Des scientifiques ont trouvé un moyen d'extraire de l'oxygène de la poussière lunaire

L'astronaute James Irwin sur la Lune, le 1 août 1971. Astronaut David R. Scott, Apollo 15 commander

Quand les astronautes des missions Apollo ont foulé le sol lunaire entre 1961 et 1972, ils portaient tous une combinaison spatiale et un scaphandre, car notre unique satellite naturel est aujourd'hui dépourvu d'atmosphère, bien qu'il en avait une il y a 3,5 milliards d'années. Pourtant, il existe bien de l'oxygène — cet élément indispensable à la vie telle qu'on la connaît — sur la Lune, pas dans l'atmosphère mais dans la poussière au sol. Grâce aux échantillons rapportés sur Terre dans le cadre des missions Apollo, on sait que 40 à 45% du régolithe — le sol lunaire — en poids se compose d'oxygène. 

Selon une étude publiée dans la revue Planetary and Space Science et repérée par ScienceAlert, des chercheurs ont trouvé un moyen d'extraire de l'oxygène depuis la poussière lunaire. Pour leurs expériences, ils n'ont pas utilisé de la vraie poussière lunaire — car les échantillons sont trop précieux et rares — mais un simulant de régolithe lunaire. Le processus, qui ne produit pas de déchets selon les auteurs de l'étude, permet d'obtenir d'un côté de l'oxygène et de l'autre un tas d'alliages métalliques avec lesquels il était lié. Des éléments qui pourraient s'avérer utiles pour l'installation de futures bases lunaires.

La NASA prévoit en effet l'installation d'un embryon de base lunaire dès 2028. Une base lunaire constitue pour les Etats-Unis un point d'étape essentiel "pour apprendre et développer les techniques et l'expérience nécessaires pour envoyer l'Homme sur Mars", avait expliqué à Business Insider France Francis Rocard, responsable des programmes d'exploration du système solaire au Centre national d'études spatiales (CNES).

"Ce processus d'extraction permettrait aux colonies lunaires d'avoir accès à l'oxygène pour le carburant et le maintien de la vie, ainsi qu'à une vaste gamme d'alliages métalliques pour la fabrication in situ", a déclaré James Carpenter, responsable de la stratégie lunaire de l'Agence spatiale européenne (ESA) à ScienceAlert. 

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Voici en quoi consiste la méthode élaborée par les chercheurs : le régolithe est placé dans un panier en filet, puis on ajoute du chlorure de calcium. Le mélange est chauffé à environ 950°C, une température élevée mais pas assez pour faire fondre le matériau. Ensuite, un courant électrique est appliqué et l'oxygène est ainsi extrait. 

Ce n'est pas la première fois que des chercheurs tentent d'extraire de l'oxygène depuis la poussière lunaire, mais les méthodes alternatives avaient des rendements inférieurs et nécessitaient des températures extrêmes de plus de 1 600°C, ce qui avait fait littéralement fondre le régolithe lunaire. 

Mais il existe cependant un problème que les scientifiques n'ont pas encore résolu concernant ce processus d'extraction : "cet oxygène est une ressource extrêmement précieuse, mais il est chimiquement lié dans le matériau en tant qu'oxydes sous forme de minéraux ou de verre, et n'est donc pas disponible pour une utilisation immédiate", a déclaré Beth Lomax, chimiste à l'Université de Glasgow en Ecosse et principal auteur de l'étude. En clair, il sera impossible de respirer l'oxygène directement après l'avoir extrait du sol lunaire.

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