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Des témoignages accusent McDonald's de tolérer un 'harcèlement sexuel systématique' dans ses restaurants

Des témoignages accusent McDonald's de tolérer un 'harcèlement sexuel systématique' dans ses restaurants
Les syndicats assurent que "la violence et le harcèlement basés sur le genre font partie de la culture de McDonald's." © Stu pendousmat/ Wikimedia Commons

Malgré les scandales à répétition, rien n'entame le succès de la chaîne de fast-food auprès des clients. McDonald's est souvent pointée du doigt pour le traitement réservé à ses employés. Mais cette fois, les faits reprochés paraissent plus graves que d'habitude : une coalition internationale de syndicats a saisi, lundi 18 mai, l'OCDE, accusant le groupe de tolérer un "harcèlement sexuel systématique" dans ses restaurants à travers le monde. Les syndicats font notamment état d'une affaire dans un restaurant en France, où un responsable aurait installé un téléphone portable dans les vestiaires afin de filmer les employées en train de se changer.

"La violence et le harcèlement basés sur le genre font partie de la culture de McDonald's", estime ce groupe qui s'est adressé au Point de contact national (PCN) néerlandais de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Sont également visées deux banques d'investissements : la Néerlandaise APG Asset Management et la Norvégienne Norges Bank, présentes au capital du géant mondial de la restauration à hauteur d'1,7 milliard de dollars, selon les syndicats. McDonald's a affirmé à l'AFP qu'il étudierait la saisine dès sa réception, assurant avoir déjà instauré "une discussion très importante concernant un environnement de travail sûr et respectueux (dans ses établissements) aux Etats-Unis et dans le monde".

Il s'agit, selon la coalition, de la première saisine pour "harcèlement sexuel généralisé dans une société multinationale" dans le cadre des principes directeurs de l'OCDE. Ces derniers prévoient notamment que les multinationales et leurs actionnaires respectent les droits du travail tels que la protection des salariés contre les violences sexuelles. "Ces principes ne sont pas des lois, mais ils créent des obligations pour les sociétés multinationales", explique Lance Compa, un expert en droit international du travail, à l'AFP.

Les syndicats ont rassemblé des témoignages sur des commentaires vulgaires, des attouchements et des agressions, à l'encontre de salariés en Australie, au Brésil, au Chili, en Colombie, en France, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. Jamelia Fairley, qui travaille depuis quatre ans dans un restaurant franchisé de Sanford, en Floride, a raconté avoir été victime de commentaires à caractère sexuel et d'attouchements de la part de collègues masculins. Elle aurait fait plusieurs signalements, mais l'entreprise "ne les a pas prises au sérieux" et aurait réduit ses heures de travail, assure la jeune femme.

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Une procédure non contraignante

Ricardo Patah, le président du Syndicat général des travailleurs (UGT) brésilien, a également évoqué 23 plaintes de salariés déposées dans le pays pour harcèlement moral et sexuel ainsi que pour discrimination. La direction du géant américain du fast-food a été au centre d'une polémique en fin d'année dernière : son directeur général Steve Easterbrook a été licencié pour une liaison "consentie" mais contraire au règlement avec un membre du personnel.

McDonald's, dont le siège est aux Etats-Unis, est aussi responsable des conditions de travail dans ses établissements franchisés, soit 90% des restaurants, affirment les syndicats. Ils ont choisi les Pays-Bas car le pays est le "centre nerveux" des opérations de McDonald's en Europe et le siège de la banque APG.

En Europe, McDonald's est la première chaîne de restaurants avec près de 500 000 salariés, dont 90% travaillent chez des franchisés. Mais les conventions collectives sont différentes selon les pays et ne s'appliquent pas forcément aux salariés des restaurants franchisés, a précisé Kristjan Bragason, secrétaire général de la Fédération européenne des syndicats de l'Alimentation, de l'Agriculture et du Tourisme.

Le dossier doit être étudié par le PCN néerlandais qui décidera d'ici trois mois s'il entame une procédure de médiation entre les syndicats et l'entreprise. "C'est un système non-contraignant : le PCN ne peut ni forcer McDonald's à faire quelque chose, ni punir ou faire payer" l'entreprise, note Lance Compa. Mais il a souligné que le processus "a déjà prouvé qu'il était efficace" et que "beaucoup de médiations avaient réussi" à réformer certaines entreprises qui craignaient de voir leur image de marque écornée. Récemment, le géant du fast-food a été pointé du doigt pour ne pas tenir ses promesses sur le tri des déchets.

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Business Insider (avec AFP)
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