Donald Trump gracie un trafiquant de serpents, l'homme qui a trahi Google pour Uber et un cyber-harceleur

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Plus de cent personnes figurent sur la liste finale des grâces de Donald Trump. © David Dee Delgado/Getty Images

La liste finale des grâces du président Donald Trump a été publiée mardi 19 janvier, avec plus d'une centaine de personnes y figurant, dont aucune n'était Joe Exotic, la "star" de la série documentaire "Tiger King" sur Netflix. Ce dernier et son avocat Eric Love espéraient obtenir une grâce — Eric Love aurait même attendu devant la prison de Joe Exotic avec une limousine (après plusieurs heures, il serait reparti). Joe Exotic a été condamné à 22 ans de prison pour plus d'une douzaine d'accusations de maltraitance d'animaux et deux chefs d'accusation de tentative de meurtre.

Mais, étonnamment, le monde des animaux exotiques était bien représenté sur la liste de grâces du président américain sortant. Robert Bowker a plaidé coupable de trafic d'animaux sauvages il y a 30 ans, après avoir été pris en train de transporter 22 serpents au Serpentarium de Miami, un acte pour lequel on lui a offert 22 alligators américains. Robert Bowker a été condamné à une période de probation et a passé une grande partie des dernières décennies à travailler dans le domaine de la préservation animale. Donald Trump lui a accordé une grâce complète.

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Donald Trump a également cherché à gracier ses amis en politique, dont l'ancien représentant de l'Arizona Rick Renzi, qui a été condamné en 2013 pour extorsion, corruption, fraude à l'assurance, blanchiment d'argent et racket en relation avec l'exploitation d'une mine en dehors de Phoenix.

Rick Renzi a été libéré de prison en 2017. "Après presque 14 ans de lutte pour mon innocence, il a fallu un véritable homme d'action et de courage, le président Trump, pour finalement me soulager de l'horrible tromperie que représente le fait d'être condamné à tort par un ministère de la justice qui s'est livré à la falsification de témoins, à des écoutes téléphoniques illégales et à des fautes graves de poursuites", a-t-il déclaré mercredi.

Ken Kurson, qui avait été nommé à un moment donné au conseil d'administration du National Endowment for the Humanities (NEH, agence publique américaine), a également bénéficié d'une grâce préventive dans une affaire de cyberharcèlement en cours. Alors que le FBI commençait à enquêter sur l'ancien rédacteur en chef du New York Observer, ils ont découvert qu'il était accusé d'avoir harcelé deux médecins de l'hôpital Mont Sinaï, dont l'un aurait été responsable de son divorce en 2015.

Une plainte au pénal a également été déposée, selon laquelle Ken Kurson aurait créé de fausses personnalités en ligne pour harceler des femmes, puis aurait contacté les employeurs de ces femmes pour les accuser faussement de "contact inapproprié avec un mineur", selon CNBC.

Ken Kurson est connu pour être un ami proche de Jared Kushner, auquel il est lié de par son travail au New York Observer, le journal que le gendre de Donald Trump possédait autrefois. Selon le New York Times, Ken Kurson a également contribué à la rédaction d'un discours de campagne pour Trump en 2016, et a été co-auteur du livre "Leadership" de Rudy Giuliani, l'avocat de Donald Trump, en 2002. Le père de Jared Kushner, Charles Kushner, a été gracié par le président en décembre.

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L'ancien dirigeant de Google, Anthony Levandowski, a bénéficié de l'appui de plusieurs poids lourds de l'entrepreneuriat, dont l'investisseur Peter Thiel, le fondateur de la CAA (Creative Artists Agency, agence artistique) Michael Ovitz et le fondateur d'Oculus Palmer Luckey. Anthony Levandowski a initié le projet de Google consacré aux voitures autonomes, mais il s'est ensuite retrouvé impliqué dans un procès civil après avoir été accusé d'avoir partagé des secrets commerciaux avec Uber. En mars 2020, il a plaidé coupable à une accusation de vol secret et a été condamné à 18 mois de prison.

Plus d'une douzaine de grâces ont été accordées à des personnes qui avaient été condamnées pour des infractions non violentes liées à la drogue. Dans certains cas, ces condamnations remontent à la fin des années 1980 et au début des années 1990. Plusieurs noms figurant sur la liste Donald Trump ont été approuvés par #Cut50, un groupe bipartite de réforme de la justice pénale.

Alice Johnson, qui a obtenu la grâce de Donald Trump en 2018 après avoir été condamnée pour trafic de drogue en 1996, a participé aux efforts de #Cut50. (Elle a obtenu la grâce complète de Donald Trump en 2020 après avoir parlé en son nom à la Convention nationale républicaine).

Une commutation de peine particulièrement frappante pour laquelle Alice Johnson s'est battue est celle de Ferrell Damon Scott, qui a été reconnu coupable de possession avec intention de distribuer de la marijuana en 2007 et, en vertu de la politique de la loi des trois prises, a été condamné à la prison à vie. La commutation de peine a été soutenue par le procureur américain par intérim Sam Sheldon, qui a déclaré qu'il "ne croit pas du tout que [M. Scott] mérite une peine obligatoire de prison à vie".

Version originale : Julie Gerstein/Business Insider

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