Magasin Babou de Kingersheim dans le Haut-Rhin. Facebook/Babou Kingersheim

Les marchés ont salué ce lundi 21 octobre la nouvelle, datée de vendredi soir, de l'achat du discounter français Babou par le britannique B&M. Ce dernier s'octroie à 17h30 4,3% de hausse à la Bourse de Londres.

B&M European Value Retail S.A., un des leaders britannique de la grande distribution, a mis 91,2 millions d'euros sur la table (dette comprise) pour s'offrir Babou. 

L'enseigne française pilote un réseau de 95 magasins, situés pour la plupart en périphérie des villes. Elle est spécialiste de la vente à bas prix d'articles de bazar, non alimentaire et de vêtements. L'an dernier, le groupe Babou a réalisé 347 millions d'euros de chiffre d'affaires pour un EBITDA de 24,7 millions d'euros, selon les informations communiquées par B&M.

"L'acquisition du groupe Babou Stores fournira une base qui permettra à B&M de développer en France son modèle de distribution", indique encore le communiqué. Babou appartenait jusqu'alors à 100% à Paminvest SAS, la société d'investissement de la famille du fondateur René Kleboth. Il a créé l'enseigne à la fin des années 70 à Cournon d'Auvergne, près de Clermont-Ferrand, et l'a baptisée du surnom que lui donnait ses parents: Babou.

Avec cette transaction, le patron actuel de Babou, Thierry Morter, qui son poste. Il est remplacé par Cedric Mahieu entré spécialement en janvier 2018 chez B&M en vue de cette acquisition. Il faut dire que l'opération met fin à trois ans de négociations. 

Le discount en pleine forme

B&M estime que cette acquisition devrait se ressentir rapidement positivement sur ses résultats, même si la rentabilité de Babou devrait être altérée pendant les 12 prochains mois, le temps d'aligner son offre de produits sur celle de son nouveau propriétaire. 

Il faut dire qu'à l'instar des Action, Noz, Foirfouille, Gifi... les discounters non-alimentaires mais aussi les spécialistes alimentaires à bas prix tels Aldi, Lidl ou Grand Frais, affichent une forme insolente vis à vis des distributeurs traditionnels de milieu de gamme.

L'allemand Aldi, par exemple a annoncé début octobre vouloir passer de 775 magasins aujourd'hui en Grande-Bretagne, à 1200 en 2025. Quant au Néerlandais Action, qui ne comptait qu'un magasin en France 2012, il en avait 100 en 2015 et 335 en 2017, d'après les calculs du Télégramme.

Les enseignes de milieu de gamme et notamment vestimentaire, en revanche, subissent de plein fouet le repli du marché du prêt-à-porter et la concurrence du e-commerce. Jules et Brice, par exemple, ont annoncé cet été la fermeture de 88 magasins tandis que New Look prévoit aussi de ferme deux tiers de ses magasins, que Camaïeu annonce ce lundi avoir demandé son placement sous procédure de sauvegarde et que Vivarte (Caroll, Minelli, La Halle...) peine toujours à redresser la barre malgré la vente de nombreux actifs. 

"Il y a un effet sablier", explique Cédric Rossi, de Bryan Garnier&co. "Le milieu de gamme souffre parce que c'est un créneau sur lequel les consommateurs sont plus enclins à acheter en ligne. Il est coincé entre le haut de gamme qui a une stratégie de vente spécifique et le discount qui résiste très bien face au e-commerce. Le panier moyen des magasins comme Action ou Gifi est en effet trop faible pour que les coûts logistiques du e-commerce soient concurrentiels."

B&M l'a bien compris et insiste sur ce créneau qui lui a permis de bâtir un vaste groupe. Fondé en 1978, et coté en Bourse depuis 2014, le groupe B&M ne cesse de s'étoffer. Il possède 591 magasins B&M au Royaume-Uni, 269 magasins "Heron Foods" et 88 magasins "Ja woll" en Allemagne et l'ouverture de plusieurs centaines de nouveaux magasins est dans les cartons. 

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