Donald Trump commence à rendre les marchés nerveux

Donald Trump commence à rendre les marchés nerveux

Le président Donald Trump en réunion avec le DG d'Intel Brian Krzanich à la Maison-Blanche, le 8 février 2017. REUTERS/Joshua Roberts

Dans les semaines qui ont suivi l'élection de Donald Trump, on a vu certains thèmes s'imposer en Bourse.

Les investisseurs ont salué la perspective d'une politique tournée vers la dérégulation, le stimulus fiscal et les réductions d'impôts, portant les actions, affaiblissant les obligations et relançant les attentes d'inflation.

Trois semaines après l'entrée en fonction du nouveau président américain, il semblerait que ces thèses commencent à se dissiper. 

Un plateau

L'enthousiasme des marchés qui a suivi l'élection de Donald Trump (et qui n'est pas ce que les analystes avaient anticipé) semble s'éroder depuis son investiture, au fur et à mesure que les investisseurs digèrent les mesures prises par le président.

Les actions commencent à se calmer. Entre l'élection, le 8 novembre 2016, et l'investiture, les indices S&P 500 et Dow Jones ont bondi respectivement de 6,2% et de 8,2%. Depuis l'investiture, le S&P a progressé de 2% et le Dow Jones de 2,3%. 

Même ceux qui devaient profiter le plus de la politique de Donald Trump commencent à faiblir. Goldman Sachs avait bondi de 27,6% entre l'élection et l'investiture, son action n'a gagné depuis que 4,9%. 

Les obligations ont aussi enrayé leur chute qui avait commencé après l'élection. Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans était de 1,8547% le 8 novembre et a grimpé à 2,4468% au 20 janvier (pour mémoire, quand le prix des obligations recule, le rendement augmente). Trois semaines plus tard, le rendement à 10 ans avait légèrement reflué, à 2,4055% vendredi dernier.

Les marchés des devises ont aussi cessé de marcher sur l'effet Trump. Le peso mexicain, qui s'était effondré face au dollar après l'élection de Trump, a repris des forces depuis l'investiture. Le dollar, qui s'était envolé, a de nouveau effacé une part de ses gains face aux principales monnaies mondiales. 

Comme l'ont constaté les journalistes de Bloomberg Luke Kawa et Brian Chappatta, même les attentes d'inflation — qui faisaient continuellement partie de l'effet Trump — ont commencé à fléchir, alors que les investisseurs se demandent si le stimulus fiscal promis par Donald Trump va finalement arriver, ou non.

Si l'intervalle est plus court entre l'investiture et aujourd'hui, nombre de ces mouvements ont plafonné vers mi-décembre, après un regain initial sous Trump. Par exemple, Goldman Sachs n'a bougé que de 2,2% depuis le 30 décembre, deux semaines avant l'investiture, alors que le rendement à 10 ans des bons du Trésor était de 2,444% ce jour-là.

Des préférences politiques

Il semble que l'essentiel de ce ralentissement, d'après quelques uns des plus grands investisseurs, est du à la politique menée par Trump depuis qu'il a pris possession du bureau ovale. 

Après son élection, il était évident que Wall Street et les investisseurs voulaient surtout une chose de Donald Trump: des baisses d'impôts et de la dérégulation. 

En fait, d'après les données de FactSet, lors de leurs conférences téléphonique de résultats trimestriels, 85 sur 317 sociétés cotées au S&P 500 ont mentionné la politique fiscale de Trump. C'est plus que pour toute autre de ses mesures. La régulation est arrivée deuxième avec 63 des sociétés qui la mentionnaient.

Alors que Wall Street espérait des baisses d'impôts et une déréglementation, Trump a préféré signer des ordres exécutifs sur l'immigration et les barrières douanières. Deux mesures considérées par nombre d'économistes comme des freins pour l'économie.

Larry Fink, le patron de BlackRock, le plus grand gestionnaire d'actifs au monde, dit qu'il a "des ombres noires" qui planent sur les marchés, en autres dus aux récentes actions de Trump. Fink dit aussi que les marchés semblent "bipolaires" et il ne serait pa étonné s'il y avait des "revers" pour les actions.

Les géants des fonds de couverture et d'importants investisseurs institutionnels ont aussi révisé leur opinion de Trump, s'inquiétant de ses postures protectionnistes et anti-immigration au lieu de se réjouir de la possibilité de changements fiscaux et réglementaires.

Ray Dalio, le patron de Bridgewater Associates, était d'abord enthousiasmé par les politiques pro-business annoncées par un gouvernement Trump mais après seulement quelques semaines de Trump, il a indiqué dans une lettre à ses clients que son opinion avait évolué.

"Nationalisme, protectionnisme et militarisme augmentent les tensions internationales et les risques de conflit", écrit Ray Dalio dans ce courrier. "C'est pour ces raisons que, bien que nous restons ouvert d'esprit, nous sommes de plus en plus préoccupés par la politique qui émerge de l'administration Trump."

Même si toutes ces mesures font partie du programme annoncé quand il était candidat, l'ordre dans lequel Donald Trump les met en œuvre et le fait qu'il aille jusqu'au bout désarçonne de nombreux investisseurs.

Le coup d'après

Il semble, toutefois, que Donald Trump puisse remettre le cap sur les changements souhaités initialement par les entreprises et les investisseurs.

A l'occasion d'une entrevue avec les patrons de compagnies aériennes, Donald Trump a affirmé avoir pour projet de baisser les impôts sur les sociétés et individuels dans deux à trois semaines. Il a aussi signé des ordres exécutifs enjoignant le département du Trésor et le ministère du Travail de ré-examiner voire de revenir sur la loi Dodd-Frank et sur les textes fixant les obligations des conseillers financiers.

Afin de renouer avec l'effet Trump de l'après-élection, il faudra que la politique soit réorientée vers les mesures qui séduisaient le monde des affaires. Si, au contraire, Donald Trump se concentre sur les mesures anti-immigration, les taxes frontalières, la taille de la foule, et des mensonges sur une fraude électorale inexistante, le rebond Trump pourrait bien avoir fait son temps.

Version originale: Bob Bryan/Business Insider

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

VIDEO: On a testé le sommeil polyphasique — il modifie considérablement le mode de vie

  1. Lo

    "et il ne serait pa étonné s'il y avait des "revers" pour les actions." --> pas
    "Les géants des fonds de couverture et d'importants investisseurs institutionnels ont aussi réviser leur opinion de Trump" --> révisé

    Un peu de sérieux svp

Laisser un commentaire