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Des manifestants ont été payés pour se rendre à l'audience sur l'extradition de la directrice financière de Huawei et prétendre la soutenir

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Des manifestants ont été payés pour se rendre à l'audience sur l'extradition de la directrice financière de Huawei et prétendre la soutenir
© CBC/Twitter

Au Canada, une organisation inconnue aurait payé des gens pour qu'ils se fassent passer pour des partisans de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, lors de sa récente audience sur la procédure d'extradition. Parmi la vingtaine de personnes présentes, deux d'entre eux disent avoir reçu de l'argent pour tenir des pancartes et participer à une manifestation.

Pendant ce temps, Meng Wanzhou tentait d'éviter d'être extradée vers les États-Unis pour fraude. Selon les "manifestants" qui se sont exprimés, plusieurs d'entre eux ont été rassemblés à la Cour suprême de la Colombie-Britannique à Vancouver. Il leur a ensuite été demandé de brandir des pancartes disant "Libérez Meng" et "Trump arrêtez l'intimidation".

L'une des participantes, une actrice du nom de Julia Hackstaff, a déclaré qu'elle avait été trompée en croyant jouer le rôle d'une manifestante, sans se rendre compte qu'il s'agissait d'un véritable événement. Elle a décrit son expérience dans un post sur Facebook le jour suivant.

Ken Bonson, ouvrière dans un entrepôt, a déclaré qu'on lui avait raconté une vague histoire sur "quelque chose en rapport avec une manifestation" le lendemain matin. Elle a raconté son histoire au journal Toronto Star. Julia Hackstaff affirme avoir été payé 100 dollars canadiens (69 €) pour sa performance, tandis que Ken Bonson et un de ses amis ont été payé 150 dollars (103 €), selon ses dires.

Huawei nie toute implication

Ni l'une ni l'autre n'ont réalisé ce qui se passait jusqu'à ce qu'elles se présentent, reçoivent des pancartes pré-rédigées et aient dû se comporter comme des partisanes de Meng Wanzhou. Elles ne savent pas non plus qui les a payées en fin de compte. Huawei a nié toute implication.

La journaliste de CBC News, Georgina Smyth, a déclaré qu'il y avait "quelque chose de très étrange" dans cette manifestation. En effet, personne ne voulait discuter du cas de la dirigeante de Huawei et n'aimait répondre aux questions.

Sur Facebook, Julia Hackstaff ne décolère pas et s'estime "victime d'une sale arnaque bon marché qui m'a profondément blessée". Elle explique être partie au bout de cinq minutes et ne pas avoir été payée. Si Ken Bonson déclare avoir bien été payée, elle n'a cependant pas gardé l'argent, préférant l'offrir à son compagnon. Elle explique qu'il lui a été proposé de revenir un autre jour moyennant rétribution mais qu'elle a décliné l'offre. Au Toronto Star, elle a déclaré : "honnêtement, je suis assez honteuse et embarrassée et j'aimerais ne jamais y être allée... Je veux que ce soit quelque chose que je puisse mettre derrière moi."

Meng Wanzhou, dont le père est le fondateur de Huawei, Ren Zhengfei, est détenue au Canada depuis fin 2018. Elle est accusée d'avoir menti à la banque HSBC. En 2013, elle aurait présenté la société Skynet comme un partenaire de Huawei, à des représentants de HSBC. Skynet est en réalité une société écran faisant des affaires avec l'Iran et défiant ainsi les sanctions américaines.

Les autorités canadiennes l'ont arrêtée alors qu'elle tentait de changer de vol à Vancouver, à la demande du gouvernement américain. L'audience du tribunal cette semaine est l'occasion pour Meng Wanzhou de convaincre le Canada de ne pas l'extrader.

Les avocats de Meng Wanzhou ont fait valoir que si leur cliente est recherchée par les Etats-Unis pour avoir enfreint les sanctions américaines, il ne s'agit nullement d'un crime au Canada. Ce qui signifie qu'elle devrait être libérée, selon ses avocats. Tout l'enjeu est là, puisque pour être extradé aux Etats-Unis, Meng Wanzhou doit être poursuivie pour un délit également punissable au Canada. Les avocats du gouvernement canadien affirment que c'est la fraude auprès de la banque HSBC qui est au cœur de ce dossier et que celle-ci est également illégale au Canada.

A l'issue de quatre jours d'audience, une juge canadienne a annoncé ce jeudi 23 janvier 2020 qu'elle mettait en délibéré sa décision de poursuivre ou non la procédure d'extradition vers les Etats-Unis de Meng Wanzhou.

Version originale : Kieran Corcoran/Business Insider US. Traduit de l'anglais par Mégan Bourdon.

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