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Des travailleurs exploités risquent leur vie pour les batteries de vos smartphones

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Des travailleurs exploités risquent leur vie pour les batteries de vos smartphones
© Capture d'écran d'une vidéo du Washington Post ©

Les géants de la tech ont bien avancé dans leur démarche pour mettre un terme à leur dépendance aux "minéraux de la guerre" (tungsten, étain, tantale et l'or), qui sont récoltés dans les mines contrôlées par les seigneurs de guerre congolais, où les employés sont souvent retenus prisonniers.

Malheureusement, les mines des régions où l'on produit un autre métal important, le cobalt, ne s'en sortent pas aussi bien.

Le cobalt est un minéral utilisé dans les batteries au lithium, qui alimentent beaucoup de choses, des smartphones aux voitures électriques.

Dans une grande enquête, Todd Frankel et Michael Robinson Chavez du Washington Post révèlent les conditions de travail abjectes des travailleurs dans ces mines.

C'est surtout le cas pour ceux qui sont appelés les "mineurs artisanaux". Il ne sont pas employés directement par une entreprise mais ils gagnent leur vie en sautant dans des trous, souvent pieds nus et sans équipement de sécurité, et creusent aussi à mains nues. Il y a souvent des morts et des blessés. Il arrive que les mineurs soient des enfants.

Une fois que le cobalt est extrait, il est lavé dans la rivière. Ce processus peut contaminer l'eau et causer des anomalies congénitales et d'autres problèmes de santé.

Une bonne journée de travail pour un mineur lui rapporte, selon le Washington Post (WP), entre 2 et 3 dollars.

Apple à la rescousse ?

Bien que ces mineurs n'entrent pas dans la catégorie "esclavage", ils ne peuvent échapper à leur travail à cause de leur pauvreté. Bien que le Congo soit riche en minéraux considérés comme les plus importants par l'industrie de la tech, les habitants de la région ne profitent pas de cette abondance.

De nombreuses firmes ont conscience des conditions d'exploitation minière au Congo, mais leur degré d'investissement en terme d'inspections et d'améliorations de ces conditions varie.

Capture d'écran d'une vidéo du Washington Post © Michael Robinson Chavez

Paula Pyers, une cadre d'Apple en charge des responsabilités sociales, a dit au WP que la firme était prête à travailler avec son principal fournisseur, Huayou Cobalt, pour améliorer les conditions de travail et travailler sur les enjeux sous-jacents de pauvreté.

D'autres entreprises ont eu l'air moins enthousiastes à l'idée de s'impliquer. Selon une consultante qui travaille sur ces questions, Lara Smith de l'entreprise Core Consultants basée à Johannesburg, interrogée par le WP, les firmes appliquent souvent la technique du "ne regardons pas pour ne pas voir".

"Ces entreprises ne peuvent pas dire qu'elles sont dans l'ignorance", a dit Smith, "Parce que si elle voulaient comprendre, elles le pourraient."

Plus de technologie pourrait aider

Ce n'est pas le seul minéral concerné, ni la seule région où il y a des conditions d'exploitation de mines horribles comme ça.

Mais la situation n'est pas complètement désespérée. Aujourd'hui, une branche de l'industrie de la tech est en train d'inventer de nouvelles technologies qui permettraient d'aider à résoudre le problème du travail forcé, partout dans le monde.

"Amnesty International a identifié au moins 34 catégories dans lesquelles il y a des risques d'avoir du travail forcé", a dit le PDG de Ariba, Alexander Atzberger, à Business Insider US.

Ariba est une spécialisée dans le service de e-commerce. Elle utilise une base de donnée sur le travail forcé créée par une startup appelée Made in a Gree World.

Ce genre d'efforts aide des entreprises et consommateurs à savoir ce qu'ils achètent — des batteries aux mobiliers de salles de conférences — et si cela contient des matériaux qui pourraient être extraits de mines qui exploitent leurs travailleurs.

Si un problème est suspecté, Ariba souhaite "donner le pouvoir au peuple", soit que les consommateurs insistent auprès de leurs fournisseurs pour qu'ils fassent des audits sur les conditions de travail de leurs employés, a dit Atzberger.

Ils espèrent que les entreprises, tout autour du monde, feront partie de la solution, non pas seulement du problème.

Version originale : Julie Bort / Business Insider

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