Pourquoi Disney+ déçoit Wall Street pour la première fois

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Pourquoi Disney+ déçoit Wall Street pour la première fois
"Falcon et le Soldat de l'Hiver" sur Disney+. © Marvel Studios

Le conte de fées ne pouvait pas durer éternellement entre Disney+ et les investisseurs. Ce jeudi 13 mai, Disney a annoncé que sa plateforme de streaming phare avait dépassé les 103 millions d'abonnés, un nombre toujours en hausse mais plus bas que les 109 millions attendus par les analystes de Wall Street. La sanction a été immédiate: Disney perdait 4% en Bourse lors des échanges électroniques après la clôture.

Le marché s'inquiète pour la première fois d'un ralentissement de la croissance de ce moteur désormais essentiel de l'empire Disney. "Gardez à l'esprit que nous avons conquis 30 millions de ménages pendant les six premiers mois de l'année fiscale", a rappelé Bob Chapek, le patron du groupe, lors d'une conférence téléphonique. Il a promis des investissements conséquents dans les franchises à succès, comme Star Wars. Il parie notamment sur la sortie en juin de la série "Loki", des studios Marvel, censée générer "beaucoup d'attention".

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"L'attention est le précurseur des additions nettes d'abonnements", a-t-il insisté. Surtout, la plateforme a encore des marchés à conquérir — elle sera bientôt disponible en Malaisie et en Thaïlande, notamment.

Les experts prédisent néanmoins une hausse des coûts d'acquisition (marketing, etc.) pour le groupe californien. "Disney+ s'est bien débrouillé pour attirer les fans et les familles mais maintenant, ils vont devoir séduire les spectateurs" non acquis à l'univers de la marque, a noté Joe McCormack de Third Bridge.

230 à 260 millions d'abonnés en 2024

Fin mars, Disney+ a légèrement monté ses prix, qui restent en-deçà de ceux de ses concurrents, pour un accès à des catalogues immenses. La plateforme a aussi lancé l'univers adulte Star dans la plupart des pays, dont la France, pour gonfler son offre et attirer un autre public.

Bob Chapek a assuré qu'il tablait toujours sur un nombre d'abonnés total (toutes plateformes confondues, soit Disney+, Hulu et ESPN+) compris entre 230 et 260 millions d'ici la fin 2024.

Le géant du divertissement, qui s'est longtemps reposé sur des chaînes de distribution traditionnelles (télévision et cinémas), a lancé Disney+ juste à temps, avant la pandémie, sans savoir que le service décollerait grâce aux mesures de confinement et qu'il deviendrait aussi rapidement essentiel à ses affaires.

Entre les parcs d'attractions fermés, les croisières interrompues, les salles de cinéma vidées et l'annulation des événements sportifs, l'entreprise peine à se relever du Covid-19.

Elle a indiqué jeudi dans un communiqué que les mesures de restrictions et de sécurité liées à la crise sanitaire devraient encore lui coûter 1 milliard de dollars sur son année fiscale 2021.

Au deuxième trimestre de son exercice décalé (janvier-mars), son chiffre d'affaires a perdu 13% sur un an. A 15,6 milliards de dollars, il est inférieur aux attentes du marché.

Toutes ses activités ont vu leurs revenus baisser, sauf les plateformes de streaming, qui ont rapporté 4 milliards de dollars, +59% sur un an. Cette division a aussi réduit ses pertes nettes, de 805 à 290 millions. Notamment grâce à Hulu, disponible uniquement aux États-Unis mais qui continue de monter en puissance avec son modèle hybride (avec la possibilité de souscrire à un abonnement moins cher mais comprenant des publicités). "La croissance des recettes publicitaires (sur ce service) a été particulièrement forte", remarque Eric Haggstrom du cabinet eMarketer.

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Reprise timide dans les parcs

La chaîne de télévision sportive américaine ESPN n'est pas en reste. Disney a annoncé jeudi que cette filiale avait acquis les droits de diffusion de La Liga, le championnat espagnol de football, pour 1,4 milliard de dollars, qui couvrent les huit prochaines saisons.

Le montant de la transaction — 175 millions par saison — a été confirmé à l'AFP par une source proche du dossier. Tous les matchs seront aussi diffusés sur la plateforme de streaming ESPN+. "Cet accord renforce la place prépondérante d'ESPN+ pour les passionnés de football aux États-Unis", a commenté Bob Chapek.

L'activité "Parcs, expériences et produits dérivés" n'a, elle, réalisé "que" 3,2 milliards de chiffre d'affaires, une chute de 44% sur un an.

L'empire du divertissement s'estime néanmoins en bonne voie grâce aux campagnes de vaccination et aux réouvertures progressives. Ses deux parcs d'attraction californiens accueillent de nouveau des visiteurs depuis le 30 avril.

"Les CDC [l'agence fédérale américaine de santé publique] ont indiqué aujourd'hui que les personnes vaccinées n'ont plus besoin de porter de masque, à l'intérieur ou l'extérieur", s'est réjoui Bob Chapek. "C'est une excellente nouvelle pour nous et pour quiconque a porté un masque en Floride [état de Disney World] au milieu de l'été."

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