan", a-t-il expliqué dans un communiqué. "Lorsque les nuages d'orage tournent, vous pouvez obtenir de petites anomalies de ces tourbillons qui forment des stries en s'enroulant simplement."

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Cette image de Jupiter en lumière visible a été créée à partir de données capturées par une caméra du télescope spatial Hubble le 11 janvier 2017. NASA/ESA/NOIRLab/NSF/AURA/M.H. Wong and I. de Pater (UC Berkeley) et al. Acknowledgments: M. Zamani

Pour créer les images infrarouges, l'équipe de Michael Wong a utilisé une technique appelée "imagerie chanceuse". Il s'agit d'un télescope au sol qui prend de nombreuses images à courte exposition du même endroit, et les chercheurs sélectionnent ensuite les plus nettes (qui sont généralement prises à des moments où l'atmosphère terrestre créait peu d'interférences). En assemblant les images de chaque région, les chercheurs ont dressé un portrait de la planète entière.

Garder un œil sur la Grande Tache rouge de Jupiter en utilisant différents types d'imagerie pourrait aider à résoudre le mystère de son rétrécissement. Dans les années 1800, la Grande Tache rouge faisait près de 40 200 kilomètres de diamètre. Depuis, elle a rétréci de 60%. Selon l'équipe de Michael Wong, la tache ne fait plus que 16 000 kilomètres de large.

Une vue de la Petite Tache rouge

Cette image ultraviolette de Jupiter a été créée à partir de données capturées par une caméra du télescope spatial Hubble le 11 janvier 2017.  NASA/ESA/NOIRLab/NSF/AURA/M.H. Wong and I. de Pater (UC Berkeley) et al. Acknowledgments: M. Zamani

La Petite Tache rouge de Jupiter s'est formée en 2000, lorsque trois tempêtes ont fusionné. Bien que la région apparaisse rouge sur l'image en lumière visible, ce n'est pas toujours le cas : lorsque la tache s'est formée, elle était blanche. Elle est ensuite devenue rouge plusieurs années plus tard, et au cours des quatre années qui se sont écoulées depuis que Hubble a pris ces nouvelles images, la tache rouge est redevenue blanche.

Bien que la Petite Tache rouge ne soit pas visible dans la vue en lumière infrarouge de Jupiter, quatre grands points chauds près de l'équateur de Jupiter apparaissent sur l'image. Comme dans la Grande Tache rouge, ces taches brillantes sont des régions où la chaleur de la planète en dessous suinte dans l'atmosphère.

Cette vue infrarouge de Jupiter a été créée à partir de données capturées le 11 janvier 2017 par l'observatoire international Gemini à Hawaï. International Gemini Observatory/NOIRLab/NSF/AURA, M.H. Wong (UC Berkeley) et al. Acknowledgments: M. Zamani

Une autre caractéristique visible sur l'image infrarouge est une bande brillante au-dessus d'une tache plus sombre dans l'hémisphère nord de la planète. Cette bande est probablement un cyclone géant, ou une série de cyclones, de près de 72 400 kilomètres de large.

Les étiquettes ajoutées à cette image Hubble de Jupiter indiquent plusieurs caractéristiques atmosphériques, dont la Grande Tache rouge et la Tache rouge Junior. NASA/ESA/NOIRLab/NSF/AURA/M.H. Wong and I. de Pater (UC Berkeley) et al.

Aux longueurs d'onde visibles, les cyclones apparaissent en brun foncé, ce type de caractéristique est donc connu sous le nom de "barge brune".

Morgan McFall-Johnsen a contribué à cet article.

Version originale : Aylin Woodward/Insider

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