Devant le monsieur crypto de Facebook, Alexandria Ocasio-Cortez s'inquiète du contrôle du Libra

La représentante démocrate Alexandria Ocasio-Cortez et le directeur du projet de cryptomonnaie de Facebook David Marcus ont eu un échange éclairant mercredi lors d'une audience avec des députés sur la monnaie numérique du réseau social, le Libra. Youtube

Le directeur du projet de cryptomonnaie de Facebook, David Marcus, a fait face aux députés pour une deuxième journée consécutive mercredi, comparaissant cette fois devant le Comité de la Chambre des États-Unis sur les services financiers. L'un des échanges les plus intéressants a eu lieu lorsque l'on a tendu le micro à la députée Alexandria Ocasio-Cortez, qui a été élue l'année dernière, et qui a demandé à David Marcus quelle était la réserve financière qui soutenait la monnaie numérique de Facebook, le Libra.

Facebook a déclaré que le Libra sera soutenu par des actifs financiers réels, notamment un "panier" de monnaies existantes — comme le dollar américain, l'euro et des fonds gouvernementaux — qui serviront de "réserve" à la monnaie numérique. Pour apaiser les craintes concernant le contrôle de la monnaie par Facebook, l'entreprise a souligné que le Libra sera géré par un consortium d'organisations. Mais dans une série de questions, Alexandria Ocasio-Cortez a fait remarquer que les actifs soutenant le Libra qui fixent sa valeur, seraient déterminés par les entreprises, dont la plupart sont axées sur le profit.

"Nous sommes donc en train de parler d'une monnaie contrôlée par une coalition d'entreprises sélectionnées d'une façon antidémocratique et en majorité géantes", a déclaré l'élue démocrate de New York.

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Selon Alexandria Ocasio-Cortez, c'est une question potentiellement problématique, car la monnaie d'un pays fonctionne comme un "bien public" dans le cadre d'un gouvernement, à savoir une institution à but non lucratif. Et cela met en lumière un aspect du Libra qui pourrait devenir un obstacle pour Facebook.

Voici l'échange qui a lieu entre Alexandria  Ocasio-Cortez (AOC) et David Marcus :

AOC : Cette gouvernance sur la réserve est la Libra Association, n'est-ce pas ? 

Marcus : Oui, c'est cela, Madame la députée.

AOC : Et donc actuellement la Libra Association est gouvernée par Facebook, Uber, eBay, Spotify, Visa, Thrive Capital, Union Square Ventures, et d'autres associations à but non lucratif ainsi que d'autres partenaires, c'est exact ?

Marcus : C'est exact.

AOC : Ont-ils été élus démocratiquement ?

Marcus : Non, Madame la députée, mais nous espérons que nous aurons une surveillance réglementaire adéquate, car nous sommes d'accord avec vous pour dire qu'il devrait y avoir une surveillance adéquate pour assurer...

AOC : Alors qui a choisi les membres fondateurs de cette gouvernance sur la monnaie ?

Marcus : Madame la députée, l'adhésion est ouverte sur la base de certains critères. Les 27 premières entreprises qui se sont jointes à nous sont celles qui ont partagé ce désir de venir et de construire ce réseau.

AOC : Je vois. Donc nous sommes en train de parler d'une monnaie contrôlée par une coalition d'entreprises en grande partie énormes, choisies de façon antidémocratique. Pensez-vous que la monnaie est un bien public ?

Marcus : Madame la députée, je crois que les monnaies souveraines doivent rester souveraines, et nous ne voulons pas défier les monnaies souveraines. Nous voulons juste augmenter leurs capacités d'une manière qu'elles puissent être...

AOC : Mais pensez-vous que la monnaie est un bien public ?

Marcus : Madame la députée, je crois que les monnaies souveraines sont souveraines et qu'elles doivent donc continuer à l'être.

AOC : Pensez-vous donc que le Libra devrait être un bien public ?

Marcus : Madame la députée, encore une fois, nous allons travailler avec tous les organismes de réglementation et répondre à toutes les préoccupations, et les organismes de réglementation vont déterminer...

AOC : Je prends ça pour un non. Je devrais prendre ça pour un non ?

Marcus : Ce n'est pas à moi de décider, Madame la députée.

AOC : D'accord, je prends ça pour un non.

Version originale : Alexei Oreskovic/Business Insider

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