Deux employées de Google, qui avaient protesté contre le harcèlement sexuel, assurent subir des représailles en interne

Troy Wolverton/Business Insider

Deux des femmes à la tête d'une grève impliquant des milliers d'employés de Google dans le monde l'an dernier affirment que la société a exercé des représailles contre elles pour avoir organisé la manifestation. Dans un mail envoyé lundi en interne à certains employés de Google, et obtenu par Wired, Meredith Whittaker et Claire Stapleton ont déclaré que l'entreprise les avait rétrogradé dans leurs fonctions, et contraint à abandonner certaines fonctions au sein de leur organisation.

"Cela nuit aux personnes à l'intérieur de l'entreprise et aux communautés à l'extérieur qui supportent le poids des mauvais choix de Google", ont écrit les femmes dans leur mail. "Si nous voulons mettre fin à la discrimination, au harcèlement et à la prise de décisions contraires à l'éthique, nous devons mettre fin aux représailles contre ceux qui parlent ouvertement de leurs problèmes." Meredith Whittaker et Claire Stapleton ont toutes deux été mentionnées dans un article du New York Magazine comme deux des femmes qui ont aidé à organiser la grève de 2018 qui a réunit plus de 20 000 employés de Google, qui ont protesté contre le traitement par l'entreprise des cas de harcèlement sexuel et des allégations de faute professionnelle contre des cadres supérieurs.

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Meredith Whittaker est à la tête du groupe Open Research de Google et co-fondatrice du laboratoire de recherche AI Now Institute. Meredith Whittaker a déclaré dans le mail interne qu'on lui avait récemment dit que son rôle serait "modifié de façon drastique" et qu'elle devrait renoncer à ses recherches sur l'éthique de l'IA à l'AI Now Institute afin de garder son emploi.

Claire Stapleton a été embauchée comme directrice du marketing chez YouTube, propriété de Google. Elle a écrit dans le mail que Google l'avait rétrogradée et que son travail avait été redistribué à d'autres employés. Cette décision n'a été annulée qu'après qu'elle a engagé un avocat et que Google a mené une enquête sur l'affaire, a dit Claire Stapleton. "Mon manager a commencé à m'ignorer, mon travail a été réparti entre d'autres personnes et on m'a conseillé de prendre un congé maladie, même si je n'étais pas malade ", explique Claire Stapleton dans son mail. "Bien que mon travail ait été rétabli, l'environnement reste hostile et j'envisage d'arrêter presque tous les jours."

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Les deux femmes ont déclaré dans le mail qu'il existe une culture de représailles chez Google, et que leurs cas "ne sont pas uniques". Google a répondu dans une déclaration que les représailles sont interdites dans l'entreprise et que les cas de Meredith Whittaker et Claire Stapleton n'étaient pas des exemples de représailles.

"Nous interdisons les représailles sur le lieu de travail et enquêtons sur toutes les allégations", a déclaré un porte-parole de Google à Business Insider US. "Les employés et les équipes se voient régulièrement confier de nouvelles affectations ou sont réorganisés pour coller à l'évolution des besoins du marché. Il n'y a pas eu de représailles ici." Stapleton et Meredith Whittaker ont également écrit dans leur mail qu'elles organiseraient une "assemblée publique de représailles" vendredi pour "partager leurs histoires et élaborer des stratégies". Vous pouvez lire ici le mail de Meredith Whittaker et Claire Stapleton dans son intégralité (en anglais).

Version originale : Paige Leskin/Business Insider

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