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Des scientifiques reconstituent en 3D un lointain ancêtre de l'ordinateur

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Des scientifiques reconstituent en 3D un lointain ancêtre de l'ordinateur
Modélisation du cosmos réalisée en 3D. © Tony Freeth/The UCL Antikythera Research Team

Sa mécanique fascine historiens, astronomes et archéologues depuis plus d'un siècle : le mécanisme d'Anticythère, considéré comme le mécanisme "le plus sophistiqué de l'Antiquité connu jusqu'ici", a récemment livré de nouveaux secrets. Une équipe de chercheurs, issus en majorité de l'UCL (Londres), ont réussi à reconstituer ce calculateur — parfois présenté comme l'ancêtre de l'ordinateur — sous la forme d'une représentation en 3D. "Il s'agissait d'un calculateur mécanique composé d'engrenages en bronze et utilisant une technologie révolutionnaire pour effectuer des prédictions astronomiques, en mécanisant les cycles et les théories astronomiques", explique l'équipe dans une étude publiée le 12 mars dernier.

"Nos découvertes conduisent à un nouveau modèle, satisfaisant et expliquant certaines preuves. La résolution de ce puzzle 3D complexe révèle une création de génie — combinant les cycles de l'astronomie babylonienne, les mathématiques de l'Académie de Platon et les théories astronomiques de la Grèce ancienne." Cette reconstitution est une prouesse, étant donné que seul un tiers du mécanisme original n'a subsisté, soit 82 fragments partiellement endommagés et corrodés. Ceux-ci ont pourtant révélé des milliers de caractères de texte "enfouis à l'intérieur des fragments et non lus pendant plus de 2 000 ans". La pièce complète serait une combinaison d'au moins 30 engrenages.

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Le mécanisme d'Anticythère a été découvert par des plongeurs dans une épave de navire romain en 1901, au large de l'île d'Anticythère, située au nord de la Crête. Les scientifiques qui se sont penchés sur les restes de cet objet ont longtemps buté dessus, faute de disposer d'outils assez performants pour percer les secrets de son fonctionnement. En 2005, les rayons X ont permis une avancée significative, avec la mise à jour d'inscriptions relatives aux mouvements du Soleil, de la Lune et des cinq planètes connues dans l'Antiquité — Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne. Si la structure arrière du mécanisme a été décodée peu à peu, il n'en va pas de même pour l'avant, qui est encore en grande partie un mystère, en raison de l'absence d'éléments physiques.

Une modélisation réalisée à partir de fragments vieux de plus de 2 000 ans. Tony Freeth/The UCL Antikythera Research Team

"Notre défi consistait à créer un nouveau modèle qui correspondent à toutes les preuves qui subsistent", expose l'équipe de recherche, menée par le professeur Tony Freeth, l'auteur principal de l'article qui travaille sur le sujet depuis des années. "Nous voulions déterminer les cycles de toutes les planètes de ce cosmos", poursuivent les chercheurs, qui déclarent que même si ce n'est pas une réplique exacte, "le résultat est un nouveau modèle radical qui correspond à toutes les données et qui culmine dans une élégante représentation du cosmos de la Grèce antique".

Le mécanisme d'Anticythère "remet en question toutes nos idées préconçues sur les capacités technologiques des Grecs de l'Antiquité", car c'est le premier dispositif connu qui mécanise les prédictions des théories scientifiques et qu'il aurait pu préfigurer "les premiers pas vers la mécanisation de mathématiques et de la science", conclut l'équipe dans sa présentation.

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