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Des souris super musclées ont été envoyées sur l'ISS, cette expérience pourrait aider les astronautes à rester en forme dans l'espace

Des souris super musclées ont été envoyées sur l'ISS, cette expérience pourrait aider les astronautes à rester en forme dans l'espace
© Paramount Television

Une nouvelle cargaison est actuellement en route pour la Station spatiale internationale (ISS) et devrait arriver à bon port le 8 décembre prochain. Une fusée Falcon 9 de SpaceX a décollé ce jeudi 5 décembre 2019 depuis Cape Canaveral en Floride pour envoyer une capsule Dragon contenant près de trois tonnes de cargaison à destination de l'ISS. Il s'agit de la 19e mission de ravitaillement de SpaceX pour la NASA et l'ISS.

Hormis les petits cadeaux de Noël destinés aux astronautes qui passeront les fêtes de fin d'année à bord de l'ISS et les fournitures diverses pour l'équipage et le matériel, la cargaison comprend des expériences de recherche scientifique intéressantes : un robot censé être sensible aux émotions humaines appelé CIMON, une expérience sur le comportement des flammes en microgravité, un nouveau module appelé "hôtel robot" pour stocker les outils robotiques à l'extérieur de l'ISS ou encore une expérience sur des souris supermusclées.

Quarante souris vont ainsi arriver à bord de l'ISS, dont huit souris "superpuissantes", autrement dit qui ont une masse musculaire deux fois plus importante que celle de souris ordinaires, a précisé le Dr Se-Jin Lee, scientifique en chef de l'expérience baptisée Rodent Research-19 (RR-19), au site Science Alert. Certaines souris ordinaires vont ensuite être "renforcées" pendant ou après leur vol pour essayer de développer leurs muscles et leurs os. L'objectif de la recherche est d'étudier une méthode pour prévenir la perte osseuse et musculaire, ce qui pourrait servir à la fois pour le spatial et le civil.

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En effet, à bord de l'ISS, les astronautes doivent faire de l'exercice plusieurs heures par jour pour prévenir la perte osseuse et musculaire provoquée par la microgravité. Mais la perte osseuse et musculaire ne concerne pas que les astronautes. Sur Terre, elle peut survenir chez les personnes âgées ayant un mode de vie sédentaire ou les personnes atteintes de maladies dégénératives musculaires ou d'autres maladies.

Sur une page dédiée, la NASA explique que ce problème concerne "un large éventail de milieux cliniques dans lesquels se produit une perte musculaire, y compris les maladies dégénératives musculaires, comme la dystrophie musculaire, et la perte musculaire observée chez les patients atteints de diverses maladies, comme le cancer, les maladies pulmonaires obstructives chroniques, les maladies du cœur, l'insuffisance rénale, le sepsis, le SIDA. Ces études ont également des répercussions sur l'amélioration de la santé osseuse, notamment chez les patients atteints d'ostéoporose."

Les résultats de cette expérience pourrait permettre la mise au point de thérapies pour une vaste gamme de maladies qui causent la perte musculaire et osseuse sur Terre et de méthodes pour prévenir la perte musculaire et osseuse chez les astronautes pendant leurs misions dans l'espace ainsi que d'améliorer la récupération après leur retour sur Terre.

Dans le détail, le projet va notamment étudier la myostatine (MSTN), une protéine, et l'activine, une hormone, toutes deux impliquées dans la dégradation musculaire. En effet, les scientifiques savent que le blocage de l'action de la myostatine et de l'activine induit la croissance musculaire et osseuse. "Comme la microgravité tend à causer la dégradation des muscles et des os, cette étude vise à déterminer si l'administration, chez la souris, d'un inhibiteur de la myostatine peut atténuer l'effet de la microgravité sur le système musculaire et osseux, pendant et après l'exposition à la microgravité", peut-on lire sur le site de la NASA.

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