Le président Donald Trump aurait fait pression sur le premier ministre australien Scott Morrison pour qu'il travaille avec le procureur général américain William Barr afin de discréditer les origines de l'enquête du FBI sur les présumées ingérences russes dans la campagne présidentielle de 2016, a rapporté ce lundi le New York Times. La demande de Donald Trump est arrivée quelques semaines seulement après sa conversation avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, à propos de sa collaboration avec William Barr sur l'enquête sur la Russie.

Il a également demandé à Volodymyr Zelensky de travailler avec son avocat personnel, Rudy Giuliani, pour enquêter sur l'ancien vice-président Joe Biden et son fils, Hunter, avant les élections de 2020. La demande de Donald Trump à Volodymyr Zelensky au sujet de la famille Biden était tellement alarmante qu'elle a incité un membre du renseignement américain à déposer une plainte officielle de lanceur d'alerte, accusant le président d'utiliser son pouvoir exécutif pour solliciter une ingérence étrangère dans une élection américaine.

La demande de Donald Trump à Scott Morrison est un peu plus floue car elle porte sur une enquête du ministère de la Justice en cours sur cette affaire et pourrait donc être considérée comme relevant davantage du pouvoir de Donald Trump en tant que chef de l'exécutif. De plus, une personne au courant de la conversation de Donald Trump avec Scott Morrison a déclaré au New York Times que le président avait posé la question à la demande de William Barr.

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L'Australie a joué un rôle unique dans l'enquête sur les présumées ingérences russes. Fin 2017, le New York Times a rapporté que le FBI avait lancé l'investigation sur la Russie après qu'Alexander Downer, un diplomate australien de haut rang, a contacté les autorités américaines. Il leur avait déclaré que George Papadopoulos, l'assistant en politique étrangère de Donald Trump pendant sa campagne, s'était vanté que la Russie avait sali la campagne de Hillary Clinton sous la forme de "milliers" d'emails.  George Papadopoulos a dit à Alexandre Downer qu'il avait appris cette information par Joseph Mifsud, un Maltais qui travaillait comme professeur d'université à Rome avant de disparaître.

Le FBI a commencé à enquêter pour savoir si l'équipe de campagne de Donald Trump travaillait avec la Russie peu de temps après qu'Alexandre Downer a rapporté sa conversation avec George Papadopoulos.

George Papadopoulos a plaidé coupable d'avoir menti au FBI l'année dernière. Mais dans les mois qui ont suivi, il est devenu de plus en plus pugnace et les soutiens de Donald Trump se sont joints à lui pour suggérer, sans aucune preuve, que Joseph Mifsud avait été envoyé par des agents des renseignements occidentaux pour piéger George Papadopoulos et la campagne de Donald Trump.

La demande que Donald Trump a adressée à Scott Morrison est emblématique de sa vision de longue date selon laquelle le ministère de la Justice et le procureur général sont des outils politiques qu'il peut utiliser contre ceux qu'il perçoit comme ses ennemis.

En effet, lors de son entretien téléphonique avec Volodymyr Zelensky en juillet, Donald Trump a, à plusieurs reprises, mentionné William Barr et Rudy Giuliani comme étant ses envoyés personnels et fait pression sur le président ukrainien pour qu'il travaille avec eux afin de saper l'enquête russe ainsi que Joe Biden et son fils.

Le New York Times a rapporté que, comme ce qu'il s'est passé après l'appel avec Volodymyr Zelensky, la Maison Blanche a restreint l'accès à la transcription de la conversation entre Donald Trump et Scott Morrison à un petit groupe d'assistants du président.

Version originale : Sonam Sheth/Business Insider

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