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Deutsche Bank a accepté mardi 31 janvier 2017 de payer 630 millions de dollars aux régulateurs américain et britannique pour ses manquements en matière de surveillance des opérations de blanchiment d'argent.

Ces carences avaient permis à la filiale russe de l'institution allemande d'exécuter plus de six milliards de "transactions miroirs", ainsi que d'autres transactions suspectes portant sur un montant de 3,8 milliards de dollars.

Ces "transactions miroirs", opérées entre avril 2012 et octobre 2014, suivaient le mécanisme suivant:

  • Un client de la filiale russe de Deutsche Bank achetait des actions à Moscou en roubles. 
  • Ces actions étaient revendues immédiatement par une autre partie à Londres dans d'autres devises, dont le dollar.
  • Mais ces dollars n'étaient pas reconvertis en roubles pour revenir au client russe d'origine. Ils partaient à l'étranger — à Chypre, en Estonie ou encore en Lettonie — sur un compte en banque lié au client russe d'origine. 
  • La provenance de l'argent ainsi que son propriétaire étaient ainsi dissimulés. Les bureaux de Deutsche Bank à Londres, Moscou et New York ont été impliqués dans ces "transactions miroirs".

A l'annonce de cette décision, le régulateur des services financiers britannique (FCA) — qui n'a jamais imposé une aussi grosse amende de son histoire — a déclaré:

"La Deutsche Bank a été utilisée par des clients non-identifiés pour transférer environ 10 milliards de dollars, d'origine inconnue, de Russie vers des comptes en banque offshore, d'une manière laissant fortement soupçonner à un délit financier."

Dans le détail, l'institution allemande doit verser 425 millions de dollars au régulateur américain (DFS) et environ 204,46 millions de dollars à son homologue britannique (FCA).

John Cryan, président du directoire de Deutsche Bank. REUTERS/Kai Pfaffenbach/File Photo

Par ailleurs, Deutsche Bank devra embaucher un superviseur indépendant chargé de surveiller la mise en place de nouvelles procédures de contrôle internes, conformes aux exigences des régulateurs, pour éviter tout nouveau scandale financier.

A son arrivée à la tête de l'institution en juin 2015, John Cryan a initié un grand chantier de restructuration.

Car outre ce litige russe, Deutsche Bank a été impliquée dans de nombreux scandales financiers, parmi lesquels la manipulation des taux interbancaires et la crise des emprunts immobiliers toxiques. 

En décembre 2016, la banque allemande a d'ailleurs signé avec la justice américaine un accord amiable de 7,2 milliards de dollars (6,7 milliards d'euros) dans le dossier de la vente de titres adossés à des prêts immobiliers à risque avant la crise financière de 2008.

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